Présences le magazine de la cci de Grenoble
Dossier
141 Novembre 2001
Le magazine économique de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble
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2001 : le temps de la réflexion pour les zones d'activités

Aménageurs et promoteurs des zones d'activités sud-iséroises, réunis par Présences lors d'une table ronde, ont inventorié les espaces encore disponibles. Si la pénurie reste d'actualité, elle est toutefois moins criante en 2001. L'évolution de la conjoncture explique en partie le retournement de tendance. La requalification d'espaces dans l'agglomération, la libération de réserves foncières en Sud-Isère ouvrent des perspectives à plus long terme. A condition d'anticiper dès aujourd'hui.

Par Isabelle Doucet-Sardin.

 

Certains aménageurs grenoblois vivent un véritable casse-tête : "Nous n'avons plus de terrains à vendre pour les entrepreneurs en quête d'espace", déplore Patrick Le Bihan, responsable du développement de la société d'économie mixte Grenoble 2000. La zone de Technisud, qui accueille les entreprises industrielles, a fait le plein. Quant aux PME-PMI grenobloises, elles ne savent plus à quelle porte frapper. Pour les entreprises high-tech, le site de Polytec, avenue des Martyrs, représente la solution de la dernière chance.
Bien sûr, la ville verra sous peu sortir de terre le pôle micro et nanotechnologie, ouvre commune du Léti-CEA réalisée en partenariat avec les collectivités locales, sur des terrains CEG/CEA.

 

Jean-Pierre Pesanti, directeur du Syndicat mixte industriel de la Matheysine.
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Ce chantier, qui réclame un investissement de 1 MdF, devrait placer Grenoble au plus haut niveau en matière de microélectronique et de biotechnologie. Mais pour Patrick Le Bihan "c'est presque de l'histoire ancienne".


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Le tertiaire à Grenoble n'apparaît guère mieux loti. L'achèvement du quartier d'affaires d'Europole offrira les derniers espaces en immobilier de bureau, essentiellement pour de grandes superficies. Encore 20 000 m2 de bureaux à livrer d'ici 2003, puis il faudra se tourner vers le devenir de la minoterie Armand. Celle-ci fait l'objet d'un programme mixte qui laisse entrevoir la création de 1 200 m2 de bureaux. Pour les autres quartiers, il faudra compter sur le renouvellement du parc tertiaire existant. "Les espaces disponibles pour les activités tertiaires sont en baisse", confirme Sylvain Michallic conseiller en immobilier d'entreprise chez Jones Lang Lassalle. Rareté des surfaces supérieures à 1 000 m2, inexistence de celles comprises entre 400 et 1 000 m2. Seule l'année 2000 a été marquée par une relance de l'activité et un rattrapage de l'immobilier d'entreprise par rapport aux années précédentes. Les spécialistes rappellent l'absence de constructions jusqu'en 1998. Et pour cause !"Aujourd'hui, le niveau des loyers est à peine revenu à celui de 1992, c'est-à-dire à des prix normaux", affirme Hugues de Villard. Cette embellie n'aura duré que quelques mois. Si la demande reste importante, déjà, certains opérateurs observent sa décélération, voire une stagnation. Depuis le printemps, les dossiers, suivant le cours de la Bourse, deviennent moins urgents. D'autres parlent de mutation de la demande.


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Une mutation aussi bien quantitative que qualitative : "Les entreprises recherchent une rapidité de communication entre leur siège, leurs sites et leurs sous-traitants. Il faut reconnaître que dans ce domaine, Grenoble est mal placée", note Sylvain Michallic. Le transport routier et la traversée de l'agglomération étant incontournables, les entreprises tentent de s'adapter pour limiter les contraintes de déplacement : "Les zones se spécialisent, avec des entreprises au plus près de leurs clients et de leurs fournisseurs : micro-électronique sur Crolles et Bernin, commerce sur Champ Roman, activités tertiaires à Meylan.", reprend Hugues de Villard. "Les entreprises privilégient les zones les plus accessibles. Leurs responsables tiennent compte des soucis de circulation pour eux-mêmes et leurs salariés, en attendant la rocade Nord", renchérit Olivier Cloitre pour le cabinet Arthur Loyd. Autre évolution tracée lors la table ronde : "Les sociétés sont devenues plus exigeantes sur la qualité des zones d'activités. Elles doivent offrir des prestations et un environnement favorable. La première entreprise qui s'implante joue un rôle de locomotive", analyse Marie-France Thouvard à Territoire 38, spécialiste de l'aménagement des zones d'activités. Or remarque-t-elle, "l'extension de la Zirst de Montbonnot est achevée, Comboire est terminé et il ne reste que quelques terrains aux Ruires à Eybens ainsi qu'à Claix".


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Quels espaces restent-ils donc à conquérir ? A l'ouest de l'agglomération, les entreprises hésitaient auparavant à dépasser Sassenage. Elles n'ont souvent plus le choix. D'autant que des projets d'implantation se heurtent aux problèmes d'aménagement à l'échelle de l'agglomération. A Sassenage par exemple, nombre d'implantations sont suspendues aux évolutions du réseau routier, notamment du contournement de la ville et de la tangente Nord-Sud. Dans ces conditions, les entrepreneurs regardent en direction de Centr'Alp2 à Moirans, et, plus loin encore, vers Grenoble Air Parc à Saint-Etienne-de-Saint-Geoir. "Nous observons une pénurie de terrains en zones d'activités proches de l'agglomération, alors que nous continuons à enregistrer des demandes pour tous types d'activités. Nous rencontrons notamment des problèmes pour trouver des sites accueillant des activités logistiques. Les clients s'orientent donc vers Grenoble Air Parc", témoigne Nicolas Bazès, également conseiller en immobilier d'entreprise chez Pélissier Ronzino. Quant au Pays Voironnais, il vient de débloquer 75 ha adossés à l'autoroute sur la première zone aux portes de Grenoble. Un peu plus loin, l'axe de Bièvre dessert 150 ha ouverts y compris aux activités logistiques .

 

Patrick Le Bihan, responsable du développement de la Sem Grenoble 2000.

Il s'agit de donner le change à des zones comme l'Isle-d'Abeau. Ensuite, il faut passer de l'autre côté de Grenoble et remonter sur Chambéry pour retrouver une offre significative. Le Sierpumg propose actuellement une trentaine d'hectares et quatre-vingt, à terme, sur la ZAC de la Grande-Ile, entre le Versoud et Villard-Bonnot. Le Moyen Grésivaudan joue la carte de la diversité. "Nous disposons de toute la place nécessaire pour tout type d'activité", avance sans hésiter Marie-Claude Dupuy, la directrice du service économique du Sierpumg. "Nous avons encore quelques espaces disponibles sur Crolles, Bernin et la Terrasse, ainsi que 20 ha bloqués en vue d'une grosse implantation et d'un projet de transport en commun train-tram", poursuit-elle. Il faut encore compter avec 20 ha dédiés aux nouvelles technologies devant le site de STMicroélectronics, autant réservés à un futur pôle d'activités commerciales, toujours sur Crolles, ainsi que des extensions sur la ZAC de Champ-Sept-Laux à Champ-Près-Froges et sur celle du Verney à Brignoud. "Nous entrons directement en concurrence avec Alpespace et Savoie Technolac", constate Marie-Claude Dupuy. D'ailleurs, le schéma départemental préconise la création d'espaces d'activités bien délimités le long de la vallée jusqu'en Savoie, dans un souci d'aménagement du territoire et de développement des échanges entre Grenoble et Chambéry.


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Dans l'agglomération de Grenoble, "il n'y a plus de terrain, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus rien à faire. Il faut requalifier des espaces en tenant compte de contraintes comme la réalisation de programmes mixtes et la question du stationnement", déclare Cécile Allibe, du service économie de la ville d'Echirolles. "Le foncier est rare, mais les friches existent. La demande reste forte, il convient d'adapter l'offre. Tout est donc question d'anticipation. Le problème revient à identifier des espaces susceptibles de muter, et à prévoir leur reconquête en partenariat avec les propriétaires fonciers", analyse-t-elle. "Nous travaillons sur la qualité des zones que nous requalifions pour les rendre plus attractives", poursuit dans le même sens Véronique Bruhy, de Grenoble-Alpes Métropole. La Métro s'est déjà mise à pied d'ouvre en récupérant 38 ha (2,5 ha à Saint-Martin- d'Hères, 15 ha à Saint-Egrève et 21 ha à Murianette) pour créer trois zones intercommunales commercialisables à l'échéance 2002-2003 .

 

Dans un tout autre registre, à l'extrémité sud et est du département, le Trièves et la Matheysine connaissent bien d'autres types de problèmes. "Nous n'avons pas d'autoroute, et nous accédons au plateau par la côte de Laffrey. Ici, des industries résistent depuis 30 ans. Nous avons bénéficié d'aides publiques sur le pôle de reconversion industriel suite à la fermeture de la mine, et de petites entreprises se sont installées", témoigne Jean-Pierre Pesanti, directeur du Syndicat mixte industriel de la Matheysine. "Le parc immobilier est important. Nous offrons encore quelques disponibilités, des bâtiments en blanc et en gris. Le remplissage est difficile, mais nous y arrivons. Nous ne choisissons pas, nous accueillons toutes les entreprises qui se présentent. Certaines viennent de l'agglomération grenobloise ou lyonnaise attirée par la qualité de vie et nos prix au m2. Nous développons également une zone d'activité au pied de la Salette", conclut Jean-Pierre Pesanti. Quant au secteur du Sud-Grésivaudan, il cherche à tirer son épingle du jeu en profitant de sa desserte par l'A 49 pour dynamiser le tissu local et créer une zone à la hauteur de ses ambitions sur le secteur de Saint-Marcellin.

 

Hugues de Villard, directeur de l'agence Bourdais-De Villard.

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Qu'ils peinent à répondre à la demande ou cherchent au contraire à capter l'intérêt des chefs d'entreprises, tous les aménageurs reconnaissent que la carte de la concurrence n'est plus viable à l'échelle départementale. Surtout dans une période où l'on traite d'intercommunalité et de taxe professionnelle unique. Ils cherchent plutôt aujourd'hui à proposer aux entreprises une offre globale, et complémentaire, dans une logique de concertation entre zones d'activités. Ainsi, pour Marie-France Dupuy, "il est grand temps de donner une image plus cohérente et plus homogène de la région".




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