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Présences Grenoble
Tourisme — Le 1 juin 2026

Hôtellerie-restauration : la profession a sa Maison

L’union des métiers et des industries de l’hôtellerie de l’Isère (Umih 38) a inauguré le 26 mars son nouveau siège à Grenoble, en présence du grand chef étoilé Thierry Marx, président confédéral de l’Umih. Une adresse fédératrice et un marqueur fort pour le syndicat professionnel qui compte parmi les dix premières fédérations départementales de l’organisation. Danièle Chavant, présidente de l’Umih 38, s’exprime sur cette nouvelle page et les défis de la profession.

Danièle Chavant, présidente de l’Umih 38 © Franck Ardito
Danièle Chavant, présidente de l’Umih 38 © Franck Ardito

Pourquoi avoir créé la Maison de l’hôtellerie-restauration de l’Isère ? 

Danièle Chavant : C’est un projet que je nourris depuis longtemps. Lorsque j’ai été élue à la présidence de l’Umih38, en 2018, nous recensions 430 adhérents. Nous sommes près de 800 aujourd’hui. Un nombre qui nous hisse parmi les dix premiers départements en France. Dans les 4 500 cafés, hôtels, restaurants, traiteurs et discothèques de l’Isère, nombreux sont les dirigeants qui habitent dans leur établissement. C’est en quelque sorte « leur maison ». L’Umih38 se devait de leur proposer un lieu à leur image, où ils se sentiraient accueillis et chez eux. 

Au-delà de l’esprit de famille, c’est un vrai concept ? 

Complètement, et il a été salué en tant que tel à Paris. J’ai voulu une Maison qui puisse exprimer notre savoir-faire dans l’art de recevoir. Le projet a consisté à acquérir, en 2025, le plateau de l’ancienne librairie Paillet, avenue Jean-Perrot, tout proche du centre-ville. Après sept mois de travaux et 450 k€ d’investissement, nous l’avons transformé en un siège élégant et fédérateur. Plusieurs espaces, dont une salle de séminaires de 20 à 24 personnes, un salon d’une capacité de huit à dix personnes, permettent aux adhérents de se réunir. Un bar d’application offre la possibilité aux alternants de pratiquer et de se former. La Maison est aussi le siège de tous nos partenaires : l’Association des Maîtres restaurateurs, des Logis de France, le Club hôtelier Grenoble Alpes Dauphiné, la fédération départementale des offices de tourisme et Aktiveo Formation, chargée de délivrer les titres obligatoires (permis d’exploitation, hygiène alimentaire…) et de nous former. La présence juste à côté du restaurant d’insertion l’Arbre fruitier permettra également d’imaginer des actions communes. 

Il s’agit de rassembler, au moment où la profession exprime ses difficultés ? 

Oui, clairement. Si le nombre de défaillances en France est en hausse de 3,1 % en 2025, il a augmenté de 9,2 % dans la restauration et de 6,2 % dans les débits de boisson. L’année 2026 aurait dû montrer une accalmie, mais ce n’est pas le cas : nos établissements ont connu un recul de 73 % de fréquentation pendant le week-end de Pâques. Notre secteur enregistre 25 fermetures par jour ! Bien sûr, la crise du Moyen-Orient est venue ajouter de l’incertitude, et l’augmentation du prix du carburant pèse sur le budget des ménages. Mais de façon structurelle, le coût des charges et des salaires pèse sur nos entreprises. Et toute la chaîne des fournisseurs fait exploser ses tarifs. Quelques exemples : l’approvisionnement, même en produits frais et locaux, se renchérit. Les viticulteurs exigent désormais un règlement à l’avance des commandes. La blanchisserie liée au nappage peut représenter jusqu’à 3 € sur le prix d’un menu… Face à cette inflation, nos établissements deviennent des couteaux suisses : pour survivre, il faut être performant sur tout. Résultat : l’enquête réalisée en mars 2026 par l’Umih révèle qu’il y a 65 % d’adhérents « inquiets », 10 % d’« alarmés » et seulement 25 % de « confiants ». 

Quelles sont les pistes que vous mettez en œuvre ? 

Au niveau local, notre syndicat apporte des services aux adhérents (juridique, réglementaire, fiscal, social…), promeut la profession auprès du public et accompagne leur transformation sur les sujets du numérique, des nouvelles attentes des clients… Au niveau national, l’Umih défend nos métiers. Nous militons pour le maintien de l’apprentissage et contre l’utilisation des titres-restaurants dans la grande distribution, une décision prise pendant le Covid, qui représente 1 Md€ et ne peut rester en l’état. Car nous jouons un rôle acteur majeur pour la sauvegarde des communes et l’attractivité des territoires. Les touristes étrangers apprécient la France et ses régions pour cet art de vivre et l’âme qu’ils trouvent dans nos établissements. Que seraient les stations de ski sans son hôtellerie et sa restauration ? Cela doit être vrai aussi à Grenoble, où le taux d’occupation des hôtels reste trop faible. À ce titre, les pouvoirs publics ont une responsabilité forte dans leurs décisions. Par exemple, nous manquons d’un lieu prestigieux pour des dîners de gala d’une capacité d’au moins 500 personnes. Cela pourrait devenir la vocation de l’ancien musée de Peinture, face à la préfecture. Au niveau des événements ou festivals, je défends l’idée d’un carnaval des neiges, sous la forme d’un défilé des stations dans la capitale des Alpes, suivi d’une nuit blanche, dans une ville qui se parerait de blanc. Stendhal, la Révolution française, le patrimoine industriel et scientifique sont d’autres thèmes forts. Il y aurait tant à imaginer ! 

E. Ballery

Infos clés

  • CHRDT : cafés, hôtels, restaurants, discothèques, traiteurs
  • En Isère : 4 500 entreprises, 11 000 salariés
  • En France : 1 million de salariés, 220 000 saisonniers
  •  

A savoir

  • Il y aurait tant à imaginer pour faire venir davantage de touristes à Grenoble ! 

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