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Des outils pour bien gérer la force commerciale |

On assiste aujourd'hui à une évolution tangible du
management commercial. Et le métier de la direction commerciale
évolue plus vite que celui du métier de vendeur. Si
tout a été dit et écrit sur les techniques
de vente, le manager commercial doit rester particulièrement
attentif au niveau de l'accompagnement des vendeurs. La vigilance
doit porter notamment sur la préparation des entretiens,
l'organisation en vue de l'accroissement de l'activité, les
moyens de production, la négociation des marges et leur façon
de rendre compte aussi bien de leurs échecs que de leurs
réussites.
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"Nous militons pour que le management donne de la V.U.E. (Visibilité,
utilité, envie) à ses collaborateurs", insiste Jean-Pierre
Martin, directeur d'Appui.com, cabinet de formation commerciale
à Grenoble. Donner de la V.U.E ? C'est, selon une théorie
chère à certains cabinets, donner de la Visibilité,
expliquer où l'on va et le chemin choisi. C'est ensuite
faire comprendre l'Utilité des actions entreprises, comment
les mener et avec quels moyens. Pour finalement donner Envie au
vendeur de s'impliquer. "Le temps du "y'a qu'à, faut qu'on"
est révolu", martèle Jacques Garcin. Les entreprises
ont donc intérêt à investir sur l'accompagnement
des vendeurs sur le terrain. Si
l'entreprise compte des commerciaux juniors, ceux-ci attendent
particulièrement d'être tutorés, et pas seulement
au moment où il ne reste qu'à signer le contrat.
"Au travers de cette attente, il y a ici un formidable levier
de management en utilisant la compétence terrain des seniors",
complète Jean-Marie Boulé, chercheur-enseignant
des négociations commerciales et du management des ventes
à Grenoble Ecole de Management. L'entreprise a beaucoup
à y gagner car les anciens de l'entreprise se trouvent
alors valorisés et parfois aussi remotivés. Elle
prépare aussi son avenir en favorisant la transmission
de l'information.
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"Diriger une équipe
commerciale, c'est en permanence se situer en management collectif
et individuel", met en garde
Jean-Pierre Martin,
directeur d'Appui.com.
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Accompagner
ses vendeurs. Dans la vente, un grand principe s'applique
et s'appliquera toujours : la préparation, c'est 90 % de
la réussite. Faciliter la tâche des commerciaux,
c'est donc être un manager vigilant sur la qualité
de la préparation. Dans ce domaine, l'emploi des technologies
de l'information allège le travail en amont et en aval
de l'acte de vente. "Un agenda électronique partagé,
un micro portable et l'usage d'Internet et de l'intranet pour
les comptes-rendus d'activité deviennent autant d'éléments
qui participent à la réussite du commercial", insiste
Jean-Pierre Martin. C'est d'autant plus vrai dans une période
d'activité ralentie ou sur un marché difficile,
lorsque le vendeur doit concentrer tous ses efforts sur la signature
des contrats. C'est aussi dans ces moments-là qu'on se
penchera sur la révision des plans de tournée, de
manière à optimiser les temps de trajets. "Mais
surtout ne rien faire qui puisse entraver sa liberté, alerte
Jacques Garcin, directeur du cabinet RG Consultants. Le marquer
à la culotte à travers la multiplication des reportings
et des réunions risque de le démotiver. D'où
la nécessité d'alléger ces tâches au
maximum, voire de déléguer." Un commercial passerait
aujourd'hui 40 % de son temps en moyenne à faire de
l'administratif. "On lui demande de fournir une masse d'informations
trop lourde, qui ne sera d'ailleurs même pas exploitée
convenablement. On a pensé que ces tableaux de bords étaient
un moyen de bien les contrôler. Erreur ! Ils sont toujours
plus fastidieux à remplir. Il est impératif de laisser
aux commerciaux une marge d'initiative et de leur redonner confiance",
insiste Jacques Garcin. D'autant que ces tableaux inextricables
alourdissent le travail des chefs de ventes, quand il faudrait
qu'ils accompagnent plus souvent le représentant sur le
terrain. Car libérer le vendeur des contraintes ne signifie
pas l'isoler. "Au contraire, explique Jean-Pierre Martin, passer
du temps avec eux, entretenir et prolonger des conversations,
même informelles, les aide à évacuer le stress,
et même à faire jaillir des idées nouvelles.".
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Des commerciaux bien intégrés.
Quand le moral n'y est plus, que faire ? Il est certain
que la motivation ne se décrète pas. "Il est
difficile de motiver l'autre malgré lui, comme il
est impossible d'imposer le bonheur", concède Jean-Pierre
Martin. Il est pourtant une constante chez les vendeurs
: ils aiment être aimés. "Chasser toute attitude
qui consiste à laisser croire que les commerciaux
sont ceux qui n'ont pas réussi à faire autre
chose. Nous avons un demi-siècle d'écart avec
les Etats-Unis, où le commercial est choyé,
valorisé, considéré comme la pièce
maîtresse de l'entreprise", résume Jacques
Garcin. Comme tout collaborateur, un commercial doit se
sentir partie intégrante de la stratégie commerciale
de son entreprise. Les aider à mieux contrer l'adversité,
c'est d'abord préserver leur motivation, et en même
temps les impliquer dans l'entreprise. "Le danger est de
les isoler du reste du corps de l'entreprise. Ils doivent
percevoir que l'entreprise tout entière est consciente
de la difficulté qu'ils vivent.
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"Le
temps du "y'a qu'à, faut qu'on" est révolu",
affirme Jacques Garcin. |
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Ce qui n'empêche pas qu'il faille continuer à
exiger beaucoup d'eux", estime Jean-Marie Boulé.
Dernière ficelle pour que le commercial se sente
concerné par la vie de son entreprise : réunir
régulièrement l'équipe autour d'un
intervenant d'un autre service, du marketing à la
qualité en passant par l'informatique. Certes, la
plupart de ces recettes exigent des managers une bonne dose
de diplomatie, de résistance au stress et d'optimisme.
"En tous cas, compter les boulons est l'attitude à
proscrire. Ces réunions où seuls les objectifs
quantitatifs sont assénés assomment le vendeur",
insiste Jacques Garcin.
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Des managers à responsabiliser. Un
directeur crédible et respecté, montrant charisme,
tact et audace, a aussi plus de chances de remotiver ses
troupes. "Qu'il garde en mémoire que diriger une
équipe commerciale, c'est en permanence se situer
en management collectif et individuel", met en garde Jean-Pierre
Martin. D'où l'importance des managers suivis par
des cabinets spécialisés. C'est à ce
niveau-là que le coaching est préconisé
: "L'accompagnement régulier de la personne, pendant
deux à trois mois, doit lui permettre d'apprendre
notamment à gérer son stress et à réagir
à bon escient face aux conflits", explique Jacques
Garcin. "Dans les périodes difficiles, le manager
doit, plus que d'ordinaire, développer des qualités
de communicant, pédagogue, consistance, courage et
détermination", poursuit Jean-Marie Boulé.
Le manager a tout intérêt à adopter
des attitudes et des comportements spécifiques, mais
aussi à laisser parler sa créativité
et affûter sa batterie de petits trucs. Pourquoi pas
en s'appuyant sur la théorie des 4 I. "Les quatre
I, c'est Intéresser, au double sens du terme, mental
et financier, Innover, pour éviter l'ennui et la
routine, Impliquer et s'impliquer, enfin Incarner, avec
charisme et exemplarité", assène Jean-Pierre
Martin. Dans ces moments-là, un nouveau type de reporting
intelligent peut être lancé : celui qui offrirait
à la fois une meilleure visibilité des performances,
une reconnaissance de l'effort, une valorisation de l'action
commerciale et l'aide aux commerciaux en difficulté.
"Et puis surtout, entretenir une relation authentique et
sincère avec eux : pas de double discours, qui risque
de décrédibiliser le management. Ce point
d'inflexion doit être l'occasion de réfléchir
à l'amélioration de l'efficacité des
vendeurs, mais aussi à penser à de nouveaux
canaux de distribution ou à de nouvelles relations
avec les clients.
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Rémunération
: l'équilibre entre stimulation et protection.
Quant à la politique de rémunération,
"rien n'est plus cher dans une entreprise qu'un vendeur
bon marché". Le paradoxe apparent de la formule souligne
toute l'ambiguïté du management commercial.
Pour beaucoup de dirigeants, le vendeur doit être
payé en fonction de ses résultats de vente.
Si cette information paraît évidente, la difficulté
consiste à arbitrer entre le fixe et la partie variable
dès le départ. Par la suite, une période
de difficulté ne doit pas remettre en cause l'équilibre
acquis. "On ne peut pas prendre le risque de changer un
modèle de rémunération et d'aller le
calquer sur une autre entreprise : la part variable reste
déterminée par la rareté du profil
recherché, son expérience, la complexité
ou la ligne des produits à vendre, les obligations
contenues dans les conventions collectives et la culture
de la société", souligne Jean-Pierre Martin.
Quelles que soient les bourrasques, les commissions sur
les résultats restent indispensables pour éperonner
le vendeur. Même fonction pour les bonus sur les objectifs.
"Les objectifs demeurent des outils managériaux valables,
tant que les gens ont une probabilité suffisante
de les atteindre. Attention aux chiffres irréalistes
qui peuvent être contre-productifs et témoigner
d'une mauvaise visibilité du dirigeant", alerte Jean-
Marie Boulé, qui propose l'instauration de bonus
dès lors que les objectifs sont atteints. Objectifs
au semestre, voire au trimestre, pour éviter de courir
en fin d'année et achever d'épuiser les vendeurs.
L'instauration d'objectifs progressifs, que l'on peut nommer
(par exemple, l'objectif 2 CV, l'objectif Ferrari, etc.),
aide aussi à dégripper les moteurs. Et cette
pratique est préférable à la réévaluation
à la baisse des objectifs principaux, facilement
interprétée comme un signal de démission
de l'entreprise. .
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Préserver l'esprit de corps.
La rémunération collective, soit l'intéressement
sur les résultats globaux de l'entreprise,
reste difficile à gérer quand les temps
sont durs. "Si elles forment une part importante du
revenu, les primes contaminent l'ensemble de la population
concernée en cas de baisse soudaine de l'activité
commerciale, et dégradent l'ambiance", insiste
Jean-Marie Boulé. L'organisation globale de
l'entreprise et notamment l'équilibre de l'ensemble
de la chaîne commerciale (marketing, service
après-vente, logistique.) doit être préservée
en toutes circonstances. Il en va de la survie de
l'indispensable "hygiène relationnelle", vantée
par les sociologues d'entreprise. Verser une partie
de la rémunération variable à
l'ensemble d'une équipe permet pourtant de
préserver un esprit de corps. "La réalisation
personnelle du commercial ne doit pas se départir
de l'envie de gagner ensemble", abonde Jean-Pierre
Martin. Comment alors consolider une équipe
en évitant la pénalisation financière
? La réponse est peut-être dans l'introduction
du qualitatif dans la rémunération.De
plus en plus de managers s'accordent à dire
que les seuls critères chiffrés de performances
ne peuvent plus suffire, surtout quand la satisfaction
des clients devient prépondérante.
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"Dans les périodes difficiles,
le manager doit, plus que d'ordinaire, développer
des qualités de communicant, pédagogue,
consistance, courage et détermination", explique
Jean-Marie Boulé. |
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"C'est
la culture du résultat global de l'entreprise qu'il
faut savoir insuffler à ses commerciaux. On peut
alors mettre en place un système de récompense
à critères multiples, sur la qualité
des prévisions du vendeur par exemple", suggère
Jean-Marie Boulé. Et puis on ne se laisse pas abattre.
Même en temps de crise, des challenges et des concours
permettent de galvaniser les équipes. Le côté
festif de la compétition remet du baume au cour et
insuffle une énergie nouvelle à la communauté
commerciale de l'entreprise. A condition de bien préparer
ces challenges : "Prévoir que tout le monde puisse
gagner, ou du moins que les chances de chacun soient préservées",
recommande Jean-Marie Boulé.
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Les
objectifs avant la prime. Des
recherches sociologiques ont abouti récemment à
une étonnante conclusion : les commerciaux cherchent
moins à maximiser leurs gains qu'ils ne veulent atteindre
des objectifs. Leur besoin de réalisation prime sur
les ambitions financières. "D'où la nécessité
d'assortir les objectifs quantitatifs d'objectifs de qualité.
Certains dirigeants n'hésitent plus à transférer
les objectifs de résultats vers l'effort : en nombre
de prospects, en taux de renouvellement, en largeur de gamme
vendue, à la vente de produits complémentaires,
etc.", explique Jean-Marie Boulé.
Face à de telles vérités, le manager
doit parfois avoir la modestie d'accepter de remettre à
plat les méthodes. A lui alors de faire que cette crise
devienne une nouvelle chance pour l'entreprise. "Les commerciaux
quittent une entreprise parce qu'ils ne se sentent pas impliqués,
bien plus souvent que lorsque les résultats ne sont
pas à la hauteur", affirme Jean-Marie Boulé.
Leur offrir des perspectives de développement personnel,
afin de leur faire sentir qu'ils représentent une valeur
stratégique pour l'entreprise est une condition indispensable
à la redynamisation de l'activité globale.
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