Conjoncture : la reprise des investissements, l’enjeu de 2026
Après le bilan globalement décevant de 2025, les chefs d’entreprise tablent sur une reprise d’activité en 2026, annonce l’étude de la Banque de France en Auvergne-Rhône-Alpes.
Le redémarrage entamé fin 2025 se confirmera-t-il en 2026 ? Pour l’année écoulée, « l’ensemble est assez mitigé, avec un effet négatif pour la plupart des secteurs », analyse Olivier Danès, directeur départemental de la Banque de France en Isère, lors de sa conférence le 5 février à Grenoble. Il a présenté les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par la Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes, en janvier 2026, auprès de 4 350 entreprises de la région, issues des secteurs de l’industrie (50%), d’une partie des services marchands (15%) et du BTP (24%). Des estimations fournies par les chefs d’entreprises, « représentatives, mais pas exhaustives ».
Après un net ralentissement observé depuis fin 2023, l’activité industrielle connaît un sursaut depuis fin 2025 en AURA et semble se stabiliser, en recul modéré sur l’année 2025 de 1 %. Seule l’industrie agroalimentaire connaît une évolution positive (+2 %), confirmant son dynamisme de ces dernières années dans la région, tandis que le textile-habillement-cuir et les fabrications de produits en caoutchouc-plastiques enregistrent le plus fort repli, à -5 %.
Reprise timide de la construction
Les services marchands ont mieux résisté avec une légère hausse des prix (+2 % de CA) et une activité en baisse de 1 %. Après un creux marqué en 2023 et 2024, la construction voit ses carnets de commandes en progression et enregistre un léger mieux fin 2025, « encore trop fragile pour être vraiment positif », nuance Olivier Danès. Le gros œuvre reste sinistré en 2025, tiré vers le bas par la construction neuve, mais espère une amélioration mi-2026. Si une reprise était attendue du côté des investissements d’entreprises, la baisse est à nouveau marquée en 2025 : -21 % dans l’industrie, -12 % pour les services marchands et -3 % dans la construction, dans un contexte d’incertitudes lié notamment à l’attente du vote du Budget 2026.
Prévisions 2026
Dans le secteur industriel, les chefs d’entreprise interrogés sont plutôt optimistes. Ils tablent pour l’année à venir sur la reprise de la progression de leurs activités en volume (+3,5 % attendus) et en valeur (+1,9 %), selon les secteurs. Dans les services marchands, la hausse du chiffre d’affaires des activités informatiques est estimée à 7 %, quand d’autres domaines comme le transport-entreposage s’attendent à une hausse plus modeste, de l’ordre de 2 %. La construction envisage, « mais avec une grande prudence », une progression de 2 % de l’activité, avec la reprise de la construction et rénovation, tandis que les travaux publics anticipent une légère baisse, les élections municipales de 2026 mettant un frein aux décisions d’investissements. L’emploi devrait se renforcer dans les services (+3 %) et être stable dans la construction et l’industrie. La décélération de l’emploi en intérim devrait se poursuivre. Si l’essentiel des espoirs repose sur la reprise des investissements, les prévisions dans ce domaine restent toutefois prudentes pour l’ensemble des secteurs.
A. Fourney

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