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Pour
une entreprise créée en 1936, l'année 2002,
qui a vu une progression de plus de 20 % du chiffre d'affaires,
restera-t-elle exceptionnelle ?
- Jean Gauthier : Nous avons effectivement conclu en 2002
plusieurs contrats importants, qu'il s'agisse de l'installation
de télécabines et télésièges
débrayables dans des stations de ski françaises, de
l'équipement de télécabine pulsée dans
un parc écologique au Costa Rica, ou encore de l'installation
complète d'une station de ski en Corée. Mais plus
largement, la très bonne activité réalisée
en 2002 est le résultat d'une stratégie de diversification
engagée depuis la fin des années 1980. A cette époque,
nous avons vécu en France un retournement du marché,
avec la succession de plusieurs années sans neige. Cela a
amené Pomagal-ski à accroître ses efforts à
l'international, et, sur le marché français, à
développer des activités de services. Par "services",
j'entends les opérations de maintenance et d'entretien, et
les rénovations importantes de matériel - par exemple,
le changement des cabines - sur des équipements existants.
Or, les services représentent aujourd'hui le tiers de notre
chiffre d'affaires en France. Nous souhaitons aussi développer
cette activité à l'export. Nous allons ainsi effectuer
cette année la rénovation d'une télécabine
que nous avons installée en 1976 en Iran
Quelle part représente l'export ?
- L'international s'élève pour 2002 à 49 %
du chiffre d'affaires. Cette part ne descend jamais en dessous de
40 %. Nous sommes présents aux quatre coins du monde. Pomagalski
a créé une filiale dans le Colorado au début
des années 1980, qui fabrique sur place des équipements
et fournit l'ensemble du continent nord-américain. Cela présente
l'avantage de nous protéger des évolutions du dollar.
En Amérique du Sud, le groupe se positionne plutôt
sur les équipements de parcs récréatifs ou
le transport urbain de voyageurs. Pomagalski se développe
beaucoup en Asie, en Corée, ou en Chine continentale, le
Japon étant un peu moins porteur depuis une dizaine d'années.
Et puis nous connaissons de beaux succès dans les pays de
l'Est, en Russie, en Suisse, en Espagne et en Italie. Selon les
pays, nous adaptons nos modes d'organisation. Des pays décident
de fabriquer eux-mêmes les pièces les plus encombrantes,
ou de réaliser le montage des équipements. Cela a
été le cas par exemple en Chine, où l'armée
s'est occupée du montage des composants d'un téléphérique
Sur les 750 collaborateurs que compte le groupe, 60 % sont des ingénieurs
et cadres, et beaucoup d'entre eux se déplacent sur nos chantiers.
Près de 300 personnes sont en permanence en poste à
l'étranger. Depuis les débuts du groupe, Pomagalski
compte 7 000 références dans 68 pays, et ses systèmes
transportent plus d'un milliard de personnes par an
Quelle place occupez-vous aujourd'hui par rapport à vos
concurrents ?
- Nous évoluons sur un marché de niche, qui ne représente
en valeur que quelques centaines de milliers d'euros par an. Nous
n'avons donc pas échappé à la concentration
du secteur. Quatre grands constructeurs se partageaient encore la
presque totalité du marché mondial en 1999 : une entreprise
française dirigée par la famille Cathiard (Pomagalski),
l'italien Leitner, un groupe suisse et une société
autrichienne. Le groupe italien Seeber, propriétaire de Leitner,
a racheté Pomagalski en 2000, et les groupes suisse et autrichien
se sont aussi rapprochés. Comme dans l'aviation aérienne,
il n'y a pas de place pour plus de deux groupes mondiaux. Le souci
constant et absolu de sécurité dans le transport des
personnes génère des frais de développement
colossaux ! C'est pourquoi nous souhaitons aujourd'hui étendre
notre savoir-faire à tous les marchés liés
au câble.
Comment s'est déroulée la transition, depuis la
reprise de Pomagalski par le groupe Seeber ?
- Notre actionnaire italien a assuré une parfaite continuité.
La reprise à 100 % du capital de Pomagalski a été
suivie par la mise en place d'un conseil de surveillance, toujours
présidé par Jean-Pierre Cathiard, et la création
d'un directoire entièrement composé des cadres dirigeants
de l'entreprise. En tant qu'ancien directeur général
du groupe depuis vingt ans, je suis moi-même devenu président
du directoire. Dans ce nouveau groupe constitué de deux sociétés
indépendantes, en partie concurrentes, nous développons
les synergies et collaborons dans plusieurs domaines, comme les
achats, la fabrication, et le développement de nouveaux composants.
Certaines filiales de fabrication de Pomagalski sont ainsi amenées
à produire pour les deux entités. Pomagalski a donc
plutôt bénéficié de ce mariage, qui s'est
traduit par davantage d'activités et une augmentation significative
des effectifs depuis deux ans.
CA
2002 : 189 M€ (CA 2001 : 155 M€, CA 2000
: 140,7 M€).
Résultats 2002 : 8,58 M€.
Effectifs 2002 : 744 (706 en 2001).
En 2000, Pomagalski se dote d'un conseil de surveillance,
présidé par Jean-Pierre Cathiard, et d'un
directoire, présidé par Jean Gauthier.
Membres du directoire : Christian Bouvier, directeur
commercial France et Andorre, Philippe Clément,
directeur financier, Jean-Paul Huard, directeur d'exploitation,
Jean Souchal, directeur des services.
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Propos recueillis par Elisabeth Ballery
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