CardiaMetrics surveille le cœur à distance
La start-up grenobloise développe un capteur implantable permettant de suivre quotidiennement la fonction cardiaque des patients à domicile.
Créée fin 2023 à Grenoble, CardiaMetrics fournit une solution de télésurveillance cardiaque destinée aux patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou suivant des traitements lourds, comme certaines chimiothérapies. La jeune pousse, fondée par Thibault Parmentier, Cindy Michel, Mathieu Ruhlmann et le cardiologue Rémi Sabatier, s’appuie sur plusieurs années de développement technologique issues de travaux menés dans l’écosystème grenoblois. Elle compte aujourd’hui une dizaine de salariés.
Au cœur du projet, un capteur miniature implanté sous la peau qui mesure quotidiennement les signaux électriques et mécaniques du cœur. Or l’estimation des pressions intra-cardiaques, marqueur clé du suivi, permet aux soignants de stabiliser la pathologie et d’optimiser la prise de médicaments au cours du temps. Au global, l’objectif est de permettre un suivi à domicile plus simple et plus fiable de l’insuffisance cardiaque, tout en détectant plus tôt d’éventuelles dégradations de l’état de santé.
Un suivi automatisé pour améliorer l’observance
La technologie est issue des travaux menés au laboratoire TIMC et d’une première start-up, SentinHealth, dont CardiaMetrics a repris les développements. L’équipe a toutefois fait évoluer le concept initial : elle a introduit un modèle d’IA qui estime les pressions intracardiaques, et a ciblé une implantation sous-cutanée, plus simple à poser et plus compatible avec un déploiement à grande échelle.
L’enjeu consiste également à lever l’un des freins majeurs de la télésurveillance : l’implication quotidienne demandée aux patients. Les dispositifs actuels reposent souvent sur des questionnaires ou des mesures à réaliser soi-même. En automatisant entièrement la collecte des données, CardiaMetrics assure un suivi plus fiable et moins contraignant.
La start-up prépare désormais ses prochaines étapes, avec des essais cliniques prévus entre 2026 et 2027 et l’objectif d’une mise sur le marché en Europe et en Amérique du Nord à horizon 2029. Comme de nombreuses medtechs, elle n’anticipe pas de chiffre d’affaires avant l’horizon 2030, le temps de franchir les étapes réglementaires.
L. Marty

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