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Industrie — Le 5 octobre 2017

Industrie de process : Force et innovation de géants de l’industrie

Chimie, papeterie, cimenterie, ont depuis toujours façonné le paysage industriel grenoblois. Des secteurs plus que jamais en pointe dans leur domaine.

Le ciment artificiel, né en Isère, avec Vicat. ©Vicat

La notoriété de Louis Vicat, ingénieur français, élève de l’École centrale de l’Isère et inventeur du ciment artificiel, a largement débordé les frontières. C’est au Genevrey-de-Vif qu’ont démarré en 1853 les travaux de construction de la première cimenterie de la société Vicat, fondée par son fils, Joseph. Cette usine a signé l’acte de naissance d’un groupe international employant, en 2017, 8 000 collaborateurs dans 11 pays (dont plus de 800 en Isère, générant 3 000 emplois indirects). Aujourd’hui, l’usine de Saint-Laurent-du-Pont est l’une des rares à produire du ciment naturel. La cimenterie de Saint-Égrève produit un ciment artificiel (Ultimat), notamment utilisé pour le tunnel Lyon-Turin, qui présente d’excellentes propriétés pour les travaux souterrains. Le site fabrique aussi un ciment bas carbone (Alpenat), issu de la R&D du groupe. “Cette génération de produits de construction doit permettre de réduire l’empreinte carbone du process de fabrication de 30 %. Associés aux nouveaux composants de l’enveloppe du bâtiment, ils génèrent une amélioration des performances isolantes de 20 % et une réduction de coût d’exploitation de l’ordre de 15 %”, explique Grégoire Douillet, directeur commercial Ciment France Vicat et président de l’organisation professionnelle Cimbéton. Un matériau qui intéresse de nombreux acteurs locaux, sensibles à l’impact environnemental, et qui alimente, en aval, l’innovation d’une autre filière dynamique en Isère, le BTP.

Le poids d’une industrie centenaire

La chimie compte aussi parmi les industries clés à Grenoble. Le secteur est historiquement ancré sur le territoire et relié aux autres sites d’Auvergne-Rhône-Alpes, première région de production chimique en France. Il dispose localement de deux plates-formes centenaires, basées sur la chimie du chlore et de ses dérivés. Pont-de-Claix accueille des acteurs internationaux comme Vencorex, Isochem, Novacid, Suez RR IWS, Air Liquide, Solvay, et Jarrie héberge les activités d’Areva, Arkema, RSA Le Rubis. Toutes ces entreprises génèrent 1 Md€ de chiffre d’affaires, dont plus de 50 % à l’exportation, plusieurs dizaines de millions d’investissements par an, et recourent à 80 % à la sous-traitance iséroise. Les sites se sont fortement modernisés ces dernières années et certaines sociétés ont renforcé leur place de leaders mondiaux dans leurs domaines respectifs, comme Vencorex dans les composants pour revêtements polyuréthanes. 

Depuis 2015, Pont-de-Claix communique à l’international sous l’appellation “Grenoble Chemical Park” afin de promouvoir ses atouts et l’implantation d’activités, axées notamment sur la valorisation de l’hydrogène comme énergie nouvelle. D’autres sociétés complètent la filière comme Stepan Europe, fournisseur de tensioactifs, polymères, et produits de spécialité, ou Sudlac, fabricant de peintures respectueuses de l’environnement. La chimie grenobloise participe pleinement aux projets d’innovation du pôle de compétitivité chimie-environnement régional Axelera.

Papeterie : une industrie en révolution

L'industrie papetière
L'industrie papetière historiquement présente à Grenoble. ©AdobeStock

Une autre industrie a prospéré du fait du potentiel hydroélectrique de la région grenobloise : la papeterie. Trois sites industriels positionnés sur des produits à forte valeur ajoutée – papier non tissé à usage médical, industriel, hygiène ; matériaux auto-adhésifs ; papiers spéciaux, sacs sur mesure ou à haute résistance… – représentent environ 450 emplois.

“Ces entreprises exportent en moyenne plus de 50 % de leur production. Elles savent rester performantes et compétitives grâce à une politique constante d’innovation et d’investissements”, retrace Patrick Jeambar, président du Groupement des industries papetières Sud-Est (Gipse). Les deux groupes Munksjo et Arjowiggins disposent chacun d’un centre de R&D contribuant à leur stratégie d’innovation mondiale, rassemblant 75 chercheurs au total.

Mais Grenoble se distingue encore par deux structures uniques : l’école d’ingénieurs Pagora, spécialisée dans la fibre cellulosique, les matériaux biosourcés, l’électronique imprimée, dont les diplômés sont recherchés dans le monde entier ; et le Centre technique du papier, organisme de recherche et de développement industriel aux collaborations internationales. “C’est ici que s’invente le papier sécurité et intelligent de demain.”

E. Ballery

Infos clés

Recherche
• Laboratoires de recherche de l’Université Grenoble-Alpes et du CNRS
• Centre technique du papier

Formation
• Université Grenoble-Alpes : large offre de formations, de la licence au doctorat
• Grenoble INP : école d’ingénieurs Pagora (sciences du papier, de la communication imprimée et des biomatériaux)

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