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Mars 2003




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Innovation
Rubrique réalisée par Annie Zylberberg.

>> Ulis voit loin

Filiale de Sofradir et du CEA-Valorisation, Ulis a démarré son activité en 2002. Avec ses détecteurs infrarouges non refroidis utilisés dans de nombreuses applications grand public ou professionnels, cette jeune société détient un fort potentiel de développement.


Jean-Pierre Chatard,
directeur général d'Ulis

"Sofradir a démarré en 1986 à partir d'une technologie de détecteurs infrarouges de haute performance destinés à des applications militaires, développée au CEA-Léti. Une fois ce marché en croissance stabilisé, sa direction a décidé de développer une nouvelle génération de détecteurs moins hauts de gamme", confie Jean-Pierre Chatard, directeur général d'Ulis. Très sensibles, les détecteurs à usage militaire refroidis à moins 200 °C se caractérisent par une taille imposante et un coût élevé. Pour s'affranchir de la contrainte du refroidissement, le Léti a mis au point dès 1992 des détecteurs infrarouges plus petits, dont la définition d'image est moindre mais suffisante pour des usages plus courants.

"Ils sont munis d'un microbolomètre, c'est-à-dire d'un thermomètre en silicium amorphe, fabriqué avec les technologies de la microélectronique silicium à faibles coûts de fabrication et très haute fiabilité", poursuit-il. Intégrés par exemple dans des caméras de surveillance, ils améliorent l'observation des sites comme les stocks de ports, les aéroports. Equipant les casques des pompiers, ils permettent de détecter à travers la fumée et de détecter les zones chaudes et les blessés. Dans le domaine médical, ils apportent également une réelle avancée dans la détection des cancers du sein, la circulation du sang, le diagnostic vétérinaire. Embarqués dans les voitures, ils aident
à conduire par mauvais temps. "Nous pouvons voir grâce au soleil, notre source principale de lumière. En infrarouge, plus besoin de soleil car les corps rayonnent eux-mêmes, et on voit aussi bien de jour que de nuit", explique encore Jean-Pierre Chatard. Une fois cette technologie mise au point, l'idée de créer une société indépendante a été abandonnée au profit de la filialisation. Ulis est ainsi créée officiellement en juin 2002. Implantée dans 900 m2 de locaux repris à SICN, elle compte près de 40 personnes installées dans son nouveau bâtiment de production de 1 500 m2 récemment bâti à côté, comportant une salle blanche de 500 m2. Au printemps, l'entreprise accueillera la dernière équipe travaillant encore au Léti, le laboratoire poursuivant la R&D de sa technologie de base. Ulis a produit 1 800 détecteurs en 2002 pour un chiffre d'affaires d'environ 5 MEuros. La société prévoit de monter en puissance avec 4 000 détecteurs en 2003 et 15 000 en 2004. "Notre usine est dimensionnée pour 50 000 unités par an avec une centaine de personnes à horizon 2006." De plus en plus petits - 160 par 120 pixels en 2003 contre 320 par 340 auparavant -, ses détecteurs deviennent aussi moins chers. "Pour amortir notre nouvelle usine, nous visons des marchés consommant de grandes quantités, pour l'instant exclusivement à l'export, où nos produits simples à réaliser, et non fragiles à hautes températures, rencontrent une concurrence uniquement américaine."




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Biotechnologies
Le Cime, Centre interuniversitaire de microélectronique, inaugure une plate-forme d'instrumentation destinée à la réalisation de biopuces à ADN. La montée en puissance des biotechnologies a en effet incité l'Ecole nationale supérieure de physique de Grenoble (ENSPG) à créer dès 2002 une nouvelle filière de formation "instrumentation physique pour les biotechnologies". Visant à préparer les futurs ingénieurs à travailler efficacement dans des équipes pluridisciplinaires, cette plate-forme destinée à la formation et à la recherche est implantée dans la salle blanche du Cime. Elle met en œuvre des microtechnologies, de la gravure chimique de microréacteurs sur silicium, un robot de dépôt de séquences d'ADN, des outils d'analyse et de traitement. Elle est le fruit d'une collaboration entre l'ENSPG, le Cime, le CEA-Léti et l'UJF, avec le soutien de la région Rhône-Alpes.

Levée de fonds
DGTec, entreprise spécialisée dans la fabrication de poudres microniques utilisées dans de nombreux secteurs de pointe, lève 1,5 MEuros auprès de sociétés de capital-risque, Rhône-Alpes Création, Rhône-Dauphiné développement, Viveris, et trois investisseurs privés. "Ce montant va nous permettre d'industrialiser nos procédés, de réaliser des équipements pilotes et une ligne de production. Nous pourrons également mettre en place notre organisation commerciale tournée vers l'Europe et l'Extrême-Orient", confient ses dirigeants Pierre-Paul Jobert et Guy Baret. Lauréate de nombreux prix à l'innovation depuis sa création en septembre 2000, DGTec va ainsi passer à une phase d'échantillonnage de poudre micronique d'1 kg par jour à partir de juin prochain pour parvenir à 2 kg par heure d'ici la fin de l'année. "Nous devrions atteindre un chiffre d'affaires d'environ 3 MEuros cumulé sur les deux prochaines années et prévoyons de déménager de nos locaux actuels à Moirans dans un local de 1 500 m2 qu'il nous reste à trouver."

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Présences est édité par la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble - 70 000 lecteurs - 9 numéros par an