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L'information, une valeur stratégique pour l'entreprise |
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"A la différence de la terre ou
du capital, la connaissance s'accroît quand on la partage.
Il est nécessaire de la faire circuler pour qu'elle prenne
de la valeur", explique Gérard Mézin, directeur
marketing de Cap Gemini Ernst & Young (CGEY), à Montbonnot.
Experte dans la gestion opérationnelle des connaissances
sur l'ensemble des secteurs d'activité, la société
dispose d'une agence de veille intégrée pour ses
clients : le Shop, véritable boutique de recherche, scanne
l'évolution technologique et organisationnelle des métiers.
"Nous devons être capables de produire en une semaine
un rapport stratégique très complet sur une information
triée et adaptée aux besoins de l'entreprise, quel
que soit son secteur d'activité", détaille
Marie-Anne Bucci, responsable de la communication. Les sociétés
de taille moyenne et à fort potentiel de développement
sont particulièrement concernées par une connaissance
ultra-fine de leur écosystème. Leur effort de surveillance
porte en particulier sur les techniques émergentes, celles
qui vont leur permettre d'accroître la productivité
à moindre coût. En même temps, elles doivent
chercher à capitaliser au maximum les connaissances de
leurs propres salariés. "C'est sur une double perspective
que les entreprises doivent aujourd'hui ouvrir et optimiser leur
système d'information : vers l'extérieur aussi bien
qu'au cur de leur organisation", complète Gérard
Mézin.
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Ordonner
sa démarche de veille. Quand l'intranet, principal
outil de transmission des connaissances, voit s'échanger
chez CGEY plus d'un million de messages par jour (pour 54 000
collaborateurs dans le monde), on comprend la difficulté
de maîtriser l'information pour une société
qui choisit d'internaliser la veille. "En fait, chaque entreprise
est amenée à surveiller son environnement. La concurrence
plus vive y pousse, et Internet en facilite la démarche.
Encore faut-il être capable d'avancer de façon structurée",
prévient Marie-Anne Bucci. L'automatisation a facilité
la collecte, autant qu'elle place l'entreprise face à une
surabondance de données. Elle donne aussi l'illusion d'être
une fin en soi, alors qu'elle n'est rien sans un ensemble de processus,
de méthodes et d'outils préalables. Pour Armelle
Thomas, consultante au cabinet d'ingénierie documentaire
Inforizons, à Domène : "C'est la manière
d'isoler, de filtrer l'information qui lui confère sa réelle
valeur." Du coup, la gestion du tri de l'information devient
l'enjeu nouveau. Comment choisir rapidement l'information la plus
pertinente pour l'aide à la décision ? "Des
grilles d'évaluation sont nécessaires pour mettre
de côté par exemple l'information redondante et celle,
peu fiable, des sites web personnels, ou au contraire privilégier
l'importance de certains émetteurs stratégiques",
explique Armelle Thomas. En aval de la chaîne de traitement,
la description du contenu, son classement et sa diffusion efficiente
auprès des bonnes personnes dans l'entreprise demeurent
des étapes cruciales, à peaufiner soigneusement.
Autant de missions assignées à un système
d'information
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Marie-Anne Bucci, responsable de
la communication,
et Gérard Mézin,
directeur marketing de CGEY, à Montbonnot : "Nous
devons être capables de produire en une semaine un rapport
stratégique très complet sur une information triée
et adaptée aux besoins de l'entreprise."
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Faciliter l'accès à la veille. Généralement
bien intégré dans les grands groupes, l'objectif
stratégique de la veille est insuffisant dans les petites
structures. Il consiste souvent à recouper l'information
du marché avec les métiers élémentaires
de l'entreprise. Les techniques de collecte démarrent avec
des recherches plus ou moins régulières sur les
moteurs généralistes
et s'arrêtent à
ce stade. "L'intelligence économique est bien développée
dans les grandes entreprises, contrairement aux PMI qui rencontrent
beaucoup de difficultés organisationnelles pour la mise
en place de cette nouvelle activité", observe Patrick
Heyde, directeur de l'Agence régionale pour l'information
scientifique et technique (Arist). Au sein de la Chambre régionale
de commerce et d'industrie (CRCI) à Lyon, l'Arist permet
depuis une vingtaine d'années à des entreprises
d'initier des programmes de veille. Trois ingénieurs experts
et deux documentalistes animent le pôle d'information stratégique.
Que ce soit pour découvrir de nouvelles solutions ou sécuriser
un projet, l'Arist informe rapidement sur les partenaires, les
concurrents, un domaine technologique précis, et aide à
l'exploitation optimisée de ces informations. Forces de
ce service : la polyvalence de ses consultants, la synergie du
réseau des vingt agences en France, et l'accès à
plus de 3 000 bases de données et à 2 500 experts
dans le monde, par l'intermédiaire d'un seul interlocuteur.
L'Arist prend particulièrement soin de faciliter la mise
en place de la veille au sein des PME : elle a mis au point une
méthode qui analyse l'utilisation de l'intelligence économique
au sein de l'activité de l'entreprise, ainsi qu'une approche
opérationnelle pour améliorer l'assimilation de
ce concept. Deux outils téléchargeables sur son
site portail, parmi d'autres documents tous très utiles
à l'introduction d'une démarche de veille.
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L'émergence des prestataires. La diversification
des formats de diffusion facilite la capture des signaux
autant que les moyens de collecte. On voit ainsi apparaître
des weblogs, sortes de journaux on line, qui suivent jour
après jour l'évolution d'un chantier, par
exemple. Des formules de recher-che et de traitement packagées,
disponibles en Open Source, émergent aussi. Pour
le transmetteur, on a même trouvé la parade
à la perte de temps : le format XML, qui permet de
personnaliser sans effort une information préalablement
standardisée. Reste que sur des missions complexes
et ponctuelles, l'entreprise peut à juste titre se
tourner vers des sociétés spécialisées.
Créée à Grenoble en juillet 1998, Digimind
(CA 2002 : 440 kE, 13 personnes) s'affiche à la fois
éditeur de solutions logicielles de traitement d'informations
et prestataire dans le secteur de la veille. "Il s'agit
moins de simple transfert de connaissances que d'anticipation
des événements : nous nous inscrivons au cur
de la stratégie de l'entreprise", affirme Yann
Guilain, responsable opérationnel. La société
est récemment intervenue pour un grand groupe d'assurances,
où la pression concurrentielle est très forte,
pour surveiller l'activité des autres acteurs du
marché.
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Armelle
Thomas,
consultante au cabinet d'ingénierie documentaire Inforizons,
à Domène :
"C'est la manière d'isoler
et de filtrer l'information qui lui confère sa véritable
valeur." |
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Ici, la recherche s'est effectuée par voie de presse,
ainsi que par le canal du web. Autre chantier : un fabricant
de boissons cherchait un packaging moderne pour son nouveau
produit. Il a confié à la société
grenobloise la surveillance des autres compétiteurs
pour observer les meilleures idées. Quand près
de 500 références différentes se bousculent
sur le web, les applications de Digimind accélèrent
heureusement la recherche. "Manuellement, ce type de
mission est dangereusement gaspilleur de temps pour l'entreprise,
et il peut coûter très cher en organisation",
prévient Yann Guilain. Les modules de collecte, qui
utilisent le cryptage https, permettent d'enclencher toutes
les tâches possibles de surveillance. L'il invisible
passe ainsi au crible pages web (l'entreprise en scanne
plus de 15 000 par nuit) et sites Internet complets, ainsi
que news groups, mailing lists et autres bases de données
payantes. "Nous nous infiltrons également dans
le web invisible, et nos modules de requête détectent
tout ce qui apparaît nouveau. Notre ambition est de
surveiller la totalité de ce qui se passe sur le
Net." La restitution des résultats de la recherche
s'effectue par différents moyens, selon la nature
de la mission et le besoin de l'entreprise. Il peut s'agir
d'une lettre de veille quotidienne transmise par mail ou
d'un rapport écrit structuré. Dans tous les
cas, le document doit présenter des informations
hiérarchisées et lisibles très rapidement.
Digimind a également conçu un méta-moteur
de recherche, Strategic Finder, téléchargeable
gratuitement en version light sur son site web. La société
engage enfin de gros investissements en R&D : "Nous
devons aller vite, car tous les six mois, Internet invente
un nouveau langage."
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Les défis du temps et de l'espace. Vite,
toujours plus vite. Les économistes assènent
qu'une entreprise recherchant l'efficience maximale
doit s'efforcer de rapprocher la courbe de transfert
des connaissances de celle de la vitesse des changements.
"Nous sommes entrés dans une période
où ce rythme devient exponentiel, et il est
impossible de faire suivre les moyens humains",
prévient Jean-Paul Faure, directeur général
de Caterpillar. Le défi stimule les sociétés
spécialisées dans les nouveaux procédés
de transfert de données. A Meylan, le centre
de recherche européen de Xerox multiplie les
projets qui facilitent la détection des compétences
et stimulent l'échange d'informations au sein
de l'entreprise. Knowledge Pump, une solution clé
au problème de la formalisation du savoir,
se charge d'alimenter en permanence une base de connaissances
et assure en retour un flot d'informations continu
généré par les communautés
de l'entreprise. Les articles postés sur l'interface
sont soumis à la lecture des autres usagers,
qui peuvent en évaluer la pertinence et les
annoter. Cette application, qui diffuse véritablement
le savoir, est intégrée à l'intranet
: est-ce à dire que les réseaux de la
communication électronique restent les seuls
leviers de l'intelligence collective ?
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Yann
Guilain,
responsable opérationnel
chez Digimind : "Nous aidons l'entreprise à
surveiller
son environnement en cherchant aussi à nous inscrire
au cur de sa stratégie."
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Irène
Maxwell, directrice de la communication de Xerox, parie
justement sur le partage de la connaissance informelle pour
créer une organisation plus dynamique et réactive
: "Nous venons de mettre au point Community Wall, qui
permet d'améliorer le média. Il s'agit d'une
interface conviviale de discussion, qui encourage la communication
de travail en dehors de l'environnement habituel et en stocke
le contenu." Sous la forme d'un large écran
sensitif, accroché au mur à des points stratégiques
de l'entreprise (par exemple à l'entrée du
réfectoire), Community Wall affiche des messages,
personnalisés ou collectifs, accessibles en un clin
d'il. Le contenu peut être imprimé ou
dirigé par e-mail pour un examen ultérieur.
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Peur et chuchotements. D'ici à rendre
le collaborateur de l'entreprise hypercommunicant,
deux principaux facteurs auront freiné sa métamorphose.
La sécurité des systèmes d'information,
d'abord : il est vrai que la transparence peut coûter
cher, conduisant à un véritable pillage
par les concurrents. "L'aspect de la sécurité
des systèmes d'information revêt une
importance majeure chez nos clients. La maintenance,
qu'on appelle aussi l'infogérance, est en fort
développement chez CGEY. Elle doit apparaître
comme une source d'apaisement", observe Gérard
Mézin. La culture du secret, ensuite, serait
particulièrement bien ancrée en France.
Elle retarde la transformation des collaborateurs
d'une entreprise en véritables "travailleurs
du savoir". L'intelligence économique,
par exemple, tarde à se diffuser : "Il
semble que le mot fasse peur. Pourtant, il est impératif
que nous soyons plus proactifs, et que, dans une économie
de plus en plus interdépendante, l'information
circule de manière transversale", professe
Armelle Thomas. C'est pourtant bien la conjugaison
des données externes et internes de l'entreprise,
fédérées en un tout intelligible
grâce à un système d'information
adapté et à une culture partagée,
qui pourra optimiser la prise de décision.
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Avec
le tout nouveau Community Wall,
Irène Maxwell,
directrice de la communication de Xerox, parie sur le
partage de la connaissance informelle pour créer
une organisation plus dynamique et réactive.
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