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Industrie — Le 5 octobre 2018

La filière BTP en mutation !

Transitions numérique et environnementale, gestion des innovations et des compétences, optimisation des pratiques de conduite de chantier… le BTP entre dans une ère de mutations sans précédent. Comment les entreprises de la région grenobloise s’adaptent-elles aux transformations en cours ? Comment s’organisent-elles pour trouver les ressources dont elles ont besoin sur un marché du travail en tension ? Le point sur un secteur stratégique pour l’économie locale.

© AdobeStock

“Quand le bâtiment va, tout va.” En 2017, l’adage s’est, une fois de plus, vérifié. Comme pour l’ensemble de l’économie, le secteur a bénéficié d’une croissance forte, et même très dynamique, à +4,7 % au niveau national. Près de 20 000 emplois ont été créés, portés par la hausse des mises en chantier de logements et de locaux industriels et tertiaires. Du côté des travaux publics, une reprise de l’investissement local, correspondant à l’étape de “mi-mandat”, la phase du cycle électoral la plus favorable pour les collectivités territoriales, exerce ses effets. L’embellie n’a toutefois fait que rattraper le niveau d’activité de 2012. “Entre 2014 et 2016, nos entreprises ont connu un effondrement de leurs marchés, jusqu’à -30 % en volume. Elles ont depuis des carnets de commandes plus garnis, progressant à un rythme de +30 % en cumul sur 2017 et 2018, mais sans retrouver les niveaux de production qui prévalaient avant 2009, commente Thibault Richard, président de la Fédération du bâtiment et travaux publics de l’Isère. Cette violence des cycles est contre-productive, car elle affaiblit la trésorerie des entreprises. Elle les empêche aussi de préparer l’avenir, en investissant durablement dans les nouvelles compétences et la formation des hommes”, poursuit-il.

Le BTP à l’heure de la transition numérique

Préparer l’avenir est pourtant bien la question de fond qui se pose au secteur. Car le bâtiment et les travaux publics entrent à leur tour dans une ère de mutations sans précédent. Le premier volet de cette transformation, le plus prégnant, est la transition numérique, au travers du BIM (Buiding Information Modeling). Cette “maquette numérique du bâtiment” permet aux acteurs du bâtiment d’échanger en temps réel et à distance des plans numériques représentant l’ouvrage en 3D, d’effectuer facilement des modifications tout en retraçant l’historique des interventions. Elle améliore également la communication avec les maîtres d’ouvrage et les exploitants du futur bâtiment, qui disposent de toutes les informations pour réaliser les opérations de maintenance. Elle ouvre enfin la voie à la notion de cycle de vie du bâtiment, en intégrant toutes les étapes, de la conception, la construction, l’exploitation, la réhabilitation, à la gestion des déchets issus de la déconstruction. Cette démarche représente néanmoins un véritable gap culturel pour les entreprises. “Des pionniers se sont déjà équipés ou sont en train de se former. Moins qu’une question générationnelle, le BIM est un révélateur de l’appétence et de l’ouverture des dirigeants vis-à-vis des nouvelles technologies”, constate la FBTP Isère. L’organisation professionnelle favorise la transition en proposant des formations, un site dédié (www.ffbim.fr), et a travaillé en partenariat avec l’État à l’élaboration d’une plateforme de travail collaboratif, gratuite pour les entreprises : www.kroqi.fr.

Traquer les points de productivité pour préserver les marges

En région grenobloise, Laye Plâtrerie, Cisepz, ICS notamment, comptent parmi les précurseurs du BIM. Leurs dirigeants observent tous la rapidité d’introduction des technologies 3D : “70 % à 80 % des marchés publics auxquels nous répondons comportent une clause BIM. Nous faisons partie des cinq à dix entreprises du second oeuvre équipées en France, et nous sommes déjà en capacité de répondre sans passer par un intermédiaire spécialisé. Mieux, nous apportons une expertise BIM à nos confrères dans les réponses groupées aux appels d’offres. L’évolution est de toute façon inéluctable”, observent Patrick et Nicolas Laye, chez Laye Plâtrerie. Dominique Salin, dirigeant d’ICS, société du second oeuvre intervenant dans le chauffage, le sanitaire, la ventilation, les énergies renouvelables, à Échirolles (19 personnes) lit dans ce phénomène un autre symptôme. “J’ai repris ICS en 2006. Depuis, les entreprises du BTP ont énormément bougé. Nous tendons tous à devenir des industriels, tant dans nos méthodes de travail que dans l’utilisation des outils numériques. Il y a 20 ans, on commençait à parler de préparation de chantier. Elle fait maintenant partie intégrante du quotidien. Les prix et les marges sont tellement serrés que la pérennité de nos entreprises passe par la productivité, l’organisation, les méthodes de travail et les procédures. C’est aussi la clé d’un confort de réalisation pour nos équipes : elles prennent davantage plaisir à travailler à des chantiers bien organisés.” Le Lean construction, adaptation de la démarche Lean aux métiers du bâtiment, s’est ainsi déployé dans les entreprises du secteur, y compris les PME. Objectif : faire travailler les différents intervenants plus efficacement ensemble, améliorer la productivité et maîtriser les coûts des opérations pour monter en performance.

Une innovation “tout terrain” gagne le BTP

D’autant que – et c’est la seconde transformation forte – le BTP se trouve lui aussi irrigué par l’innovation technologique. En imaginant le service RezoProcess – une application permettant d’obtenir un plan 3D géo-référencé des réseaux VRD à partir d’une vidéo prise depuis un smartphone – la société GeoProcess apporte une solution de rupture, de nature à simplifier les interventions des entreprises du BTP (voir encadré). De même, Adeunis, spécialiste des capteurs et solutions sans fil à Crolles (62 collaborateurs ; CA mars 2018 : 10,6 M€) coté en bourse depuis septembre 2017, enregistre une croissance de 30 % par an sur les applications du bâtiment connecté. “Notre volonté est d’amener de l’intelligence dans les bâtiments, en les équipant de capteurs qui récupèrent des données essentielles – consommation d’eau, température, état des ventilations, du chauffage… En couplant ces capteurs à un logiciel d’exploitation fourni par notre partenaire Arc Informatique, nous offrons au personnel technique des moyens de compréhension, de contrôle et d’anticipation du fonctionnement du bâtiment”, explique Franck Fischer, directeur général délégué de l’entreprise. “Nous venons de mettre en commun nos savoir-faire pour répondre aux besoins du CHU Grenoble Alpes. Il faut savoir qu’en moyenne, un hôpital utilise jusqu’à 150 m3 d’eau par lit et par an et que les pertes peuvent être très importantes. Toute dérive de consommation doit pouvoir être immédiatement détectée. De même, il est essentiel d’identifier des dysfonctionnements de température sur les zones sensibles, telles que les zones de stockage de médicaments ou les chaufferies. Nos solutions permettent de répondre à trois types d’enjeux : l’efficacité énergétique, le confort des usagers, et une valorisation patrimoniale des bâtiments.” La division “smart building” d’Adeunis, partie de zéro il y a trois ans, représente déjà 35 % de l’activité, et a vocation à se hisser à 50% du chiffre d’affaires, grâce à l’enrichissement de sa gamme et à l’apparition de nouveaux services à forte valeur ajoutée, dont KARE, plateforme logicielle de maintien en conditions opérationnelles d'une flotte de capteurs.

Des expertises de haut niveau disponibles à Grenoble

Les entreprises du BTP ne peuvent se désintéresser de ces innovations. De vastes débouchés, de nouvelles opportunités d’activités en dépendent, pour équiper, demain, les logements, les locaux d’activités de capteurs d’humidité, de qualité de l’air, de température, etc. Sur ce terrain, la région grenobloise dispose d’ailleurs d’atouts inestimables : elle concentre de nombreux fabricants de capteurs, mais aussi des activités de recherche, d’évaluation des performances et d’homologation, via le CEA, les laboratoires d’Université Grenoble Alpes et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Tous travaillent en lien avec les professionnels. Le CSTB (928 collaborateurs, dont 169 chercheurs) est ainsi implanté dans quatre villes en France – Marne-la-Vallée, Nantes, Sophia-Antipolis… et Grenoble (Saint-Martin-d’Hères, plus précisément). “Une de nos activités concerne l’accompagnement des industriels qui mettent au point des technologies innovantes, pour les aider à sécuriser leurs innovations, formuler des avis techniques ou délivrer une certification tierce partie comportant une évaluation des performances, détaille Julien Hans, directeur du CSTB Grenoble. Nous sommes également engagés dans des projets de recherche nationaux et européens portant par exemple sur la performance environnementale, le confort ou encore la qualité de l’air.” Le CSTB Grenoble dispose de plateformes d’essais pour tester les composants d’enveloppe du bâtiment, en particulier les fenêtres, les dispositifs de fermeture (portes, volets roulants…) sur leurs performances thermique et optique, la perméabilité à l’air… Enfin, le CSTB propose un centre de formation dédié aux entreprises dans la mise en œuvre des fenêtres. “Actuellement, il existe deux grands moteurs d’innovation pour le bâtiment : la transition numérique et la transition environnementale. En France, le bâtiment est le premier contributeur d’émission de gaz à effet de serre (GES). Toutes les innovations qui contribuent à les réduire, en tenant compte des impacts sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment et en limitant les consommations de ressources et les déchets, correspondent à des enjeux forts”, complète Julien Hans.

Concevoir les déchets de chantier comme de futures ressources

Le volet environnemental, précisément, constitue le troisième levier de transformation du BTP. La question des déchets de chantier, en particulier, est devenue prégnante. Selon la fédération française du bâtiment, le secteur génère environ 40 millions de tonnes de déchets par an, soit plus que les ménages (30 millions de tonnes) et près de deux fois plus que l’industrie. Or la directive européenne sur les déchets de 2008 fixe comme objectif de recycler 70 % des déchets du BTP en 2020, une disposition reprise dans la loi française sur la transition énergétique de 2015. Toute la filière est concernée par l’atteinte de ces objectifs, dont les distributeurs de matériaux, contraints de mettre en place des espaces de collecte de matériaux à destination des professionnels. Les collectivités territoriales souhaitent accompagner la création d’un réseau de déchèteries professionnelles sur leurs territoires en partenariat avec les acteurs du secteur (SRPM, Suez, Veolia, Paprec...). “Ces déchèteries présentent l’avantage de proposer un tri et des équipements adaptés pour atteindre des taux de réemploi, recyclage et valorisation élevés, concernant des déchets de chantier comme le plâtre, le PVC, le bois, les métaux, les déchets inertes...” précise la Métropole. Une vaste campagne de communication est prévue à partir de l’automne pour sensibiliser et impliquer les professionnels. L’enjeu, au niveau des territoires, est de promouvoir une économie circulaire, par le recyclage et le réemploi au niveau local des déchets de chantier, devenus de futures ressources pour la construction. C’est ce que visent la Métropole et le Département, engagés depuis 2016 dans l’appel à projet de l’État, porté par l’Ademe, “Territoires zéro déchet, zéro gaspillage”.

L’émergence de nouveaux business model

L’économie circulaire est devenue une thématique stratégique pour le groupe cimentier Vicat (8 460 collaborateurs dans 11 pays ; CA 2017 : 2 563 M€). “En utilisant des déchets (pneus usés, farines animales, déchets de bois ou de matelas...)comme combustibles, nous faisions déjà de l’économie circulaire sans le savoir, puisque ceux-ci constituaient une alternative aux ressources fossiles. Mais depuis 2014 nous avons lancé une réflexion plus structurante, visant à réutiliser les terres non inertes et les déchets issus des chantiers de déconstruction dans la formulation de nos produits industriels (ciment, granulats, béton)”, dévoile Stéphane Rutkowski, directeur de Vicat Éco-Valorisation. L’idée, innovante, n’est toutefois pas simple à mettre en œuvre, puisqu’elle nécessite de connaître exactement la composition des terres non inertes (en hydrocarbures, en métaux lourds, etc.) pour optimiser la qualité des productions finales. Avec Serpol, acteur de la dépollution des sols et des eaux dans la région lyonnaise, Vicat prévoit ainsi de rendre opérationnelle une plateforme de valorisation de terres non inertes dans le courant de l’année 2019. “On estime à environ 5 millions de tonnes la production annuelle de terres polluées en France. Nous assistons à un fort intérêt des métropoles et des territoires, car notre offre permet de les aider à répondre à l’obligation de recycler 70% des déchets de chantier d’ici 2020. De notre côté, nous entrons dans un schéma vertueux qui permet de réduire la part des GES dans nos produits, de proposer des productions toujours compétitives et de qualité, favorisant l’emploi local”. Cette nouvelle activité, baptisée Vicat Eco-valorisation,s’impose comme un service “gagnant-gagnant”. “Il mise sur les solutions de proximité en considérant les villes comme des gisements de ressources et les futures mines de demain.”

Revaloriser les métiers du BTP

Mais l’enjeu des compétences freine la dynamique du BTP. “Nous n’avons pas trop de difficultés à trouver du personnel d’encadrement pour nos chargés d’affaires ou le bureau d’études. Mais il en va tout autrement du côté des équipes intervenant sur les chantiers”, confirme Benoît Macabeo. Face aux carences de profils disponibles en recrutement, le dirigeant de Cisepz, par ailleurs président de la section génie climatique de la FBTP Isère, a souhaité monter une action collective avec le groupement d’employeurs du secteur, le GEIQ BTP Isère Drôme Ardèche. “Le GEIQ a été créé en 1995 par six entreprises de l’Isère pour répondre à leurs difficultés de recrutement. Nous comptons aujourd’hui 130 à 140 entreprises adhérentes. En 2017, année de reprise, nos stagiaires en cours de formation et en contrat dans les sociétés sont passés de 97 à 135 !”, commente son directeur, Jérôme Boulle. Pour les entreprises du génie climatique, le GEIQ a mis en place une session spécifique de formation, en partenariat avec Pôle Emploi et les structures d’insertion du département. Soixante-dix CV ont été traités pour douze candidats retenus. Dix ont signé un contrat d’alternance, leur permettant de bénéficier de 210 heures de formation en centre spécialisé, d’un stage en entreprise et d’une qualification en sortie de parcours. “Les candidats sont pour l’essentiel primo-arrivants en France, sélectionnés pour leur motivation et leur volonté d’apprendre, poursuit Jérôme Boulle. Pour ma part, j’ai retenu trois candidats. Je suis satisfait à 200 % de ces recrutements et, comme mes collègues, très enthousiaste sur l’opération. Elle constitue une bonne réponse à nos problématiques de métiers en tension. Nous aurons peut-être la capacité de monter une seconde session en automne.” Une autre opération a déjà démarré au sein de la FBTP Isère pour former, cette fois, des électriciens, à l’initiative des entreprises de cette branche. Jérôme Boulle reste toutefois avec une question en suspens : “Pourquoi les jeunes ne s’orientent pas vers le BTP, alors qu’ils trouveront là un vrai métier où faire carrière ? Un électricien saura trouver partout du travail, en Ardèche comme à Paris. Notre société valorise trop peu les métiers techniques et l’intelligence de la main.” La profession nourrit à cet égard beaucoup d’attentes vis-à-vis de la loi Avenir professionnel, portant réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Le BTP “à la croisée des chemins”

L’ampleur des mutations traversées par le secteur ne sera pas sans effets sur l’économie française. La Fédération le rappelle au niveau national : le PIB du BTP équivaut à la moitié de celui de l’industrie, et à deux fois celui des activités des banques et des assurances. Il est aussi un employeur de proximité de première importance sur les territoires. Or, en cette rentrée, les signaux d’activité ne sont pas tous au vert, loin de là : “La hausse des prix des matériaux a déjà compromis l’amélioration de nos marges. Si l’activité est actuellement dynamique, elle reste contrainte par les prix et le manque de personnel. Nos inquiétudes se portent en outre sur l’après 2019 : les années 2020 et 2021 correspondent à des années électorales, et donc à un cycle bas des chantiers au niveau local. Beaucoup de nos entreprises, fragilisées, pourraient ne pas s’en relever”, avertit Thibault Richard. S’ajoute, au niveau national, l’incertitude générée par les mesures gouvernementales sur le logement et la rénovation. Au-delà de l’adage bien connu, les doutes exprimés par la fédération française du bâtiment sont ceux de tout un pays, lui aussi “à la croisée des chemins”.
E. Ballery

Les chiffres clés du BTP en Isère (2016)

  • 10 027 entreprises (61,8 % sans salarié, 33 % de 1 à 9 salariés, 4,6 % de 10 à 49 salariés, 0,5 % de 50 à 99 salariés, 0,1 % 100 salariés et plus)
  • 26 889 salariés (73,2 % dans les entreprises de 1 à 49 salariés, 11,3 % dans les entreprises de 50 à 99 salariés, 15,5 % dans les entreprises de 100 salariés et plus)
  • Production du bâtiment : 2 424 M€
  • Production des travaux publics : 644 M€
    Source : Fédération du BTP Isère.

Solutions CCI

  • Le BIM avec l’Isco
    Le BIM (Building Information Modeling) devient incontournable : bien plus qu’une simple maquette numérique ou qu’un logiciel, le BIM est une suite de processus ou méthodes de travail utilisés tout au long de la conception, de la construction et de l'utilisation d'un bâtiment.
    Pour préparer vos collaborateurs à la gestion, la coordination et le suivi de projets de construction, et répondre aux exigences d’un grand nombre d’intervenants du secteur, l’Isco (Institut supérieur de la construction, école de la CCI de Grenoble), centre de formation spécialisée dans le management de la construction, propose une formation qualifiante à bac+3, en un an.
    Plus d’informations sur www.isco-grenoble.fr

À savoir

“Nous tendons tous à devenir des industriels, tant dans nos méthodes de travail que dans l’utilisation des outils numériques” 

“Il existe deux grands moteurs d’innovation pour le bâtiment : la transition numérique et la transition environnementale”

La FFB a élaboré un site Internet dédié pour permettre aux entreprises de localiser les points de collecte des déchets du BTP

Les projets d’économie circulaire visent à renforcer le tri et le réemploi des déchets du BTP

Si l’activité du BTP est actuellement dynamique, elle reste contrainte par les prix et le manque de personnel

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