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Les nouvelles ambitions de Rossignol |

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Dans
un environnement sans croissance pour les sports d'hiver, le groupe
Rossignol a consolidé, en 2001, son leadership sur la scène
internationale, avec une part détenue de
23,8 % en valeur du marché mondial. L'entreprise voironnaise
développée par Laurent Boix Vives, président
du conseil de surveillance, réalise 83 % de son chiffre d'affaires
à l'international et assure une présence en Bourse
depuis 1971, tout en conservant son siège social en Isère.
Aujourd'hui, le groupe est engagé dans un plan à trois
ans qui prévoit une progression de l'ordre de 20 % des ventes
de matériel de sports d'hiver et une croissance de 50 % des
activités golf et textile. Comment relever ce nouveau défi
?
Interview de Jean-Jacques Bompard, membre du directoire du groupe
Rossignol.
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- Rossignol
est leader mondial dans le matériel de sports d'hiver. Qu'est-ce
que cela signifie en termes de parts de marché ?
- Jean-Jacques Bompard : Au terme de la saison 2001-2002, cinq
grands groupes internationaux de matériels de sports d'hiver
détiennent environ 70 % du marché mondial. Le groupe
Rossignol, avec ses principales marques Rossignol, Dynastar, Look,
Lange et également Emery, Hot, Hammer, a réalisé
en 2001-2002 un chiffre d'affaires sports d'hiver de 351 MEuros qui
lui confère une part du marché mondial de 23,8 % et
la place de numéro un. En 2001-2002, le marché, globalement
estimé en baisse de 1,8 %, a été pénalisé,
d'une part par un enneigement insuffisant dans une grande partie des
Alpes et de l'Est des Etats-Unis, et d'autre part, par la décroissance
du marché du snowboard. Dans ce contexte, la demande tend à
se concentrer sur un nombre plus réduit de fabricants. Le groupe
Rossignol se distingue par une offre globale multiproduits et multimarques
à la fois dans le ski alpin, le ski nordique et le snowboard
avec toutes les gammes des produits (skis, snowboard, chaussures,
fixations et bâtons) et pour toutes les disciplines. Notre groupe
a la maîtrise technique de l'ensemble de ces productions et
bénéficie d'un marketing renforcé et du nouvel
élan donné à la compétition.
- La compétition représente une nouvelle priorité
pour Rossignol ?
- Le budget compétition représente environ 4 % du chiffre
d'affaires du groupe. Nous sommes présents dans toutes les
disciplines avec des athlètes de premier plan, dont pour notre
région Carole Montillet, Isabelle Blanc, Jean-Pierre Vidal
et Raphaël Poirée. Cette saison a magnifiquement débuté
à Sölden (Autriche) en octobre, avec deux victoires chez
les dames et sept places dans les dix premiers. Cet investissement
est important, il est porteur de fortes retombées d'image,
également de progrès techniques. |
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Vous avez dû toutefois procéder à des restructurations
dans l'activité snowboard ?
- En 2001-2002, le marché du snowboard a enregistré
un net recul, estimé à - 5,6 % en valeur au niveau
du marché du gros et de 15 à 20 % au niveau du détail.
Nous avons annoncé dès notre assemblée générale
de juillet une mesure de réorganisation industrielle de cette
branche d'activité. Elle consiste en l'arrêt de la
production de l'usine du Jura dont la sous-activité générait
des pertes importantes et dont le transfert est prévu sur
notre site espagnol. La société Emery a pris en charge
la marque Hammer sous laquelle sera présentée dès
les prochains salons une offre globale (boards, fixations et chaussures)
en complément de la gamme Rossignol elle-même placée
dans le cadre d'une business unit. A partir de notre position actuelle,
c'est-à-dire 16,4 % du marché mondial du snowboard,
nous confirmons notre objectif d'une part détenue de 20 %
à deux ou trois ans.
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Depuis six ans, le golf connaît une croissance à deux
chiffres, et le textile progresse de presque 30 % en 2001. Les considérez-vous
comme de nouveaux moteurs de développement ?
- La forte notoriété de la marque Rossignol a rendu
particulièrement intéressante l'opportunité
de développer une activité dans le domaine du textile.
Une offre de produits accessoires et sportline existait déjà,
dont le succès était démontré depuis
plus de 20 ans. Ce qui est nouveau est la mise en place depuis trois
ans d'une gamme de vêtements techniques positionnés
de façon très ciblée avec des volumes maîtrisés.
La collection créée avec le couturier Jean-Charles
de Castelbajac appartient à cet univers qui devrait représenter
un chiffre d'affaires de 28 ME en 2002-2003, avec un objectif de
50 MEuros d'ici à trois ans. Cette activité devrait
pouvoir absorber ses coûts de développement dès
l'exercice 2003-2004. Enfin, dans l'été, il se confirme
comme l'indiquait Jacques-Henri Rodet, président du directoire,
en mars dernier, que le golf est en forte croissance et qu'il représentera
plus de
100 MEuros de chiffre d'affaires en 2002-2003.
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Un nouveau directoire a été mis en place, qui a présenté
un plan d'action sur trois ans très ambitieux. Comment comptez-vous
atteindre ces résultats ?
- Dans l'environnement rendu plus difficile par les conditions climatiques
de la saison passée, le groupe Rossignol poursuit d'une part
son activité de développement de nouveaux produits
très innovants, dans le ski avec la gamme Golden-Spirit et
une collection conçue spécialement pour la femme,
dans la chaussure avec le concept de la chaussure Soft, et des nouveautés
également dans le domaine du snowboard.Le directoire maintenant
élargi à cinq membres (1) s'emploie d'autre part à
améliorer l'efficacité interne du groupe ce qui passe
notamment par une meilleure gestion des flux et des relations intragroupe.
La saison 2002-2003 devrait permettre de préparer une nouvelle
étape de développement et conforter notre ambition
d'une progression de 18 à 20 % dans le matériel de
sports d'hiver dans les trois ans, ce qui paraît réaliste
avec la réserve de croissance dont nous disposons dans la
chaussure, la fixation et le snowboard. Pour les activités
d'été (golf, textile, roller), notre objectif est
de l'ordre de
+ 50 % sur la même période.
(1) Le directoire
est composé depuis le 5 septembre 2002 de Jacques-Henri Rodet
(président), Jean-Jacques Bompard, Bruno Cercley, François
Chauvet et Bernard Liatti.
Propos recueillis par Elisabeth Ballery
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