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Présences Grenoble
Commerce — Le 5 janvier 2017

Les réseaux de proximité ont la cote !

À l’aune de plusieurs affaires dans l’agroalimentaire et des impacts de la crise agricole, les consommateurs sont en attente d’informations et de transparence sur les produits et leurs conditions de fabrication. Une demande de réassurance qui bénéficie pleinement aux réseaux de production et de distribution en proximité.

© DR

Pour leur alimentation, les Français font de plus en plus appel aux réseaux de vente directe. L’attention portée à l’origine et la provenance des produits est élevée, de même, et c’est nouveau, que l’intérêt pour des produits alimentaires peu transformés. “De nos jours, les attentes des consommateurs se résument en ‘manger mieux’, recouvrant des attentes multiples : la quête du plaisir, l’importance du partage et de la convivialité, la recherche de naturalité, de simplicité et de produits sains et bons, et la sensibilité environnementale”, notait TNS Sofres en 2014 à l’occasion du Salon international de l’alimentation (Sial). Cet engouement a donné lieu à de nouveaux modes de consommation, l’essor des Amap et magasins de vente directe de produits fermiers, et à l’apparition d’un nouveau mot dans le dictionnaire, le locavore !


Mettre en relation producteurs et restaurateurs 

Avant même que la tendance ne ressorte pleinement dans les études de consommation, la CCI de la Drôme a mis en place dès 2004 une initiative originale, appelée “réseau Promenade gourmande”. Elle consistait à inciter les restaurateurs du département à travailler les produits drômois et à s’approvisionner chez des producteurs locaux, pour faire valoir leur différence auprès du public. Depuis, des chefs n’ont pas hésité à s’appuyer sur ces produits pour monter en gamme, acquérir la reconnaissance des guides gastronomiques, ou obtenir le titre de Maître restaurateur. Animé par la CCI, le réseau contribue à des rencontres entre les producteurs et les chefs. Des produits ont ainsi pu gagner en notoriété, comme l’ail blanc, le pintadeau, l’olive noire de Nyons, le petit épeautre de Haute-Provence, aux côtés des best-sellers comme la raviole, la truffe ou la clairette de Die. Composé de 25 restaurateurs à l’origine, le réseau en comprend aujourd’hui 40. De même, la CCI met en avant depuis 2005 les marchés locaux pour valoriser l’offre de proximité et dynamiser les circuits courts. “Nous avons beaucoup agi pour instaurer des synergies plus fortes entre producteurs et revendeurs qui défendent des intérêts communs”, commente la CCI. Par ailleurs, en Haute-Savoie, la CCI est engagée avec la Chambre de métiers et de l’artisanat et la Chambre d’agriculture dans la création d’une plate-forme de distribution de produits locaux. Partout en région Auvergne-Rhône-Alpes, les produits ne manquent pas pour valoriser les marchés, ainsi que la table des chefs ou des consommateurs : bleu de Sassenage ou Fourme d’Ambert, verveine du Velay et lentilles vertes du Puy, volailles de Bresse, viande de Salers ou charolaise, poissons des lacs, accompagnés, bien sûr, des vins de tous les terroirs.

Des actions collectives en faveur des circuits courts

La crise de la production agricole a également incité les territoires à passer à l’action. En Isère, c’est un pôle agroalimentaire qui a vu le jour à l’instigation du Département, où acteurs publics et privés s’emploient à rapprocher l’amont et l’aval de la filière. “Nous ressentons clairement l’appétence des consommateurs pour les produits bio et régionaux, explique Jocelyn Anus, directeur du supermarché Carrefour à Saint-Egrève (Isère). Dès que nous identifions la provenance locale des fruits, des légumes, des fromages, cela se traduit par un plus sur les ventes. Nous souhaiterions aussi nous approvisionner localement pour la viande, mais c’est plus complexe, car nous avons à la fois besoin de volumes et de régularité. Le pôle agroalimentaire devrait permettre de mutualiser et organiser l’offre. Nous sommes demandeurs !”, ajoute le directeur. Le groupe Carrefour s’est par ailleurs distingué en lançant une brique de lait assurant une rémunération de 39 centimes le litre au producteur. 

Sensibiliser aux impacts de l’acte d’achat 

D’autres opérations collectives mises en place par les CCI comme Achatville, ou à deux pas : mon commerçant, visent aussi à valoriser et soutenir le commerce de proximité. Mais en termes de sensibilisation du public à l’échelle d’un bassin de vie, les actions “Mon achat crée mon emploi”, initiée en 2012, et “Mon entreprise crée de la valeur ajoutée”, lancée en 2014 par la CCI Nord-Isère, s’affirment comme les plus transversales. Le message est clair : plus la valeur économique est produite localement, plus le territoire est fort, compétitif et dynamique, grâce à la création d’emploi générée. Des lois de proximité évidentes, mais qui font désormais sens dans l’esprit des consommateurs. 
E. Ballery

A savoir

80 % des consommateurs achètent des produits alimentaires locaux, et 69 % déclarent en acheter “plus qu’avant” (étude Ipsos 2014).

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