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Présences Grenoble
Classement — Le 5 décembre 2020

Leader de l'année : Les puces à LED d’Aledia révolutionnent la technologie des écrans

Le spin-off du CEA-Leti, fondé en 2012, a démarré en 2019 sa feuille de route pour industrialiser massivement sa technologie MicroLED 3D, destinée aux écrans grand public. En octobre, Aledia a levé 80 M€ pour implanter, d’ici deux ans, la première usine de fabrication de MicroLEDs 3D en grande série à Champagnier. Un acte majeur qui illustre une voie de réindustrialisation possible en France.

Giorgio Anenia, PDG d'Aledia
Giorgio Anenia, PDG d'Aledia © Aledia

En quoi l’année 2019 signe-t-elle un tournant pour Aledia ?

Giorgio Anania, PDG d'Aledia : En 2018, la société était encore une entité de recherche et développement implantée au CEA-Leti. J’ai recruté un directeur des opérations pour commencer à envisager l’industrialisation de notre technologie. En 18 mois, cet ancien de Soitec a bâti une machine de guerre, c’est-à-dire mis en place les compétences de production, installé les procédures de qualité (ISO 9001), et transféré nos équipements dans nos nouveaux locaux d’Échirolles en les faisant fonctionner aux meilleurs standards de coût et de fiabilité. Cette phase d’exécution et de démonstration était fondamentale. Au CEA, nous bénéficions d’infrastructures de pointe, mais implanter de nouveaux équipements – des machines avec une valeur de plusieurs millions d’euros à chaque fois – demandait un temps de latence. Être installés depuis 2019 sur notre propre site permet d’aller plus vite, et donc de maintenir notre avance technologique. Nous mettons à présent toute notre énergie à préparer l’étape suivante : le lancement en 2022 d’une production de puces à LED et le démarrage du site de 52 000 m2, dont 18 000 m2 de salles blanches, à Champagnier. Ce site devrait monter à plein régime mi-2023, en employant à l’horizon 2025 jusqu'à 500 salariés. En parallèle, nous avons conclu un partenariat stratégique avec une fonderie de rang international, Tower Semiconductor, pour être en capacité de lancer la production dans les volumes attendus par les marchés mondiaux.

En 2020, vous avez réalisé une levée de fonds remarquée de 80 M€…

GA : Construire un nouveau leader dans la technologie des écrans nécessite un investissement industriel de 200 à 400 M€ sur cinq ans. Ce sont des montants considérables. Dans le même temps, on parle bien du marché mondial des écrans, estimé à 120 milliards de dollars par an. Notre technologie de nanocristaux 3D, protégée par 197 familles de brevets, a vocation à remplacer la technologie actuelle des écrans à cristaux liquides et OLEDs, pour tout type de produits – ordinateurs portables, tablettes, smartphones, lunettes à réalité augmentée et même télévisions… Elle permettra de bénéficier d’écrans à haute définition et à faible consommation d’énergie, avec une brillance 1 000 fois supérieure aux écrans existants et une meilleure qualité d'image. Elle représente une condition pour la diffusion de nouvelles technologies comme la réalité augmentée ou les voitures autonomes. La réalité augmentée n’est pour l’instant pas très opérante, car le cerveau est capable de déceler immédiatement cette réalité reconstituée. Demain, ce ne sera plus le cas grâce à la qualité des puces qui composeront l’écran. Les lunettes de réalité augmentée basée sur les microLED de nouvelle génération représentent une plateforme clé de l’avenir, et tous les GAFAM y travaillent, comme de grands opérateurs en Asie. Affirmer une ambition en Europe dans ce domaine, avec une solution performante qui a déjà été reconnue par des acteurs mondiaux, représente un enjeu colossal, et c’est notre pari. Ce projet industriel a reçu le soutien du fonds SPI, géré par Bpifrance dans le cadre des investissements d’avenir, et de nos investisseurs historiques, dont Intel Capital. Les retombées en termes de relocalisation industrielle peuvent être considérables si une filière industrielle autour des écrans renaît en France et en Europe.

Votre site peut y contribuer ?

GA : Oui, c’est en partie ce qui se joue ici. Pour notre site industriel, nous avions deux pistes à l’étude, l’une dans le sud de la France, l’autre en Asie. Nous n’avions pas étudié le site de Grenoble, car il n’existait plus de capacités disponibles en salles blanches. Mais tout l’écosystème local, régional et même français s’est mis en mouvement autour de notre projet. Champagnier s’est finalement imposé comme la meilleure alternative. Ce volontarisme autour de l'industrie et d'une ré-industralisation des territoires est nouveau en France. Obtenir de grands résultats dans ce domaine nécessite de savoir prendre des décisions fortes et risquées.
É. Ballery

Dates clés

  • 2012
    Création d’Aledia, spin-off du CEA-Leti, installé dans des préfabriqués surnommés “Le Garage”
  • 2019
    Installation du siège social, du centre de R&D et d’une ligne industrielle pilote à Échirolles, Montant de l’investissement : entre 50 et 60 M€
  • 2020
    - Levée de fonds de 80 M€
    - Acquisition des terrains pour la création d’un site industriel à Champagnier
    - Montant de l’investissement : 140 M€ (dont 100 M€ d’équipements industriels)
    - Effectif : 130 personnes
  • 2022
    Démarrage de la production en grande série à Champagnier

A savoir

  • L'enjeu est de faire émerger une filière industrielle autour des écrans de nouvelle génération

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