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Novembre 2002





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Ressources humaines
Rubrique réalisée par Fabienne Combier.

>> Le bâtiment veut séduire les femmes
Face aux difficultés de recrutement de plus en plus criantes, les professionnels du bâtiment, aidés par leur fédération, tentent de se tourner vers la maind'ouvre féminine.

Depuis 15 ans,
Béatrice Bayer a su trouver sa place dans
la peinture en bâtiment.

Cela fait 15 ans que Béatrice Bayer travaille comme peintre en bâtiment. "J'étais surtout attirée par la rénovation et la finition, avoue-t-elle. Ce qui me plaisait ? Pouvoir redonner des couleurs à d'anciens locaux." Son CAP passé à l'Afpa lui ouvre donc les portes de ce milieu. plutôt masculin. "Il est vrai que je suis entourée d'hommes, mais cela ne me dérange pas." Depuis un an, elle travaille pour l'entreprise Benoist, à Sassenage. La spécialité de cette PME de 12 salariés et 900 000 Euros de chiffre d'affaires : la peinture d'intérieur. Elle intervient auprès d'une clientèle de particuliers et d'industriels, auprès de l'administration ou encore dans le cadre de programme de constructions neuves et de logements sociaux.

Le patron, Christian Fay, reconnaît qu'il lui manque trois bons pein-tres pour faire face aux commandes. Le problème ? "Trouver du personnel qualifié et surtout motivé. J'ai engagé Béatrice, parce que je connaissais son savoir-faire et son enthousiasme au travail. Il ne faut pas se leurrer : le BTP demeure un milieu très machiste. Dès lors, je la privilégie en l'envoyant sur certains chantiers plutôt que d'autres. Mais cela ne m'empêche pas d'être aussi exigeant que pour n'importe quel autre salarié ! Et puis c'est sa force de caractère qui a permis à Béatrice de se faire respecter. Il est certain qu'une femme doit se montrer deux fois plus motivée pour intégrer le secteur. Honnêtement, aujourd'hui, le bâtiment n'est pas prêt à accueillir du personnel féminin sur les gros chantiers.
Cela nécessiterait une adaptation des conditions de travail avec des vestiaires et des sanitaires séparés. Paradoxalement, les femmes ne sont pas assez nombreuses pour que nous, entrepreneurs, puissions engager des frais qui restent, pour l'heure, à notre charge."
Le manque de personnel qualifié touche l'ensemble des professionnels du bâtiment. Société de serrurerie et ferronnerie, l'entreprise grenobloise Guillot (8 salariés) a du mal à recruter des apprentis motivés. Elle se trouve parfois dans l'obligation de refuser du travail faute d'ouvriers. "Je ne suis absolument pas opposé à l'embauche d'une femme, admet le patron Pierre Guillot. J'envisage même sérieusement cette solution, à condition qu'il y ait des candidates ! Dans notre métier, nous réalisons un nombre important de dépannages. Nous pourrions tout à fait travailler en binôme." Dans un premier temps, la fédération du BTP Isère cherche donc à identifier et informer les entreprises intéressées. "Le message que nous souhaitons faire passer est que le bâtiment peut proposer de véritables carrières aux femmes avec des perspectives d'évolution, explique Jean-Philippe Martin, chargé de mission formation au sein de la fédération du BTP Isère. La DDTE et l'Afpa sont chargées, de leur côté, de détecter les futures candidates et de leur proposer des plans de formation personnalisée." Il existe encore de nombreux préjugés et des freins réels à la féminisation de la profession, tel l'aménagement de locaux appropriés. Mais la porte est désormais entrouverte.

 
>> Question à
Sylvie Raspail, responsable du Cesi-Dauphiné-Savoie

Quelles sont les nouveautés de l'automne ?

"Le Centre d'études supérieures industrielles s'est tout d'abord implanté au cœur du quartier d'affaires grenoblois, sur le site d'Europole. Nous disposons, sur place, de trois salles de formation avec, de plus, la possibilité de louer des salles à l'extérieur selon les besoins.
Dès cet automne, nous offrons de nouvelles formations sur l'organisation du temps, la gestion du stress, les transports et opérations douanières, mais également sur la sécurité et l'évolution des risques industriels avec l'instauration d'une formation à la fonction de "responsable sécurité". Le Cesi se veut à la pointe en matière d'évolution des compétences. Il souhaite proposer aux entreprises des outils d'accompagnement aux évolutions du marché et aux changements législatifs. C'est pourquoi nous avons décidé l'instauration de journées de formation dans des domaines propres à l'expertise immobilière (amiante, plomb, gestion des états parasitaires). Par ailleurs, nous poursuivons le dispositif Arcadre accompagnant les techniciens vers des fonctions cadres. Le titre, homologué par l'Etat, s'intitule depuis peu "manager industriel". La formation, d'une durée de deux ans, permet à un technicien de niveau bac + 2 d'accéder à un niveau bac + 4. Nous avons déjà de belles perspectives de recrutement pour la prochaine session qui démarrera en avril 2003. Nous développerons également notre présence dans les domaines de la qualité, de l'organisation et de la gestion industrielles, de la gestion des ressources humaines... Le renforcement des offres de formation sur Grenoble et sa région fait partie des priorités de Dominique Juttard, directeur régional du Cesi depuis avril dernier."


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Présences est édité par la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble - 70 000 lecteurs - 9 numéros par an