145 Avril 2002





> le classement des entreprises
> les anciens numéros de Présences
> S'abonner
> Etre annonceur
> Audience, lectorat
> Présences : l'équipe

>> Contact

Présences
Tél : 04 76 28 28 76
E-mail


> Accédez au site de la Cci de Grenoble
 
Le magazine des entreprises
de la région grenobloise

 
Dossier : Tourisme d'affaires
Par Richard Gonzalez

>> Où se réunir à Grenoble ?

Les entreprises multiplient stages et séminaires pour mobiliser leurs forces et accroître leur performance. Mais l'évolution rapide du contenu de telles réunions oblige aussi hébergeurs, agences de training et autres professionnels à réviser leurs offres. C'est ainsi qu'avec l'intensification et l'internationalisation de son tissu industriel, Grenoble voit se structurer un marché en perpétuelle adaptation : le tourisme d'affaires.
Une identification récente des acteurs devrait, à terme, enclencher une vraie promotion de l'offre en Sud-Isère.

Témoignages :
- Le Pic de la Belle-Etoile : "Le site contribue à plus de 50 % au succès d'un stage."
- Le Château de Sassenage : "La réactivité est un facteur de succès primordial."
- Jean-Louis Loïodice : "L'Europe et les attentats du 11 septembre ont élargi notre marché."
- Le domaine Saint-Jean de Chépy : Une première année prometteuse.
- Tourisme d'affaires… économie locale.

L'attractivité touristique de la région grenobloise est connue traditionnellement par le nombre de skieurs qui dévalent les pentes de ses montagnes. Ce cadre alpin, valorisé par une infrastructure hôtelière de qualité, est aussi l'écrin d'un gisement économique dont on commence tout juste à mesurer l'importance : les séminaires d'entreprises. Le directeur de l'Office de tourisme de Grenoble, Emmanuel Briant, le sait bien, lui qui a mis sur pied voilà trois ans le Bureau des congrès, destiné à promouvoir la capitale des Alpes auprès des entreprises nationales et internationales : "Grenoble, ville d'affaires, j'y crois : tous les atouts sont réunis pour offrir un cadre privilégié tant pour les événements profession-nels et les congrès, que pour les besoins de réunions de nos entreprises locales."

Une offre de sites panoramique.
Un premier travail de recensement sur le terrain s'est matérialisé fin 2001 par une plaquette de seize pages qui présente, aux côtés des trois grands équipements officiellement prévus pour les congrès (World Trade Center Grenoble, Alpexpo et Alpes Congrès), pas moins d'une soixantaine de sites disponibles sur la région grenobloise, dont trente-cinq hôtels et six châteaux. "Il s'agit de lieux dont nous avons vérifié la viabilité et la qualité des prestations offertes", explique Emmanuel Briant. Situation, superficie, plan, matériels, tous les détails pratiques ont été consignés pour faciliter l'organisation des réunions et séminaires. A l'examen d'une telle liste, on est finalement surpris par la diversité offerte. Ce premier outil ne se veut d'ailleurs pas exhaustif : il ne comptabilise ni les sites occasionnellement ouverts aux entreprises, ni ceux que les enquêteurs ont jugés inadaptés malgré l'avis de leurs propriétaires.



Philippe Martinenghi, directeur, Fabienne Vicat, organisation et logistique, et Laurie Garin, attachée commerciale, du Domaine Saint-Jean de Chépy à Tullins.

"Nous reviendrons les voir lors de la prochaine édition, je suis sûr qu'ils auront fourni les efforts nécessaires : il en va de la réputation d'excellence de Grenoble." Indispensable pour commencer à appréhender le marché, ce recensement s'avère aussi bénéfique dans le sens où il a aussi réveillé certaines vocations. C'est le cas des collectivités locales qui misent, de plus en plus nombreuses, sur le séminaire pour rentabiliser des équipements récents. A Gières, par exemple, la salle du Laussy, prévue initialement pour les spectacles, s'ouvre désormais aux entreprises en leur offrant un espace modulable dans un cadre verdoyant.
Même idée à Meylan, où le luxueux auditorium de la Maison de la musique peut réunir jusqu'à 180 personnes. Et des sites inédits mixent avantageusement les usages : la nouvelle patinoire d'agglomération, le bowling d'Echirolles, le Petit train de la Mure, ou encore la chapelle du Musée Dauphinois, proposent autant de cadres que les entreprises s'approprient selon les différents types de réunions. Quant aux golfs de Bresson et de Saint-Quentin-sur-Isère, ils pourraient paraître tout aussi insolites, ils n'en sont pas moins spécialisés depuis longtemps dans le tourisme d'affaires. "Dès 1993, nous avons délibérément fait le choix d'une professionnalisation de notre personnel dans l'activité séminaire, de manière à assurer la totalité des prestations fixées par le cahier des charges de l'organisateur", explique Fabien Rabaté, directeur du golf-hôtel de Grenoble-Charmeil à Saint-Quentin-sur-Isère.


Adapter le lieu à l'usage.

Séminaires de direction, réunions de force de vente, journées de travail, lancements de produits, conseils d'administration, comités de planification stratégique… Les occasions ne manquent pas aux entreprises d'extraire tout ou partie de leurs équipes hors de leurs murs. Mais pour aller où ? Pour l'agence Alaïka, basée à Saint-Nazaire-les-Eymes et spécialisée dans l'animation de séminaires destinés à renforcer l'intelligence collective, l'adaptation parfaite du site au contenu du stage est une préoccupation constante. "Le nombre de participants, la durée des sessions, le public auquel il s'adresse et les messages à faire passer sont des paramètres incontournables dans le choix du lieu. Pour les séminaires résidentiels ne nécessitant pas d'infrastructure particulière, c'est le client qui décide de l'hôtel deux fois sur trois. Pour des évènements plus ambitieux, avec des objectifs de cohésion d'équipe par exemple, nous sommes en recherche permanente de nouveaux sites", explique Rémi Engelbrecht, gérant d'Alaïka (CA : 550 000 E, 3 salariés).



Fabien Rabaté, directeur du golf-hôtel Grenoble-Charmeil, établissement spécialisé depuis longtemps dans le tourisme d'affaires.

Avec la volonté de se rapprocher des acteurs locaux (80 % de la clientèle de l'agence était jusqu'alors nationale), ce souci s'est amplifié. L'offre d'équipements ne suivrait-elle pas tout à fait la vitesse à laquelle évoluent les techniques de teamcoaching ? "Notre nouveau produit Team Altitude nécessite de développer un partenariat avec un hôtel, mais nos exigences sont strictes : il nous faut à la fois un camp de base, des espaces formels pour la réflexion, des ateliers en extérieur pour l'animation outdoor et des arbres pour certains exercices ! Je n'ai pas encore trouvé." L'appel est lancé. Jérôme de Bodinat, du cabinet Iforalp, à Lyon, a d'autres exigences. Spécialisé dans la formation opérationnelle des équipes commerciales, Iforalp utilise parfois nos montagnes pour illustrer, par l'effort physique collectif, l'esprit de conquête de nouveaux marchés. Pour les séminaires résidentiels, une unité de lieu est nécessaire à l'instauration d'un climat de confiance, propice à la libération des esprits. Le cadre d'un château, tel que celui de La Commanderie, à Eybens, lui convient bien : "Il nous permet de sortir du cadre professionnel, ce qui est indispensable pour mieux connaître chaque personne. En même temps, la solennité du lieu prévient tout risque de relâchement excessif."
Fabien Rabaté partage le même avis : "Les formateurs ont besoin d'avoir un regard sur les participants en dehors des heures de travail ; l'isolement relatif du golf et la multiplicité des activités à l'intérieur du périmètre sportif les dissuadent de sortir le soir."


L'évolution des besoins de se réunir.

C'est de plus en plus souvent la formation à la culture du changement et l'adaptation à l'effort permanent d'innovation qui président au menu des séminaires des grands groupes. "La mise en place de standards de qualité, le développement d'un nouveau style de travail, le déploiement d'une politique de qualité dans le cadre de la norme Iso, par exemple, passent nécessairement par un travail de groupe", ajoute Rémi Engelbrecht. Même pour des stages de cette importance, il n'est plus nécessaire de partir à l'étranger : "Nous avons tout sur place", se réjouit Laurent Rannaz, directeur des ressources humaines chez Caterpillar France.



Rémi Engelbrecht, gérant d'Alaïka, agence spécialisée dans l'animation de séminaires destinés à renforcer l'intelligence collective.

L'isolement de certains hôtels en montagne convient bien à la recherche d'ouverture des échanges et de prise de conscience des valeurs collectives. "Les voyages à l'étranger ne sont guère réservés qu'aux commerciaux en guise de récompense." Les stages à teneur commerciale ont aussi le vent en poupe sur l'agglomération grenobloise. Et pour cause : beaucoup d'entreprises du tissu local sont nées du monde de la recherche scientifique, souvent déconnecté de la réalité commerciale. "Les fondateurs et cadres de telles sociétés se trouvent parfois démunis lorsqu'il faut adapter le discours technique au langage des clients potentiels. C'est là que nous intervenons", explique Jérôme de Bodinat.
Un troisième marché est constitué par les conférences inter-entreprises : elles offrent la possibilité de partager des expériences, de discuter les problématiques communes, d'évaluer les progrès accomplis et d'explorer de nouvelles voies. Ces échanges, qui confrontent des contextes culturels différents, favorisent la prise de recul, la créativité, la remise en question de ses pratiques et la préparation au changement. Des conférences mobilisant parfois plus de 100 personnes, dont une partie ne connaissait pas encore la région.


Du tourisme d'affaires, au tourisme tout court.

Les nombreux grands groupes industriels concentrés sur l'agglomération entretiennent déjà un flux non négligeable de touristes en invitant les collaborateurs des filiales ou de bureaux étrangers sous nos latitudes. Si les entreprises locales se satisfont pleinement de l'infrastructure pour leurs séminaires, pourquoi ne pas la proposer plus systématiquement aux acteurs extérieurs ? "La chaîne de services associés au tourisme d'affaires est complète à Grenoble : depuis les sites, aux agences événementielles, en passant par les traiteurs, les techniciens et la sécurité", assure Emmanuel Briant. Il reste donc à déployer des actions de communication adaptées.
Le golf-hôtel Grenoble-Charmeil, réalise déjà près de 10 % de ses ventes de séminaires grâce à son propre site web, dont la moitié provient de l'étranger (Allemagne et Angleterre notamment).



Pour Jérôme de Bodinat du cabinet Iforalpes, une unité de lieu est nécessaire à l'instauration d'un climat de confiance, propice à la libération des esprits.

Ce succès a encouragé la création nouvelle d'un site commun avec le Golf de Bresson, à l'attention du marché éloigné. Mais les stratégies groupées restent encore à inventer. L'effort sera d'autant plus important que l'identification de ce marché par les acteurs eux-mêmes est très récente. A tel point qu'on ne dispose pas d'éléments chiffrés sur l'incidence des entreprises dans le tourisme. "Il faut d'abord réussir à fédérer l'ensemble des forces du marché autour du concept du tourisme d'affaires et les habituer au réflexe de la qualité." Au moment où la fréquentation touristique classique de notre département stagne quelque peu, le tourisme d'affaires pourrait être astucieusement envisagé comme un levier
salutaire. Emmanuel Briant croit à cette stratégie : "Il faut accueillir le cadre parisien de Schneider Electric en séminaire chez nous de la meilleure façon qu'il soit. Pour lui donner l'envie de revenir l'été suivant avec sa famille."




>> Contact
Présences
Tél : 04 76 28 28 76
E-mail : presences@grenoble.cci.fr
Présences est édité par la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble - 70 000 lecteurs - 9 numéros par an