Wind Fisher lève 3 M€ pour préparer l’éolien du futur
Après plusieurs années de développement, la start-up spécialisée dans les éoliennes aéroportées, mène une levée de fonds de 3 M€. Elle est destinée à financer le passage du prototype au premier équipement commercialisable.
Une première tranche d’un million d’euros a déjà été atteinte, voire légèrement dépassée. Une deuxième tranche, actuellement en cours, doit être clôturée en décembre. Il faut dire que Wind Fisher développe une technologie unique. « Contrairement à nos concurrents qui utilisent principalement des ailes, notre système repose sur un ballon cylindrique gonflé à l’hélium, qui décolle seul et vole en vent de travers grâce à l’effet Magnus. La traction exercée par le ballon sur des câbles permet ensuite d’actionner un générateur installé au sol », explique Stéphane Vidaillet, CEO de Wind Fisher. Arrivé dans l’aventure en tant qu’investisseur aux côtés des deux fondateurs - Garett Smith, ingénieur chez Airbus depuis vingt ans, et Armand Tardella, docteur en physique à l’ENS - il a finalement rejoint l’entreprise à plein temps en 2024, à Grenoble. Au moment même où Wind Fisher achevait la preuve du concept avec un premier prototype de deux mètres d’envergure et développait une machine de 15 mètres, aujourd’hui en phase expérimentale au centre d’essais Transpolis, dans le Bugey.
Un vent nouveau sur l’éolien
Grâce à cette nouvelle levée de fonds, la prochaine étape consiste en un prototype de 25 mètres, toujours en partenariat avec Airstar, société grenobloise spécialisée dans la fabrication de ballons éclairants. « Ce changement d’échelle soulève de nouveaux défis, notamment en matière de rigidité de la structure, avec des forces de traction pouvant atteindre plusieurs centaines de kilos, voire plusieurs tonnes. La simulation numérique occupe également une place centrale dans le développement du système et de son pilotage. »
À terme, Wind Fisher prévoit deux formats : une machine de 25 mètres vendue environ 400 k€, destinée aux grands consommateurs d’électricité, et un modèle de 80 mètres affiché autour de 2 M€, ciblant les data centers et les infrastructures liées à l’IA, dont les besoins énergétiques augmentent fortement. « Nous avons réalisé une étude pour l’un des plus gros data centers au monde, en Arabie saoudite, qui prévoit d’installer 150 km² de panneaux photovoltaïques. Nous avons montré que pour notre solution, seulement 40 km² de terrain équipé de panneaux pourraient répondre au même besoin », avance Stéphane Vidaillet. La solution exploite donc une énergie renouvelable largement sous-utilisée, avec une grande économie de ressources. D’ici 18 mois, Wind Fisher devrait finaliser la certification de son produit et signer quatre premiers pilotes avec des partenaires commerciaux. Avec à la clé, plusieurs centaines de millions d’euros de revenus.
V. Perrenot

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