Le magazine économique de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble


n° 169
Déc 2004 - Janv 2005


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Rubrique réalisée par Dominique Bonnot, Elisabeth Cohen et Fabienne Combier


Elle embellit les villes

Précurseur du design de mobilier urbain, Acropose a débuté en 1985 dans la pose de clôtures. "Pour diversifier notre activité, nous nous sommes intéressés à partir de 1995 à la conception et la fabrication de mobilier urbain, confie la directrice générale, Muriel Chrétien. Aidés d'un designer, nous avons voulu aborder le mobilier différemment." Acropose (CA : 2,7 M€, 25 à 30 salariés à Valence) dispose d'une centaine de références dans une gamme complète touchant la voirie, les espaces verts, les produits de détente ou ceux interdisant le stationnement abusif. "Depuis quelque temps, les collectivités locales, nos principaux clients, ont fait apparaître un besoin grandissant dans le mobilier de fleurissement, note Muriel Chrétien. De plus en plus de communes cherchent à embellir leurs rues et participent d'ailleurs au concours des villes fleuries." La créativité et l'originalité des produits conçus par Acropose, ajoutée à son esprit de proximité, lui assurent une certaine notoriété auprès des collectivités territoriales. La PME-PMI drômoise fait d'ailleurs partie des cinq premières entreprises du secteur en France et affiche 30 % de croissance par rapport à 2003. Sa différence, assurée notamment par le design, Acropose a souhaité la mettre au service des étudiants designers. Elle organise ainsi pour la cinquième fois un concours à leur intention et s'engage à fabriquer le projet du gagnant.



Du rêve à la carte

Aux Quatre coins du monde soufflera en janvier prochain ses 20 bougies. Après un an à parcourir l'Amérique du Sud avec son mari, Maritée Béteille a eu envie de créer sa propre agence. Aux Quatre coins du monde (4 salariés) reste l'une des rares agences de voyages encore indépendante et qui poursuit avec succès, depuis 1985, son bonhomme de chemin. "Nous ne voulions pas être soumis aux diktats des réseaux et tour-opérateurs", explique André Béteille, qui, après le décès de son épouse, a décidé de reprendre la gérance avec Nathalie Raveau. "Nous travaillons en direct avec des agences locales sur tous les continents, renchérit de son côté Françoise Martin-Grand, spécialiste depuis 13 ans du voyage à la carte. Et notre clientèle nous est fidèle à 60 % car nous conservons l'état d'esprit initié par Maritée Béteille : faire rêver les gens, s'attacher aux destinations davantage qu'au confort d'un hôtel luxueux, s'adapter au mieux à la demande." C'est ainsi que l'agence grenobloise peut aider des associations humanitaires dans la préparation de leur voyage. Face à Internet, Aux Quatre coins du monde résiste sans peine. Les ingrédients de la réussite ? Le conseil, le service, le côté convivial, ajoutés à une parfaite connaissance des pays pour guider le touriste dans ses choix et ses envies d'ailleurs.



Guérir l'absentéisme

"Le contrôle médical n'a pas pour objectif de faire plaisir à l'employeur, mais de limiter, voire supprimer l'absentéisme injustifié dont la France détient le taux record en Europe. Cet absentéisme coûte très cher tant à la société qu'aux entreprises qui supportent des charges élevées", affirme Michèle Laporte à la tête de Medicat-Partner à Saint-Etienne. Créée en 1990, la société est spécialisée dans le contrôle médical : des contre-visites réalisées par
des médecins qualifiés à la demande des employeurs pour vérifier la réalité de la pathologie justifiant l'arrêt de travail. Depuis la loi du 19 janvier 1978, relative à la mensualisation du travail, les chefs d'entreprise peuvent demander des visites de contrôle. "Celles-ci ont très souvent pour effet de générer une baisse globale de l'absentéisme qui perturbe l'organisation de l'entreprise", observe-t-elle. En moyenne, 52 % des arrêts de travail sont médicalement justifiés, mais presque un arrêt sur deux révèle une fraude. Autant de cas de figure où l'employeur est alors autorisé à suspendre le versement des indemnités complémentaires de salaire. "Il y a 10 ans, le contrôle médical était assez mal perçu en France. Aujourd'hui, il existe une réelle prise de conscience du coût de l'absentéisme injustifié." Plus de 3 000 entreprises en France, de toutes tailles et de tous secteurs d'activité, font déjà appel à Medicat-Partner qui réalise 30 % de son activité en Rhône-Alpes. De 1 400 en 2001, le nombre de contrôles réalisés est passé à 2 700 en 2002 ; et plus de 3 000 l'an passé. Lauréate du Trophée de l'Entreprise 2004, la société (7 salariés), qui travaille avec plus 1 000 médecins en France, enregistre une forte croissance de son activité : + 30 % attendus cette année.



L'évasion sur deux-roues

Après 15 ans passés à New York dans le secteur du tourisme, Bruno Toutain, 39 ans, a voulu revenir en France et fonder sa société autour de ses deux passions : les voyages et le vélo.
Ainsi est née Cyclomundo, à Annecy, en 2003. Sa clientèle est composée exclusivement d'Anglo-Saxons. Logique, car son concept d'agence de voyages pour cyclistes lui vient d'outre-Atlantique. Bruno Toutain propose une palette de services, souvent du sur-mesure. Assister au Tour de France, réaliser des descentes à VTT dans les Alpes, découvrir la vallée de la Loire en péniche en aménageant des haltes à vélo…, Cyclomundo s'adapte à la demande. En couple, en famille ou pour des groupes de dix personnes, l'agence permet de vagabonder dans tous les coins de France. Bruno Toutain travaille pour cela avec un réseau de prestataires qui lui assure la location de vélos, la réservation de chambres d'hôte ou l'accompagnement d'un guide. La plupart des circuits sont testés pour vérifier leur faisabilité et mettre au point toute la logistique, mais Cyclomundo tente de répondre à toutes les demandes, à partir du moment où elle concerne le voyage à vélo. Et Bruno Toutain ne souhaite pas s'arrêter là. "Dans cinq ans, j'espère ouvrir un centre dédié au cycle : hébergement, lieu de rencontre, espace documentation. Les idées ne manquent pas, reste à les concrétiser !"



Des capsules magiques

Créée en 1986 à Chasse-sur-Rhône, Euracli (7 salariés) est une spécialiste de la microencapsulation. Le procédé consiste à renfermer une substance dans une membrane étanche afin de l'isoler et de la protéger jusqu'à sa libération. Le fondateur, Yves Franz, a travaillé auparavant dans une distillerie d'alcool de poire, puis au sein de cafés-restaurants. Il s'est alors aperçu qu'on ne servait jamais le vin à la bonne température. "En fondant ma société, j'ai d'abord misé sur le marché vinicole en inventant un procédé à partir de cristaux liquides qui changeaient de couleur en fonction de la température du vin", explique-t-il. La demande n'étant pas au rendez-vous, Euracli a dû rapidement changer de stratégie. La société iséroise s'est alors tournée vers l'imprimerie et la publicité olfactive qui représentent désormais 60 % de son chiffre d'affaires (CA 2003 : 625 k€). 30 % provient des applications pour le textile intelligent aux propriétés spécifiques, notamment cosmétiques. "Nous souhaitons consacrer 30 % de notre chiffre d'affaires à la R&D", remarque Suzanne Rey, qui a accompagné Yves Frantz depuis la création de l'entreprise. Positionnée sur des marchés de niche, Euracli cherche à innover sans cesse et à trouver de nouvelles applications à ses microcapsules de vitamines, huiles essentielles, parfums, crèmes ou cristaux liquides.



Entre être et paraître

En entrant chez Patriarche & Co Architectes-Urbanistes (à Savoie Technolac), on est d'emblée touché par la lumière enveloppante, les lignes pures, des peintures vibrantes aux murs, un patio… Pour Jean-Loup Patriarche, "l'architecture n'existe que quand elle est construite" et le bien-être des êtres à habiter les lieux de sa composition demeure sa plus belle récompense. Diplômé de l'Ecole spéciale d'architecture, Jean-Loup Patriarche a trouvé des maîtres en "Frank Lloyd Wright, Louis Sullivan ou encore Mies Van Der Rohe". Son style en est certes imprégné : équilibre des formes et des volumes, omniprésence de la lumière et la nature, utilisation du verre, du bois et du métal, "délicat à travailler, son immuabilité requiert une extrême précision". Il y a une quinzaine d'années, il a pris la suite de son père, architecte bourguignon venu s'installer en Savoie dans les années 50. Patriarche & Co compte aujourd'hui plus de 20 collaborateurs, incluant le bureau d'études, et signe des projets industriels, d'urbanisme, des constructions publiques et de l'habitat. Un rayonnement qui va au-delà de l'Hexagone. "Nous continuons d'étendre nos activités à l'international, en misant notamment sur notre House Boat, concept original, modulaire, pouvant être érigé dans des lieux inhospitaliers - marécages, friche industrielle." L'idée vient de Californie, où dans les années 60, d'anciens bateaux étaient montés sur pilotis et convertis en habitat. Le premier House Boat a vu le jour en 2003, sur Savoie Technolac.



Du briquet à la plume

A Grenoble, la boutique Trichon est implantée depuis 70 ans place de l'Etoile. Deux générations de Trichon se sont succédé avant la reprise par Bernard Peronnet, en 1994. Au départ tabac-presse, l'enseigne s'est réorientée vers le cadeau de luxe. "Dans les années 1960-1970, les briquets Dupont constituaient des cadeaux très à la mode, raconte Bernard Peronnet. Aujourd'hui, avec la perte de vitesse du tabac, j'ai étendu l'offre à l'écriture. Contrairement à une idée reçue, les gens écrivent encore beaucoup et la plume demeure une référence, y compris pour la population jeune." Trichon propose également de la petite maroquinerie pour hommes et femmes et, depuis peu, de la petite bijouterie. Le stylo représente toutefois 40 % de son chiffre d'affaires, la maroquinerie 30 % et la petite bijouterie un peu plus de 10 %.
Même s'il n'affiche que de grandes marques (Cartier, Montblanc, Dunhill, Swarovski…), Bernard Peronnet ne veut pas définir son enseigne comme un magasin de luxe. "Nous vendons des cadeaux. L'on vient ici pour se faire plaisir ou faire plaisir. Le large éventail d'articles et de prix permet à chacun de trouver son bonheur. Ce qui influence les ventes ? La météo et le moral des consommateurs ! Une partie de ma clientèle est constituée d'entrepreneurs. Leurs achats dépendent directement de la santé financière de leur entreprise ou des cotations boursières." Proche de la retraite, Bernard Peronnet n'espère qu'une chose : que le magasin survive à son départ.



Commerçante dans l'âme

Propriétaire d'une boulangerie à Saint-Quentin-sur-Isère et d'un point de vente à Tullins, Catherine Franchini est depuis cette année présidente de l'Association des commerçants et artisans de Tullins-Fures (Actif). Créée en 1996, l'association comptait en 2003 une quarantaine d'adhérents. "Aujourd'hui, nous sommes 59, soit les deux tiers des commerçants et artisans de Tullins-Fures, se réjouit la présidente. Plusieurs magasins, ouverts ces derniers mois, ont apporté un souffle de dynamisme et du sang neuf à notre association." Adhérer à une union commerciale prend du temps et beaucoup d'énergie. Actif a d'ailleurs été récompensée pour son dynamisme en recevant en juin dernier la Mercuriale de l'Union commerciale. "Mais attention, prévient Catherine Franchini, nous ne sommes pas un comité des fêtes. Notre premier combat consiste à faire vivre le commerce à Tullins, à défendre notre âme de commerçants. De nombreux locaux ont été transformés en habitation. Or, aujourd'hui, nous manquons de fonds de commerce pour ceux qui voudraient s'installer dans notre ville. Quant à la clientèle, il reste difficile d'attirer les nouveaux habitants de la périphérie vers le centre." Adhérente à la Fédération nationale des unions commerciales, Actif souhaite peser davantage auprès des pouvoirs publics sur certaines décisions. Pour faire vivre le commerce local, tout simplement.


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Présences est édité par la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble - 90 000 lecteurs - 9 numéros par an