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Mai 2004





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Ressources humaines
Rubrique réalisée par Isabelle Doucet-Sardin.

>> Ose : un modèle montagnard

Depuis 15 ans, Ose concilie les performances économiques et l'épanouissement au travail de ses salariés.


Ose : un esprit solidaire.

"L'individu cherche du sens, et l'entreprise peut lui en offrir à partir du moment où il est associé à un projet collectif", aime à répéter Jean-Marc Attali, gérant de Ose (Obiou Société d'Electronique). Cette entreprise atypique, nichée à Corps au pied de l'Obiou, emploie 43 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 3 ME. Elle fabrique des produits électroniques soit en sous-traitance, soit dans le cadre d'une prestation globale à ses clients. Ses choix de management sont clairement établis.

"L'entreprise doit être le lieu d'une possible réalisation personnelle dans la mesure où cette démarche est en phase avec le développement stratégique de la société", explique le dirigeant. La mise en place de ce fonctionnement, dans un secteur d'activité mouvant, est basée sur le partage, l'explication, la compréhension des enjeux et l'accompagnement. Cet état d'esprit puise sa spécificité dans l'histoire de l'entreprise, d'abord atelier rural à l'époque des politiques de maintien de l'emploi en montagne, puis société coopérative jusqu'en 1989 avant de devenir une Sarl fondée notamment par Sylvaine Tabouret et Pascal Guérin. De la période Scoop, elle a sûrement conservé le sens de la démarche participative. Quant aux salariés, plus de 50 % de femmes, ils ont avant tout choisi de concilier cadre de vie et réalisation au travail. Témoin de la réussite du système : le turn-over est pratiquement inexistant. Le principe du "cheminement personnel" s'appuie sur des plans de formation qui représentent près de 3 % du chiffre d'affaires. Car les métiers et les niveaux de compétences évoluent avec les technologies. Au fil des ans, l'entreprise a créé des postes d'encadrement intermédiaire pour ne pas multiplier les responsabilités et gagner en efficacité. "Nous travaillons en équipe en permanence", poursuit Jean-Marc Attali. Il insiste sur la polyvalence du personnel, sa capacité à partager sa connaissance du métier, et une certaine solidarité propre à l'esprit montagnard. "Nous demeurons attentifs à la communication, à la convivialité et à la proximité relationnelle, même si en dix ans l'effectif est passé de 17 à 43 salariés, et nos locaux de 700 m2 à 2 000 m2". Le modèle vaut pour les périodes de développement. Depuis cinq ans, l'entreprise a connu des taux de croissance de 20 à 25 %. Elle a souvent recruté du personnel peu qualifié, formé en interne, et les plus anciens ont pu s'investir dans de nouvelles fonctions. Le niveau global de qualification a augmenté et le nombre de techniciens est passé de un à sept en dix ans. "A contre-courant, nous venons de traverser quelques mois difficiles qui ont pu déstabiliser des personnes à cause de la réduction du temps de travail", précise le dirigeant. Car depuis 1998, Ose a annualisé le temps de travail de ses salariés avec une période de référence de 33 heures par semaine, soit quatre jours travaillés. En période creuse, l'activité peut retomber à trois jours de travail hebdomadaires. En revanche, une période plus soutenue peut réclamer cinq jours de présence avec éventuellement des horaires de nuit. "C'est la flexibilité, sans qu'elle ne s'exerce au détriment de la personne", déclare le dirigeant en réponse aux impératifs de réactivité propres au métier. Moyennant une remise en question permanente, Ose reste fidèle à ses valeurs : l'accomplissement personnel au travail dans un cadre de vie agréable, et la participation au développement de l'entreprise. Sa direction vient de mettre l'intéressement en place.

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Reconstruire les relations sociales
"Nous intervenons dans des entreprises où les relations sociales sont difficiles et qui ont toujours besoin d'un arbitre extérieur pour résoudre leurs problèmes", lance Marie-Odile Sasso, chargée de mission Aravis* et coordonnateur pour l'agence du réseau de Tiers facilitateurs. Ces experts sont consultants ou inspecteurs du travail hors circonscription et interviennent pour reconstruire les relations sociales au sein d'entreprises volontaires, dotées de structures syndicales. L'expérience a débuté il y a cinq ans sur trois régions-pilotes, dont Rhône-Alpes. Une quarantaine d'entreprises, dont une demi-douzaine en Isère, ont bénéficié de l'intervention des binômes facilitateurs. Face à des dysfonctionnements que les entreprises ne peuvent dépasser, les parties remettent difficilement en question le système de management. "La relation qui s'est instaurée fait qu'il n'y a plus de confiance. Cela ne concerne pas seulement les représentants du personnel et la direction, mais toute l'entreprise, l'encadrement de proximité et les salariés", constate la chargée de mission. La méthodologie employée vise à mettre en évidence la concordance des problèmes évoqués par l'employeur comme les salariés. En séminaires sur quelques jours ou en travail de groupe sur plusieurs semaines, les parties élaborent un plan d'action. "La confiance renaît à la mise en ouvre de ce plan d'action", poursuit la tiers facilitateur. Une entreprise sur la bonne voie du dialogue social parvient alors à conclure des accords sans faire appel à une intervention extérieure.

*Aravis : Agence Rhône-Alpes pour la valorisation de l'innovation sociale et l'amélioration des conditions de travail.
Présences est édité par la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble - 90 000 lecteurs - 9 numéros par an