On l'avait annoncée, elle a eu lieu : la généralisation de l'économie de réseau bouscule profondément les échanges entre les sociétés. Internet touche aujourd'hui 100 % des grandes entreprises de la région, plus de 80 % des PME-PMI et 50 % des commerces. Le médium technologique ne permet pas seulement d'intensifier les relations économiques. Il offre aussi la possibilité de collecter et d'organiser l'information pertinente pour le développement de l'entreprise. A la faveur de processus intégrés, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à développer des outils de partage et de diffusion de la connaissance. |
Le Château
de Sassenage, par exemple, a récemment mis au point une
plate-forme collaborative avec des historiens, des juristes et
des archivistes de différentes régions d'Europe
pour étudier la faisabilité d'un projet de site
web dédié aux relations marchandes entre la région
et la Méditerranée depuis le XVe siècle.
Ce projet illustre l'évolution des pratiques de travail
: les technologies permettent le rassemblement de compétences
isolées. Encouragée par des messageries unifiées,
les groupwares ou les forums, la convergence des informations
et des savoir-faire de chacun offre de véritables gisements
de valeur ajoutée.
Interroger l'avenir.
Toutes les structures, quelles que soient leur taille et leur activité, ont aujourd'hui besoin d'informations fiables et actualisées, à la fois pour s'y retrouver dans un environnement économique en pleine transformation, et pour décider au mieux de leurs intérêts et de leurs objectifs. "Dans notre métier où tout bouge très vite, nous devons avoir accès à des informations utiles en permanence pour ajuster notre offre", explique par exemple Hans Seelmayer, directeur de l'hôtel Ugerel-Alpexpo. Jean-Claude Meyer, directeur du cabinet Tempora Mores à Vienne, spécialiste dans le conseil et l'accompagnement au développement des PME-PMI, insiste sur l'utilité du knowledge management.
|
 |


"Dans notre métier où
tout bouge très vite, nous devons avoir accès à
des informations utiles en permanence pour ajuster notre offre",
explique Hans Seelmayer,
directeur de l'hôtel Ugerel-Alpexpo.
|
|
"La complexité accrue de l'environnement des entreprises
impose au dirigeant une connaissance précise et constamment
actualisée des métiers, des marchés, des
pratiques ou même des lois", alerte cet expert de la
communauté Performance industrielle d'Ecobiz. "A titre
d'exemple, les forums de discussion que l'on voit se développer
sur Internet insistent beaucoup sur le phénomène
de délocalisation et de l'outsourcing. C'est une préoccupation
importante qui met en balance le profit à court terme et
l'avenir de nos entreprises. Internet permet d'interroger les
experts et de recueillir les avis d'autres dirigeants pour avancer
dans cette réflexion cruciale, qui touche toutes les activités
à un moment donné de leur développement."
Seul dans son coin, le dirigeant ne peut pas résoudre de
tels problèmes : il doit consulter les avis, les confronter.
"Les forums constituent des vitrines qui exposent fidèlement
les préoccupations des entreprises. Moi-même, j'y
pioche beaucoup d'informations pour avancer dans ma propre veille
et optimiser notre service selon les besoins détectés."
|
|
Efficacité
pour tous.
Les nouvelles technologies de l'information,
loin de remplacer l'homme, l'aident à capitaliser ses compétences
et sa mémoire : "La fiabilité est acquise,
les coûts sont maîtrisés, alors allons-y !
Les nouvelles technologies renforcent la pertinence de l'information
pour nous rendre tous plus efficaces", confirme Jean-Jacques
Eleouet, directeur du Château de Sassenage. C'est aussi
la conviction d'Adeline Roche, responsable du pilotage de production
au sein de Trixell. Cette jeune société spécialisée
dans la radiologie numérique double son chiffre d'affaires
chaque année. Elle est aussi au cur d'une démarche
d'amélioration continue permanente : "Dans ce contexte
de très forte croissance, les équipes de production
de Trixell ont besoin d'obtenir des informations utiles à
chaque instant. C'est pourquoi nous avons mis en place un système
d'information complet, qui associe, outre le réseau informatique
classique, un Intranet, un progiciel SAP et la solution collaborative
Visual SPC", énumère Adeline Roche. Cette batterie
de dispositifs irrigue toute l'entreprise, mais aussi les actionnaires,
à savoir Siemens et Philips, et l'environnement extérieur.
"Nous sommes amenés à partager des problématiques
communes avec des professionnels d'autres sociétés,
ainsi que des experts, que ce soit sur la gestion de la qualité,
l'ordonnancement, le lancement de nouveaux produits ou encore
le suivi d'ateliers", explique-t-elle. Son adhésion
à la plate-forme Ecobiz lui permet en outre de confronter
ses pratiques et méthodes de production à celles
de ses homologues.
|
|
Une information
thématique pertinente et ciblée.
Le croisement des pratiques stimule la
créativité, la veille partagée affûte
les décisions. "Des actions collectives se structurent
dans l'ensemble des secteurs d'activité. L'économie
en réseau est en marche et son avènement n'est pas
réservé aux grandes entreprises high-tech",
constate Jean-Claude Meyer. L'échange de savoirs se révèle
même essentiel pour les PME-PMI, dont les performances dépendent
plus étroitement que les grands groupes de décisions
et de méthodes rigoureuses. Le commerçant de quartier
est aussi confronté à des besoins d'information
pour son développement et sa survie. "L'information
constitue pour l'entreprise un enjeu majeur. Plus que jamais,
l'entreprise vit de l'information : information sur ses produits,
ses marchés, ses collaborateurs, son environnement. C'est
ce qui l'irrigue et ce qu'elle doit capitaliser pour gagner en
temps et en réactivité dans ses décisions",
justifie Claude Bour, directeur général de la Chambre
de commerce et d'industrie de Grenoble. C'est bien pour encourager
cet esprit d'échange et de partage de l'information que
la CCI de Grenoble a créé Ecobiz, premier réseau
de compétences et de communautés de pratiques mené
à l'échelle d'un territoire. Pour la CCI, c'est
un moyen privilégié pour renforcer son rôle
d'animateur et de fédérateur au service de la performance
des entreprises. Les entreprises sont convaincues de la démarche
: plus de 3 000 acteurs économiques sont déjà
engagés dans le dispositif. La notion de partage, qu'on
jugeait hier incompatible avec les enjeux concurrentiels, est
acquise : on ne vient pas ici dévoiler ses secrets de fabrication,
mais mettre ses expériences en perspective et enrichir
sa connaissance de l'environnement économique et des marchés.
Pas une journée ne se passe sans que de nouveaux adhérents
rejoignent Ecobiz : "Le principe de structuration autour
de communautés d'usagers thématiques attire du monde.
Du monde qui exprime de nouvelles idées et de nouvelles
demandes dans une vision de progrès constant", se
réjouit Francis Fiesinger, responsable de la communauté
Tourisme.
|

Toutes les entreprises
concernées.
Pascal Vernade, directeur général
d'une unité spécialisée dans l'imagerie médicale
chez Thalès (CA 2003 : 85 M€, 400 personnes), a tenu
à impliquer la société dans l'ensemble des
communautés. "A part le Pôle Productique de
Saint-Etienne, il n'y avait pas, à ma connaissance, d'autre
site régional pour échanger sur les bonnes pratiques
d'amélioration de la qualité. En tant que président
d'un joint-venture en Chine, je reste très attentif aux
informations diffusées par la communauté International
d'Ecobiz. Les informations diffusées ici sont particulièrement
précieuses dans la mesure où des entreprises comme
les nôtres doivent nécessairement envisager l'export
pour développer leur croissance. Pour ma part, j'y découvre
d'autres pays et d'autres marchés à prospecter."
Convaincu de la pertinence d'Ecobiz, Pascal Vernade pratique l'évangélisation
à l'échelle de Centr'Alp à travers sa fonction
de président de l'association des industriels (170 entreprises,
5 000 emplois) : "Beaucoup de TPE ont à cur
d'étendre leur toile. Ecobiz est tirée par les grandes
entreprises, mais les plus petites y puisent une information essentielle
à leur développement : elles y trouvent des points
de repère sur tout ce qui se passe dans le bassin grenoblois
et peuvent facilement identifier de nouveaux marchés."
Un argument repris par Véronique Chanas, responsable de
la communauté Jeunes entreprises : "Ecobiz s'adresse
aux sociétés et commerces de toute taille et quel
que soit leur âge. Pour les plus jeunes, nous fournissons
des outils de gestion pratiques et répondons à leurs
questions d'anticipation. Une communauté de créateurs
d'entreprise devrait voir le jour sous peu, avec un aménagement
tarifaire adapté à leurs ressources."
|
 |
"En tant que président d'un
joint- venture en Chine, je reste très attentif aux
informations diffusées par la communauté International
d'Ecobiz", remarque Pascal
Vernade, DG d'une unité spécialisée
chez Thalès.
|
Rapprocher les acteurs.
"Nous avons conçu Ecobiz comme
un produit d'intelligence économique à la fois concret,
simple et efficace. Il s'inscrit dans une démarche d'innovation
permanente, auto-alimentée par la dynamique de réseau",
renchérit Claude Bour. Cette notion de réseau contribue
d'abord à forger l'identité économique de
la région. Au-delà du virtuel, la démarche
prend sa plénitude dans la connaissance des hommes et la
qualité des relations qui peuvent naître entre eux.
Ecobiz, avec biz comme
bise ? En tout cas, pour beaucoup,
la finalité de tels échanges réside dans
la rencontre physique avec les interlocuteurs. Pour nouer des
alliances techniques par exemple, mais plus prosaïquement
pour favoriser le business. Hans Seelmeyer, directeur de l'hôtel
Ugerel-Alpexpo, s'est investi dans Ecobiz avec un objectif clair
: trouver des partenaires pour monter des solutions packagées.
L'ancien président du Skal Club croit à l'esprit
de synergie pour engager des initiatives nouvelles et attrayantes.
"Les acteurs du tourisme doivent éviter l'isolement
et se rassembler pour défendre une destination tout entière.
Dans notre métier plus qu'ailleurs, l'esprit de réseau
doit prévaloir sur la concurrence : ensemble, nous devons
trouver les ressources et la créativité nécessaires
pour ajuster notre offre et faire des affaires." Visiblement,
le chacun-pour-soi n'est plus de mise. L'entreprise connectée
est à la fois apprenante et ouverte, et, au-delà
même de l'information qu'elle offre, partage sa confiance.
Confiance, une ressource essentielle pour l'économie du
XXIe siècle ?
|
 |
"Ecobiz s'adresse aux sociétés
et commerces de toute taille et quel que soit leur âge",
affirment Véronique Chanas et Francis Fiesinger,
responsables respectivement des communautés Jeunes entreprises
et Tourisme.
|
haut

|