Brignoud : le SERM, Service express régional métropolitain, se concrétise
Depuis 2024, la gare de Brignoud est en travaux et reste fonctionnelle. Dès 2028, elle accueillera plus de trains et de voyageurs, pour des liaisons facilitées entre Grenoble et Chambéry.
En 2028, la gare de Brignoud sera un terminus ferroviaire avec davantage de trains sur les axes Grenoble Grésivaudan Chambéry et Brignoud Grenoble Saint-Marcellin. Ce projet comprend des aménagements en gare pour accueillir plus de voyageurs, des accès fluides pour les modes doux et les voitures. Il fait partie du SERM, Service express régional métropolitain de l’aire grenobloise, une offre globale de mobilité ayant pour objectif d’améliorer la desserte des principaux pôles économiques de la région grenobloise et de désengorger le trafic routier.
Une visite du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot (en fonction depuis mai 2026), et de la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, lundi 20 juillet, a permis de faire le point sur l’avancée des travaux. Entamé en 2024, ce chantier représente un coût de 57,9M€, financés notamment par l’État (36,57%), la Région Auvergne-Rhône-Alpes (16,57%), la Communauté de communes Le Grésivaudan (16,03%), SNCF Réseau (13,97%), le Département de l’Isère (6,64%), Grenoble Alpes Métropole (6,70%).
Condamnation du passage à niveau : un chantier à 17M€
« Nous créons deux nouveaux quais de 250 mètres, desservis par une troisième voie de 800 mètres, et nous modernisons les installations de signalisation, avec un poste d’aiguillage informatisé et télécommandé depuis Gières », explique Béatrice Leloup, directrice de SNCF Réseau Auvergne-Rhône-Alpes. Un passage souterrain relié aux quais assurera la connexion avec le pôle d’échange multimodal (PEM), projet porté par le SMMAG (Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise). Ces aménagements devraient être mis en service d’ici à la fin de l’année.
Le passage à niveau PN27, l’un des plus fréquentés de la région AURA avec 12 000 véhicules et 70 trains par jour, a été condamné à la faveur d’un pont route, mis en service fin 2024, qui enjambe la voie ferrée. Le coût de cette opération s’élève à 17,7M€, il est assumé par l’État (41,53%), Communauté de communes Le Grésivaudan (37,57%), le Département de l’Isère (12,43%) et le Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise (8,47%).
Le projet de souterrain mode doux bloqué
Le chantier revêt des aspects complexes, sur le plan technique, mais aussi environnemental : la présence d’une nappe phréatique requiert des précautions particulières afin d’éviter une pollution, il a fallu procéder à la dépollution du terrain situé sur la partie côté Chartreuse du chantier, autrefois occupée par un site industriel. Enfin, le président de la Communauté de communes du Grésivaudan Henri Baile a fait part de son inquiétude quant à la présence d’une zone humide sur le futur chantier du souterrain, dont la livraison est attendue pour fin 2026. « La loi exige que l’on trouve un terrain de compensation, or nous n’en trouvons pas et pour le moment, le chantier est bloqué. » Le souterrain devra assurer un transit rapide depuis et vers la zone d’activités économiques de Crolles-Bernin où sont implantées notamment ST Microelectronics ou Soitec, qui emploient à elles deux plus de 7 000 personnes. « Nous n’avons pas l’autorisation environnementale pour démarrer le chantier, a renchéri Sylvain Laval, président du SMMAG. Les travaux ferroviaires sont dans les délais, mais aujourd’hui nous n’avons pas de solution, nous sommes bloqués par la loi sur l’Eau et le chantier va prendre du retard. » Tous deux ont interpellé le préfet de région afin de trouver une solution qui permette d’entamer les travaux.
A. Fourney

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