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Antoine Raymond, dirigeant de A. Raymond. |
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En
mai 2004, l'Union européenne accueillera dix nouveaux Etats.
Cet événement est-il ressenti comme une menace ou
une opportunité ?
Comment les entreprises locales travaillent-elles aujourd'hui avec
les pays candidats à l'élargissement ?
Pour répondre à ces questions, le magazine Présences
a organisé une enquête auprès des entreprises
exportatrices de la région grenobloise.
Antoine Raymond, dont le groupe est implanté depuis le milieu
des années 1990 en Europe de l'Est, apporte son expérience
et sa vision sur les perspectives de ce marché.
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Que
change pour vous l'élargissement de l'Union européenne
à dix nouveaux Etats, dont huit situés dans la sphère
d'influence de l'ex-Union soviétique ?
- Antoine Raymond : Tous nos clients, c'est-à-dire
les constructeurs automobiles de taille mondiale et les grands équipementiers,
sont déjà bien implantés en Europe de l'Est.
L'un de ces pays sort tout particulièrement du lot ; il s'agit
de la République tchèque, appelée aussi automotive
country, où le groupe A.Raymond est présent depuis
1994, via une filiale qui a commencé à travailler
pour le constructeur automobile Skoda. Cette marque tchèque,
rachetée par Volkswagen en 1991, s'est depuis bien développée
sur les marchés polonais, hongrois, slovaques, et nous l'approvisionnons
en pièces de fixation. Nous fournissons également
directement ou indirectement au travers d'équipementiers,
les groupes PSA, Toyota, Volkswagen, très implantés
en Slovaquie et en Tchéquie, ainsi que Fiat, General Motors
et Daewoo, présents en Pologne, ou encore le groupe Renault,
implanté en Roumanie. L'extension de notre organisation technique
et commerciale à la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la
Slovaquie, nous permet de travailler avec l'ensemble des clients
de l'automobile sur chacun de ces pays. L'élargissement de
l'Union européenne aura donc peu de conséquences sur
nos flux, qui sont déjà importants et transitent facilement
par échanges croisés entre nos filiales. Les aspects
logistiques et douaniers seront peut-être simplifiés,
mais ils étaient déjà bien rodés et
maîtrisés. Le seul aspect qui changera vraiment sera
l'extension de la monnaie unique à l'ensemble de ces pays,
car aujourd'hui les monnaies locales fluctuent par rapport à
la monnaie unique, ce qui a des conséquences pour les opérations
d'import-export organisées au sein du groupe A. Raymond.
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Pensez-vous
que ces pays deviendront encore plus attrayants à l'avenir
sur le plan industriel ?
- Nous avons trouvé en République tchèque une
main-d'uvre extrêmement qualifiée et de très
grande qualité, à coûts compétitifs.
Il ne faut cependant pas juger de l'attractivité d'un pays
uniquement sur le coût de sa main-d'uvre. D'autant que,
élargissement ou non de l'Union européenne, les différences
sociales, salariales entre Europe de l'Est et Europe de l'Ouest
s'estompent très vite. Dans cinq à dix ans, je pense
que le niveau de vie en République tchèque sera supérieur
à celui du Portugal, et équivalent à celui
de l'Espagne. Certes, les progrès sont moins rapides dans
un pays comme la Roumanie. Mais il ne faut pas oublier que l'augmentation
du pouvoir d'achat dans ces pays représentera aussi des opportunités
pour certaines industries de l'Europe de l'Ouest, à condition
que l'on sache les saisir. Dans ce sens, l'élargissement
à l'Est peut aussi être une chance pour les pays d'Europe
de l'Ouest.
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- Avez-vous ressenti comme un obstacle les différences culturelles
ou linguistiques ?
- A aucun moment ! Peut-être les entreprises occidentales
implantées au tout début des années 1990, juste
après la chute du mur de Berlin, ont-elles rencontré
des freins culturels. Mais ces pays, habitués autrefois à
un tout autre modèle économique, ont démontré
une remarquable capacité d'adaptation au changement, tant
du point de vue linguistique que des méthodes commerciales
ou manageriales. Les différences culturelles qui peuvent
nous séparer sont beaucoup moins importantes qu'avec la Chine
ou le Japon par exemple. Aujourd'hui, dans notre filiale tchèque,
nous utilisons principalement l'anglais, et éventuellement
l'allemand ou l'italien pour communiquer au quotidien. L'anglais
est d'ailleurs devenu la langue "officielle" du groupe
A.Raymond. Nous avons en outre trouvé en République
tchèque un esprit remarquablement tourné vers la mécanique
et la technique. Il faut dire qu'avec beaucoup moins de moyens qu'aujourd'hui,
les Tchèques réalisaient de véritables prouesses
techniques
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-
Pensez-vous accroître encore votre présence à
l'Est ?
- Les perspectives de croissance sont importantes dans les pays
d'Europe de l'Est pour les constructeurs automobiles, car le ratio
de véhicule par habitant y est beaucoup plus faible que dans
les pays occidentaux. C'est donc ici que l'on assistera à
la plus forte demande de voitures dans les cinq à six prochaines
années. Les constructeurs tels PSA, qui prévoient
de s'implanter en Slovaquie, ou Renault en Roumanie, ne s'y trompent
pas. De notre côté, nous commençons à
étudier sérieusement une implantation en Russie, si
le potentiel du marché se confirme, et si la situation politique,
sociale, demeure saine.
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-
Quelles conclusions tirez-vous aujourd'hui de votre implantation
en Europe de l'Est, par rapport à celles réalisées
en Asie et sur le continent américain ?
- L'Asie, et plus particulièrement la Chine, est aujourd'hui
le réceptacle de tous les investissements mondiaux, tant
les marchés sont porteurs. Notre usine, implantée
dans la région de Shangaï depuis 1996, a connu un démarrage
assez lent, mais son activité s'accélère nettement
aujourd'hui. Le site américain de Detroit est le plus solidement
implanté, car nous sommes maintenant présents depuis
1986 aux Etats-Unis. Le groupe a créé une usine au
Brésil en 1996, juste un an avant la crise du real. Après
quelques années difficiles, nous commençons à
recueillir les fruits de cette implantation.
Cette expérience nous a permis de vérifier que l'investissement
international demeure à chaque fois une opération
à risque, qui peut se révéler extrêmement
coûteuse si l'implantation est envisagée à la
légère. Je crois d'ailleurs que tous les groupes français
qui se sont développés à l'international ces
dernières années en ont tiré les mêmes
conclusions. Un groupe comme le nôtre sait qu'il est important
d'avoir une position internationale, mais que celle-ci doit se réaliser
prudemment, en misant avant tout sur un retour sur investissement
à long terme. Il ne faut donc pas hésiter dans sa
démarche à s'appuyer sur les réseaux des postes
d'expansion économique ou des chambres de commerce et d'industrie,
qui connaissent bien les marchés, et regroupent d'autres
entreprises françaises solidement implantées. Leur
contact permet de tâter le terrain, de bien comprendre le
niveau de risque et la culture du pays en question. Il est en effet
fondamental pour nous de choisir avec le plus grand soin le lieu
qui nous permettra de bien servir nos clients. Nous abordons donc
la question des implantations étrangères avec encore
davantage de philosophie, de précaution et de soin que par
le passé.
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Les
enjeux de l'élargissement
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L'aboutissement
des négociations d'adhésion avec les dix pays
candidats, Chypre, la République tchèque, l'Estonie,
la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la
Slovaquie et la Slovénie, lors du Conseil européen
de Copenhague les 12 et 13 décembre 2002, permettra
l'intégration de ces pays dans l'Union européenne
à compter du 1er mai 2004. Le traité d'adhésion
sera signé lors du sommet d'Athènes le 16 avril
2003, suivi pendant l'année 2003 par l'organisation
de référendums de ratification de ce traité
dans les pays candidats, et de la ratification par voie parlementaire
dans les Etats membres.
Il s'agit de l'élargissement le plus important depuis
la création de l'UE (la population croît de 28
%, de 375 à 490 millions d'habitants, le territoire
de 34 % et le PIB de 5 %). Il aura comme conséquence
économique l'ouverture de nouveaux marchés à
la fois pour les membres actuels de l'UE et pour les pays
candidats. Le coût estimé représente moins
de 0,15 % du PNB de l'UE élargie, et au plus 22 % des
dépenses budgétaires de l'UE.
Les principaux enjeux de l'élargissement ? Une Europe
élargie plus stable, l'apparition de nouveaux marchés
(les distances changent), l'apparition de nouveaux pôles
de spécialisation (les coûts changent) et des
perspectives de croissance des pays Peco(*) plutôt bonnes.
Mais par ailleurs, les coûts d'approche des marchés
Peco sont relativement importants (obstacles bureaucratiques,
accès difficile au crédit
). Les déficits
courants importants représentent une menace. La disparité
entre les régions va croître.
(*) Pays
d'Europe centrale et orientale. Source : Grex Euro Info Centre.
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Les
entreprises face à l'élargissement
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| 1
- Selon vous, l'élargissement de l'Europe est pour
les entreprises françaises : |
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| Une
bonne chose |
61
% |
| Une
mauvaise chose |
14
% |
| Ne
sait pas |
25
% |
| 2
- Comment percevez-vous cet élargissement pour
votre entreprise ?
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|
| Nouvelles
opportunités |
27
% |
| Facteur
de risques |
16
% |
| Autres |
4
% |
| Ne
sait pas |
20
% |
| Pas
concerné |
33
% |
| 3
- De façon plus large, travaillez-vous déjà
à l'international ? |
| |
|
| Oui
directement |
50
% |
| Oui
indirectement |
9
% |
| Non
|
41
% |
| 4
- Comptez-vous engager des actions vis-à-vis de
ces nouveaux marchés en 2003 ? |
| |
|
| Oui
|
11
% |
| Non |
82
% |
| Ne
sait pas |
7
% |
| 5
- Si oui, lesquelles : |
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| Veille
informative |
36
% |
| Recherche
d'agents commerciaux |
18
% |
| Voyage
de prospection |
18
% |
| Recherche
de fournisseurs |
18
% |
| Participation
à des salons |
0
% |
| Mise
en place d'une implantation |
0
% |
| Autres |
9
% |
Source :
Panel Présences.
La plupart des entreprises membres de Grex travaillent déjà
avec les pays candidats à l'élargissement et le
perçoivent comme une opportunité en termes de
nouveaux marchés et de nouveaux fournisseurs. Elles prévoient
en 2003 d'engager des actions spécifiques : recherche
de distributeurs, recherche d'agents commerciaux, voyage de
prospection
Elles sont demandeuses de plus d'informations sur l'élargissement
en général, et plus particulièrement sur
les dix pays candidats.
Source :
Grex Euro Info Centre.
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Tout
savoir sur l'élargissement de l'Union européenne
avec Grex Euro Info Centre. |
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Un espace du site web de Grex www.grex.fr
est dédié à l'élargissement
de l'Union européenne, avec des fiches pays, les
questions essentielles que se posent les entreprises, des
rubriques sur l'approche de ces marchés, les financements
disponibles, ainsi que des liens avec les sites web utiles.
>>
Dans le cadre de l'extranet qui sera prochainement mis en
place avec ses adhérents, un espace spécifique
consacré aux pays d'Europe centrale et orientale, qui
aura pour objectif de faciliter l'échange d'expérience
des adhérents qui travaillent ou s'intéressent
à ces marchés.
>> Un déjeuner de travail est organisé
jeudi 13 mars 2003, de 12 h à 14 h, à Grex,
dans le cadre du club des adhérents, avec les CCI françaises
en Pologne, Hongrie et République tchèque. Des
entretiens individuels seront proposés avec les intervenants
le matin ou l'après-midi aux entreprises qui ont des
projets précis.
>> Grex vient de signer une convention de partenariat
avec la CCI française en République tchèque
afin de renforcer l'appui aux entreprises sur ce marché.
>> Une réunion de sensibilisation sur les enjeux
et l'impact de l'élargissement pour les entreprises
aura lieu à la CCI au printemps 2003.
Contact : Grex au 04 76 28 29 40.
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