Shelyak Instruments équipe le laboratoire d’astronomie de l’université d’Innsbruck
Les origines de la spectroscopie remontent aux travaux d’Isaac Newton qui, au XVIIe siècle, démontra que la lumière blanche se décompose en un spectre de couleurs. Elle se pratique à présent dans de nombreux secteurs d’activité, comme la chimie, l’agroalimentaire ou encore la cosmétique. Mais l’une de ses applications essentielles est aussi l’astronomie, pour comprendre la physique des étoiles. Jusqu’au début des années 2000, les astronomes construisaient souvent eux mêmes leurs spectromètres.
Fondée en 2006 par deux amateurs passionnés, François Cochard et Olivier Thizy, la société Shelyak Instruments, implantée au Versoud, évolue précisément dans ce domaine. Selon François Cochard, son dirigeant, « nos appareils sont des instruments optiques qui se placent derrière un télescope. Le télescope collecte la lumière (d’une étoile, par exemple) et le spectroscope la décompose. Nos instruments sont équipés de caméras électroniques (CCD ou CMOS). Pour extraire l'information scientifique que nous recherchons, un traitement informatique profond des données est nécessaire ». L’entreprise conçoit, fabrique et distribue donc une gamme d'instruments de spectroscopie et d’accessoires, en réalisant un accompagnement dédié. Elle a progressivement structuré son offre autour de deux gammes – initiation et performance –, qui s’adressent aux amateurs avancés et aux professionnels. Avec trois collaborateurs et un chiffre d’affaires d’environ 600 k€, dont 85 % réalisés à l’international, Shelyak Instruments intervient sur un micromarché mondial fragmenté, dont deux acteurs se trouvent en Allemagne et au Vietnam.
L’entreprise vient de réaliser la vente de l’un de ses équipements les plus pointus, le spectroscope Whoppshel, à l’observatoire d’altitude de l’université d’Innsbruck, qui sera installé derrière un télescope de 1 mètre de diamètre. « Instrument à très haute résolution, notre spectroscope est particulièrement adapté à la chasse aux exoplanètes », précise François Cochard. La société s’intéresse de près à l’essor de l’observation à distance, qui permet aujourd’hui de piloter un télescope situé à plusieurs milliers de kilomètres. De nouvelles perspectives pour une société qui tire son nom de Shelyak, la seconde étoile de la constellation de la lyre par ordre de brillance, signifiant « tortue » en arabe ancien.
P. Napoletano

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