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Présences Grenoble
Aménagement — Le 30 avril 2026

EDF Hydro Alpes investit 35 M€ pour le bassin du Flumet

Aussi discrète que puissante et essentielle, la centrale hydroélectrique du Cheylas produit autant d’énergie qu’un demi EPR. Depuis 2023, EDF a investi environ 50 M€ pour la maintenance, la modernisation et le développement de son parc de production dans le Grésivaudan, dont 35 M€ sur le chantier de gestion sédimentaire du bassin du Flumet. Retour sur les principaux aménagements.

Bassin du Flumet.
Bassin du Flumet. © EDF - D. Guillaudin

La centrale du Cheylas est l’une des six STEP (Stations de Transfert d’Energie par Pompage) exploitées par EDF en France. Elle fournit 500 MW, ou de quoi alimenter une ville de 253 000 habitants en électricité. Ouvrages stratégiques, les STEP représentent le principal moyen de stockage d’électricité à grande échelle. En heures creuses, l’électricité excédentaire est utilisée pour pomper l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur ; en heures de pointe, l’eau est relâchée du bassin supérieur, actionnant les turbines qui produisent de l’électricité. En cas de besoin réseau, la centrale est en mesure d’atteindre sa puissance maximale en seulement trois minutes. Le bassin du Flumet constitue le bassin supérieur de la STEP du Cheylas. Situé entre Allevard et Saint-Pierre-d’Allevard, il est alimenté par les eaux de la rivière Arc et fait l’objet, depuis sa construction en 1979, d’un envasement progressif. En 2020, il avait perdu près de 30 % de sa capacité initiale, occasionnant des désagréments pour les riverains et une perte de productivité pour la centrale.

Centrale du Cheylas. © EDF - D. Guillaudin
Centrale du Cheylas. © EDF - D. Guillaudin

 

Un chantier hors normes 

Afin de restaurer sa capacité originelle, EDF a lancé en 2023 une vaste campagne de travaux, consistant à évacuer 1 500 000 m3 de sédiments en quatre ans (entre 2025 et 2028), soit l’équivalent de 30 000 camions par an. Une option inenvisageable. Une solution innovante, à la fois curative et préventive, a donc été imaginée : un conduit d’évacuation des sédiments, presque entièrement souterrain, d’une longueur de 7 km et d’un diamètre de 40 cm sur un dénivelé de 300 m, a été installé, depuis le bassin du Flumet jusqu’à l’Isère. Le dragage est quant à lui accompli par un robot hors norme, conçu pour l’occasion et nommé Super Nessie, capable de descendre jusqu’à 300 m de fond et de traiter entre 200 et 300 m3 de sédiments par heure. Quatre campagnes de curage annuelles sont programmées entre avril et août. La première a démarré en 2025, et la seconde vient de débuter. Ce chantier exceptionnel a été réalisé en concertation étroite avec les élus et les habitants du territoire. Il a fait intervenir plus d’une vingtaine d’entreprises spécialisées telles que Midali, Rampa et Colas. Selon EDF, « ces campagnes représentent la plus importante opération de dragage lacustre jamais réalisée en France ».

P. Napoletano

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