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Vous
avez toujours défendu l'innovation pédagogique ? Comment
celle-ci se traduira-t-elle à l'avenir ? Comment relevez-vous notamment
le dilemme entre formation de spécialistes ou de généralistes
?
- Il faut en effet veiller à l'équilibre de l'offre pédagogique
pour continuer à nous adapter aux besoins d'entreprises en constante
transformation. Toute la difficulté consiste à relever un
double défi : celui de l'hétérogénéité
des cultures de nos étudiants, et celui de la diversité
des profils nécessaire à l'entreprise. A cet égard,
je formule un premier constat : le moule des étudiants d'école
de commerce sortis des classes préparatoires, c'est fini. Aujourd'hui,
il existe une très grande diversité des publics d'étudiants,
du fait de l'élargissement de l'accès à l'ESC, mais
aussi des changements sociologiques et de la multiplicité des profils
individuels observés parfois au sein d'une même famille.
De l'autre côté, les entreprises ne demandent plus le prototype
du jeune cadre motivé, mais des personnalités fortes, adaptables,
voire des talents dans des domaines bien spécifiques. Comment avoir
une chance de faire se rencontrer une offre de plus en plus hétérogène
et une demande pour des profils très particuliers ? Nous avons
décidé de répondre à cette problématique
en créant le concept de pédagogie différenciée.
- En quoi consiste-t-il ? S'agit-il d'un cursus individualisé ?
- La pédagogie différenciée consiste à permettre
à des profils psychologiques différents d'étudiants
(amateurs de concepts, d'expérimentation, de sophistication, de
"recettes") de trouver un rythme d'apprentissage adapté
à leur projet personnel. Elle prend en compte les différences
des individus en plus de leurs demandes spécifiques d'accomplissement
d'un projet d'orientation professionnelle. C'est déjà une
première voie vers la diversification des parcours tenant compte
de la particularité des profils. Ensuite, les étudiants
auront toujours accès à des 3es cycles de spécialiste.
Pour cela, ils pourront, par le biais des accords de partenariat que nous
aurons contractés, trouver une spécialité non développée
à l'école, par exemple suivre une formation de trader à
New York. La vitesse d'évolution technologique dans les entreprises
nous pousse au bon équilibrage entre le spécialiste à
un instant "t", sans conteste le meilleur pour l'entreprise
à ce moment précis, et le généraliste, qui
n'est pas le meilleur dans l'immédiat, mais qui saura s'adapter
aux évolutions d'une organisation. Cette optique
est encore une fois innovante. Et nous verrons là encore si l'avenir
nous donne raison.
Propos recueillis par Elisabeth Ballery
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