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Années 2000 : le tourisme nomade a la cote |
| L’Organisation
mondiale du tourisme le confirme : la France est la première
destination touristique au monde avec 77 millions de visiteurs étrangers
en 2002. Ce nombre ne cesse de progresser. Le secteur du tourisme
se place d’ailleurs au premier rang de l’économie
nationale. |
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Conscient de l’enjeu et soucieux de conforter cette place
exceptionnelle au niveau mondial, le gouvernement a choisi de
poser les bases d’une nouvelle politique. En décembre
dernier, les premières Assises nationales du tourisme ont
permis aux acteurs de cette profession de débattre de l’attractivité
du territoire, du renouvellement et de l’adaptation de l’offre
et des produits. Publié en 2000 par le secrétariat
d’Etat au Tourisme et le Conseil national du tourisme, le
rapport Le tourisme des années 2010 - La mise en futur
de l’offre, esquissait déjà une prospective
de l’offre touristique. De grandes tendances se dégageaient
: le raccourcissement et la multiplication des séjours
; la demande de plus en plus forte de produits touristiques tout
compris ; et puis, ces dernières années, des évolutions
sociales marquantes pour l’industrie du tourisme : les 35
heures et l’apparition des nouvelles technologies de l’information,
véritable innovation, voire révolutions, pour le
comportement du vacancier.
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“Amateurs de trek
ou de randonnée, nos clients aiment partir à la
rencontre d'une région”,
note Simone Allibert,
PDG d'Allibert Voyages.
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La recherche du confort et de la liberté.
Partir plus souvent et moins longtemps implique une adaptation
de l’offre d’hébergement. Même
pour un week-end prolongé, le touriste recherche
avant tout la liberté dans l’organisation de
son séjour afin de profiter pleinement de ce temps
de loisirs. Face à ces nouveaux comportements, un
concept relativement nouveau d’hébergement
est donc apparu et rencontre un certain succès :
la location de petits chalets couplée à des
prestations parahôtelières. Ouverts depuis
juillet 2001, Les Chalets de Juliette, à Alex (Haute-Savoie),
fonctionnent toute l’année, novembre excepté.
Paulette Ruphy et Noël Bocquet, les gérants,
proposent à la location quatre chalets tout équipés,
de deux à six personnes. “Notre situation près
d’Annecy et de La Clusaz, entre lac et montagne, attire
une clientèle aussi bien familiale que sportive,
été comme hiver, précise Paulette Ruphy.
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Les Chalets de Juliette, gérés par Noël
Bocquet et Paulette Ruphy,
proposent aux vacanciers un nid douillet été
comme hiver. |
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Les vacanciers
de proximité peuvent réserver pour le week-end, mais
80 % de notre clientèle choisit de louer à la semaine.”
Si l’hôtellerie de plein air dispose également
de bungalows, “Les Chalets de Juliette se différencient
par l’équipement et les prestations disponibles, telle
la location de draps et linge de maison ou la livraison du petit
déjeuner”. |
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Le camping, un art de vivre toujours apprécié.
C'est cette même recherche de confort et de liberté
qui pousse l'hôtellerie de plein air à s'orienter
de plus en plus vers l'investissement dans le locatif, à
savoir les mobil-homes et les habitations légères
de loisirs (HLL). Pour sa sixième édition,
le Salon des équipements de loisirs et du tourisme
en Rhône-Alpes (Seltra), organisé par la Fédération
régionale de l'hôtellerie de plein air (FRHPA)
Rhône-Alpes, s'est tenu pour la première fois
à Grenoble, en novembre dernier. Valérie Monzat,
secrétaire de la FRHPA, note “un réel engouement
des professionnels pour le locatif depuis trois quatre ans.
Ce dernier est plus pratique pour les courts séjours,
le camping classique, sous la tente, dépendant, lui,
davantage des conditions climatiques. Les HLL permettent
de plus une grande convivialité. Ils représentent,
à mon sens, l'avenir du marché du locatif”.
De manière générale, les touristes
s'orientent de plus en plus vers les HLL ou les mobil-homes.
“Le vacancier recherche le confort, la pleine nature et
toutes les prestations possibles dans un camping, poursuit
Valérie Monzat. Le client n'est plus passif, et même
s'il ne consomme pas, il préfère s'assurer
des activités au cas où…” L'hôtellerie
de plein air constitue le premier type d'hébergement
en termes de lits en Rhône-Alpes. Avec ses 900 terrains,
la région se place au quatrième rang national.
“Le camping représente un art de vivre qui attire
toutes les couches sociales et tous les âges”, constate
encore Valérie Monzat. “Le tourisme nomade a la cote,
renchérit Francis Fiesinger, responsable tourisme
à la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble.
Les ventes de camping-cars connaissent une forte augmentation.
Le camping renvoie, en fait, à un esprit du tourisme
lié à la liberté : je vais où
je veux, quand je veux.”
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Des séjours entre terroir et territoire. La multiplication des courts séjours rend le vacancier multiconsommateur d'une offre toujours plus abondante. Dans le même temps, il se montre actif, enchaîne les activités. “Les séjours et stages à thème deviennent très à la mode”, remarque Annick Parenti, présidente d'Escapades en Roannais. Une soixantaine d'adhérents sont rassemblés dans cette association spécialisée au départ dans l'accueil de groupes. Depuis septembre dernier, elle s'est orientée vers une offre individuelle pour des mini-groupes de six à huit personnes. Une dizaine de séjours dans le Roannais autour de la gastronomie, du patrimoine ou de la randonnée, par exemple, permettent une découverte du territoire. Le Comité départemental du tourisme de la Drôme a initié de son côté, cet automne, un concept intitulé “prêt-à-partir”. “Il s'agit de séjours de deux ou trois jours basés sur des stages thématiques, explique Francis Kornprobst, responsable tourisme à la CCI.
La Drôme bénéficie de produits du terroir à forte image : l'huile d'olive de Nyons, le nougat de Montélimar, la truffe... Nous avons structuré une cinquantaine d'offres de séjours qui, auparavant, relevaient davantage d'initiatives individuelles de la part des acteurs du secteur touristique.” Des séjours pédagogiques entre découverte du terroir et d'un territoire conduisent ainsi à des vacances ludiques et originales. Une nouvelle consommation du tourisme apparaît ainsi, quelles que soient les caractéristiques du département visité. Le tourisme industriel et culturel, encore “à la marge” reconnaissent les experts, semblent cependant connaître un intérêt grandissant. Une chose est sûre : “Les clients apprécient la vertu pédagogique des forfaits tout compris”, signale Francis Fiesinger. |
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Le boom des produits tout compris. L'autre enseignement du rapport sur le tourisme des années 2010 concerne justement la nécessité de développer des produits touristiques, “assemblages d'au moins deux prestations produites par la même entreprise ou à la suite de partenariats”. Les voyagistes, les autocaristes et tour-opérateurs raisonnent déjà dans cette logique. Certains hôtels ont compris l'intérêt de se positionner sur ce marché, la loi de 1992 leur permettant de vendre désormais ce genre de prestation. Les produits touristiques reposent naturellement et se développent par rapport à une offre d'hébergement. Le Domaine d'Aix-Marlioz, par exemple, a mis en place il y a quelques années des cures antitabac en lien avec le Centre de balnéothérapie d'Aix-les-Bains. Toujours en Savoie, à Brides-les-Bains cette fois, Le Grand Hôtel des thermes développe depuis une dizaine d'années des forfaits de soin ou remise en forme avec l'établissement thermal. Pour l'hôtel Les Campanules, aux Houches, les activités de loisirs ont toujours fait partie des prestations de la maison. En plus du simple hébergement, les clients profitent des randonnées accompagnées, à moins qu'ils ne préfèrent s'initier au parapente.
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Aux
Houches, Jean-Pierre
et Nicole Mansard,
de l'hôtel Les Campanules, aiment accompagner leur clientèle
sur les sommets.
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La fin du tourisme de masse. A cette logique du “tout compris”
répond dans le même temps la volonté du touriste de personnaliser son séjour. Parmi les nouvelles tendances de la demande, la Direction du tourisme a bien identifié ce besoin de services personnalisés. Le voyagiste isérois Allibert essaye de proposer des voyages qui correspondent au plus près aux attentes de ses clients. “Le touriste a la possibilité de partir d’où il veut en France pour rejoindre un groupe sur place par exemple, explique Simone Allibert, PDG d’Allibert Voyages. Le maître mot est l’adaptation pour satisfaire au mieux le client. Sur ce point-là, nous renvoyons d’ailleurs davantage l’image d’artisans du tourisme, que d’industriels. Pour moi, l’industrie du tourisme représente une organisation à grande échelle. Dans nos périples, nous cherchons à conserver des valeurs éthiques, à respecter les populations, à préserver l’environnement. Pour ces raisons, nous ne pouvons pas arriver sur une destination avec 300 touristes.” La notion de services est également très importante. “Le tourisme renvoie à la fois à l’industrie et aux services, insiste Francis Fiesinger. Si le terme d’industrie évoque bien une logique professionnelle, le service, la relation entre le client et les acteurs doivent être mis en avant.” Véronique Chassain, conseiller tourisme à la CCI de Roanne, rejoint ces propos : “Si nous pouvons toujours parler d’industrie du tourisme en tant qu’activité économique qui génère du chiffre d’affaires, nous ne sommes plus dans une logique d’offre de masse, mais plutôt d’une offre à la carte, très personnalisée.”
“Le tourisme de masse auquel on associe souvent l’industrie du tourisme est terminé”, ajoute Francis Kornprobst, de la Chambre de commerce et d’industrie de la Drôme. |
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Une remise en cause nécessaire. “Les nouvelles technologies ont bouleversé les modes de consommation touristiques”, poursuivent les experts. Le client surfe sur le web, s'informe sur les destinations, les activités, compare les prix… avant de prendre contact avec un voyagiste ou tout autre prestataire. “La concurrence s'intensifie avec la montée en puissance des agences virtuelles”, précise le rapport Le tourisme des années 2010, rédigé en 2000. “En 1998, le chiffre d'affaires du tourisme sur le net s'est élevé à 141 MF (soit 21,5 ME), dont 51 % pour Dégriftour. Une multiplication par dix de ce chiffre est prévue d'ici cinq ans. Dégriftour a réalisé environ 72 MF (11 ME) de volume d'affaires sur ses sites Internet en 1998, soit environ 16 % de ses ventes.” Simone Allibert reste cependant confiante : “Nous possédons un site web, mais nous ne faisons pas de vente via Internet. Dans les voyages que nous organisons, le contact demeure très important car le touriste vient préparer concrètement ses vacances.” Pour autant, les réservations en ligne d'hébergement ou de billets de transports vont, à coup sûr, se multiplier.
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La qualité avant tout. Quels
que soient les acteurs, la qualité s'impose
comme un facteur déterminant dans le choix
du vacancier. Les campings ont, depuis 1996, mis en
place une démarche qualité. Une association
Campings qualité Rhône-Alpes a vu le
jour et référence une centaine de terrains
répondant à des critères bien
identifiés et contrôlés tous les
trois ans. Les 12 CCI de Rhône-Alpes lancent
cette année un programme qualité à
destination des hôteliers. Les labels Gîte
de France ou Chambres d'hôtes garantissent de
la même façon la qualité de l'hébergement.
Le rapport du secrétariat d'Etat au Tourisme
et du Conseil national du tourisme estime que “les
marques et labels s'avèreront de plus en plus
nécessaires pour que les voyageurs s'y retrouvent
dans le maquis des offres”. Et si “près des
deux tiers des Français s'hébergent
gratuitement, ils n'en demeurent pas moins des consommateurs
de loisirs, de restauration et de commerces sur place”.
Face à une remise en cause nécessaire,
il ne faut pas oublier “la capacité de l'offre
à susciter ou révéler sa propre
demande”, mentionnent cependant les experts. La qualité
et l'innovation, des produits autant que des services,
marqueront le tourisme des prochaines années.
Face à l'abondance de l'offre, le consommateur
se montre toujours plus exigeant, avec une seule préoccupation
: réussir ses vacances.
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| Ce dossier, réalisé pour la Chambre régionale de commerce et d’industrie, est diffusé par les magazines :
- Info CCI, Haute-Savoie (27 500 ex.)
- Informations économiques, Saint-Etienne-Montbrison (20 000 ex.)
- L’économie Drômoise (16 000 ex.)
- Nord-Isère économie (13 000 ex.)
- Partenaire Villefranche et Beaujolais (9 000 ex.)
- Partenaires Savoie (23 000 ex.)
- Présences, Grenoble (37 000 ex.)
- Roanne éco (10 000 ex.).
Photos : Thierry Beguin (Roanne), Pierre Borasci (Grenoble), Box et Fred (Lyon), Jean-Claude Crépet (Saint-Médard-en-Forez), Studio Lattard (Drôme) - Tous droits réservés.
Contact : Elisabeth Ballery. Tél. : 04 76 28 28 66.
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