Rubrique : passage à l'Euro.
134 Février 2001
Le magazine économique de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble
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Euro : pour une transition rapide

André Guilisano, qui tient un banc de primeurs aux halles Sainte-Claire à Grenoble, tout comme Yvan Wingerter, buraliste à Saint-Marcellin, restent sereins quant à la perspective du passage à l'euro. Double affichage, fonds de caisse, information à la clientèle… Ils ont déjà réfléchi à la question.

Par Isabelle Doucet-Sardin.


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Pour certains, l'euro, c'est déjà une vieille histoire. "J'ai commencé par le double étiquetage en euros il y a deux ans. Les francs sont indiqués en bas, en gras, et les euros en plus petit, en haut. Le moment venu, il suffira de basculer l'étiquette pour avoir les euros en gras. Dans le même esprit, j'ai acheté une caisse enregistreuse qui effectue la conversion." André Guilisano, primeur aux halles Sainte-Claire à Grenoble, se sent très à l'aise. Son secret : son association. Le Fruitier, c'est le nom de son banc, mais aussi d'une charte de qualité et d'un groupement qui a su préparer ses membres au passage à l'euro. "Seul, j'y serais arrivé, mais pas aussi facilement, explique-t-il. A plusieurs, on obtient des avantages, comme sur le prix des balances avec le double affichage." Il distribue aussi des convertisseurs en euros à ses clients. "Jusqu'à maintenant, l'euro n'a pas été une préoccupation pour la clientèle, hormis pour se demander comment on allait faire."
Aujourd'hui, il sent bel et bien un frémissement et il se montre confiant. Il sait qu'il en coûtera 0,5 pour une salade et 1 pour un café le 1er janvier 2002. En temps voulu, il arrondira les prix des tomates, carottes et autres Golden en euros. Sa seule interrogation concerne la période de double circulation de la monnaie. "Il ne sera plus possible de rendre des francs entre le 1er janvier et le 17 février 2002, ce qui nous obligera à effectuer trois petits calculs. Il est bon que cette période soit relativement courte !"
"Avec les boulangeries, nous serons en première ligne !", s'exclame pour sa part Yvan Wingerter, un jeune buraliste installé à Saint-Marcellin. Sa principale préoccupation porte sur son fonds de caisse. "Les gens vont venir changer leur argent ici", prévoit-il. Un peu plus d'espèces qu'à l'accoutumée risque de lui poser des problèmes de sécurité, de comptabilité et de transport. "Quelles mesures vont prendre les assurances, les banques, la police et la gendarmerie pour cette période ? Nous n'avons pas encore obtenu de réponse." Sans quoi la perspective de la monnaie européenne le perturbe peu. "Nous n'avons pas le choix, et ce n'est pas pire que lorsqu'on se rend à l'étranger."
En revanche, il s'inquiète un peu pour sa clientèle, notamment les personnes âgées. Alors il explique. Il a déjà participé à deux stages de formation pour se familiariser avec la nouvelle monnaie. "On n'est pas vraiment aidés par les fournisseurs", observe-t-il néanmoins. Déjà, Yvan Wingerter a abandonné la vente des friandises à la pièce. "Pas seulement à cause de l'euro, mais aussi par souci d'hygiène. D'ailleurs, les conditionnements changent. Mais, pour les petites sommes, cela devient problématique. Ceux qui vendent au détail vont être obligés de calculer à l'avance des poids, avec un prix en euros correspondant, faute de quoi ils se retrouveront sans cesse avec de très petites sommes à transformer." C'est en effet pour les produits vendus à l'unité, à 1, 2 ou 3 francs - ou moins ! -, que la question de la transition sera la plus difficile.

Rubrique réalisée avec le concours de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble
et la Caisse d'épargne des Alpes.

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