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Economie verte - Smart city - Accueil — Le 1 octobre 2019

Nouvelles mobilités : quelles solutions locales ?

Le chantier des mobilités bat son plein à Grenoble. Entre les aménagements routiers, la nouvelle offre de transports en commun et les actions des entreprises pour changer les modes de déplacement des salariés se dessine la révolution de la décennie à venir. Avec, en toile de fond, la présence d’experts et de fabricants de matériels innovants.

© AdobeStock

Alors que la Loi d’orientation des mobilités (LOM), dans laquelle l’État s’engage à investir 13,4 milliards d’euros dans les mobilités de 2018 à 2022, doit être adoptée, la métropole grenobloise a déjà bien amorcé sa mue pour améliorer son offre de transports et accompagner la mise en place d’un plan de mobilité dans les entreprises. Avec des voies redessinées, la création d’une zone à faibles émissions, l’aide au développement des plans de mobilité ou la création d’autoroutes à vélo, “Grenoble a anticipé cette loi sur de nombreux points”, analyse Yann Mongaburu, le président du Syndicat mixte des transports en commun.

Face à ces évolutions de long terme, le paysage métropolitain est aujourd’hui chamboulé par l’incontournable chantier de l’A480. En 2022, cet axe, où circulent quotidiennement plus de 100 000 véhicules, passera à deux fois trois voies, avec une voie dédiée au covoiturage. Cinquième ville la plus embouteillée de France en 2018, selon L’Argus, avec 39 minutes de temps moyen perdu dans les bouchons chaque jour par automobiliste, Grenoble l’est paradoxalement encore plus depuis un an. “C’est le moment pour les acteurs des mobilités de faire changer les habitudes des salariés, et de réfléchir à d’autres solutions que la voiture pour se rendre au travail”, estime Bruno Renard, président du PDIE Presqu’île/Giant, anticipant la mise en œuvre d’une troisième voie pour le covoiturage et les transports en commun, dès l’achèvement des travaux.

L’impact d’infrastructures majeures

Autre point noir de Grenoble, le train. Alors que 51 % de la loi LOM concerne le ferroviaire, beaucoup d’interrogations restent en suspens pour le bassin grenoblois, en premier lieu la liaison avec Lyon, qui est un frein à l’attractivité de Grenoble aujourd’hui, de l’avis de nombreux chefs d’entreprise appellant à la construction d’un TGV Grenoble-Lyon. Les premières consultations sur le nœud ferroviaire lyonnais, dont dépend cette ligne qui pourrait passer à quatre voies entre Saint-Fons et Grenay pour fluidifier le trafic, sont en cours. Mais la réalisation, elle, devrait encore attendre la décennie 2030. Plus abouti, un projet de RER grenoblois est, lui, sur les rails. “Avant la fin de l’année doivent être remises à la ministre des Transports les études réalisées sur des lignes Grenoble-Clelles et Rives-Brignoud”, explique Yann Mongaburu.

Le RER serait une des réalisations les plus visibles du nouveau plan de déplacements urbains, entrant en vigueur le 1er janvier 2020, qui entend remodeler le paysage des transports grenoblois à l’horizon 2030. Avec une première étape en 2023, quand entreront en service huit nouvelles lignes de tramway sur la métropole, issues d’interconnexion des lignes actuelles, un bus à haut niveau de service entre Montbonnot et Grenoble et le Métrocâble. Ces projets d’envergure visent à mailler le réseau tout autour de la ville, notamment au sud, en direction de Vizille et Jarrie, à partir de Pont-de-Claix-l’Étoile, où arrivera dès cet hiver la ligne A du tramway. Sur ce pôle multimodal connecté à la halte ferroviaire, préfigurant la décennie à venir, c’est même la ligne E qui pourrait y avoir son terminus. Un service de plus pour les salariés des entreprises situées à quelques centaines de mètres : Vencorex Chemicals, Extracthive ou Becton Dickinson.

Un périmètre élargi pour l’autorité organisatrice

Dans le Grésivaudan, on continue également à améliorer l’offre des transports en commun : la ligne Nav’pro A de TouGo dessert depuis avril dernier les zones d’activités de la GrandeÎle, La Bâtie et Isiparc, ayant une correspondance avec le TER et, l’an prochain, avec la ligne Chrono 1 en provenance de Grenoble ; et un bus à haut niveau de service devrait relier Grenoble à Meylan d’ici 2023. À l’ouest, la presqu’île scientifique sera desservie à cette échéance par le téléphérique Métrocâble, au départ de Sassenage et de Saint-Martin-le-Vinoux, la connectant ainsi à trois lignes de tramway. Une nécessité pour ce secteur en chantier où travailleront 32 000 personnes en 2025 ! Comme le réseau de transports, l’autorité organisatrice des mobilités (AOM) elle aussi se remodèle et s’agrandit. Le 1er janvier 2020, le SMTC inclura le Grésivaudan, en attendant la création d’une super-AOM, qui pourrait inclure, sous l’égide de la Région, 11 territoires voisins en 2022. L’AOM, interlocutrice de référence des entreprises, est désormais autorisée par la nouvelle loi à subventionner les voyages réalisés en covoiturage. Un dispositif venant s’ajouter au forfait mobilité, qui permet aux employeurs de verser une prime annuelle de 400 euros sans charge ni fiscalité pour ce type de transport ou pour le vélo.

L’enjeu des vignettes pollution

Enfin, un autre agrandissement progressif va impacter de nombreuses entreprises grenobloises. La zone à faibles émissions en vigueur dans 10 communes de la métropole, hors voies rapides urbaines, vise à interdire la circulation aux poids lourds et utilitaires les plus polluants. Depuis juillet, ceux classés Crit’air 5 sont bannis des routes et, l’été prochain, quand la zone restreinte concernera 28 communes, ce sera le tour des Crit’air 4, avant la sortie totale des utilitaires et poids lourds diesel sur l’agglomération en 2025. Cette zone touche en premier lieu les artisans, mais aussi toutes les sociétés concernées par le “dernier kilomètre”, dont le coût augmentera. Quant aux entreprises de transport, elles doivent, comme les collectivités, investir dans de nouveaux véhicules. À Fontaine, Lély Environnement, spécialisé dans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets, a choisi d’investir dans six camions roulant au gaz. À Saint-Égrève, Cet’Up, disposant d’une flotte de véhicules plus légers, s’est doté depuis 2015 de plusieurs véhicules électriques, au bioéthanol et dans deux Renault Kangoo hydrogène de Symbio.

Un passage obligé : le plan de mobilité

Une adaptation à rapprocher de celle opérée par toutes les entreprises de plus de 100 salariés depuis 2018, contraintes par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte d’adopter un plan de mobilité. Afin d’optimiser l’efficacité des déplacements des salariés et diminuer la pollution, les outils sont nombreux, de l’usage du vélo au covoiturage, en passant par le télétravail, l’autopartage, le financement des abonnements aux transports en commun… Les entreprises ont pu faire appel à des consultants ou bénéficier du dispositif M’Pro de la Métro. L’agence Mon Uni’Vert, prestataire de la collectivité depuis 2012, a déjà conseillé plus de 200 sociétés.“Nombre d’entreprises ne savent toujours pas comment monter un plan de mobilité, remarque Guillaume Herrmann, chargé de mission à Mon Uni’Vert. Nous réalisons une enquête sur les habitudes de transport de leurs salariés, un diagnostic d’accessibilité et établissons un plan de recommandations pour réduire la part modale de la voiture.” La majorité des déplacements se faisant dans un rayon de 25 kilomètres, l’agence propose des actions sur le covoiturage, l’usage du vélo ou le télétravail. “Mais les entreprises restent confrontées à la difficulté d’animer et de dynamiser la démarche en interne, constate Guillaume Herrmann. Les référents mobilité ou les services communication doivent chaque année revenir vers les salariés pour les informer sur les nouvelles solutions de mobilité.” Pionnier en France des plans de mobilité, STMicroelectronics affiche 75 % de ses effectifs se rendant au travail autrement que seuls en auto. Son responsable Benoît Mollaret confie qu’“un bon plan de mobilité, c’est 40 % de prise de conscience, 40 % de psychologie pour faire modifier les comportements, 40 % de techniques et 10 % de finance”. D’où l’importance du Challenge Mobilité, organisé au mois de juin par la Région depuis 2011, auquel ont participé 376 établissements grenoblois, dont 138 nouveaux venus. Parmi les plus forts taux de participation figurent naturellement les établissements de la Presqu’île scientifique, dont STMicroelectronics, mais aussi le CEA, Schneider Electric, le Crédit Agricole Sud Rhône Alpes. Son Plan de déplacement interentreprises (qui intègre depuis peu les entreprises du parc d’Oxford, à Saint-Martin-le- Vinoux), est le plus important de France : un salarié sur deux a joué le jeu le 6 juin de se rendre au travail autrement qu’en voiture. S’y sont également distingués les salariés de Bull, EDF, Alfa Laval Vicarb, Artelia, Atos, avec une mention spéciale, dans les sociétés de 50 à 99 salariés, pour Grenoble Institut de neurosciences à La Tronche, et Europe Propreté Services à Veurey-Voroize : 100 % de participation au Challenge !

Un terrain de jeu pour les champions de l’innovation

À Grenoble, l’incitation à se déplacer plus vertueusement est renforcée par un contexte local très singulier. Du CEA-Liten aux entreprises adhérentes de Tenerrdis spécialisées dans la mobilité hydrogène et/ou électrique, l’écosystème a produit des champions nationaux, au premier rang desquels Symbio, à Fontaine équipant les véhicules électriques de prolongateurs d’autonomie grâce à une pile à combustible. Un dynamisme renforcé par le projet Zero Emission Valley et les 1 000 véhicules hydrogène à venir sur le territoire régional, qui devrait offrir à Grenoble deux nouvelles stations de recharge d’ici 2022. Les innovations abondent sur la transformation des véhicules classiques en électrique, comme avec Phoenix Mobility (lire encadré) ou E-Bike Lite, à Saint-Martin-d’Hères, dont le kit Gboost permet de transformer son vélo en VAE en 15 minutes. De son côté, le Grenoblois Gulplug propose des systèmes de branchement automatiques des véhicules électriques, sans intervention humaine, tandis que chez Schneider, la gamme de bornes Evlink est présente sur tous les segments du marché de la mobilité.

Des matériels de pointe qui ne doivent pas faire oublier que mieux se déplacer, c’est souvent mieux s’organiser. La Roue verte (14 salariés), créée en 2007 à Grand-Place, a déjà accompagné 350 territoires et entreprises pour organiser des solutions de covoiturage, via sa plate-forme de mise en relation. Elle a lancé les premières lignes françaises de covoiturage via son service Illicov. Après celle reliant Lans-en-Vercors à Grenoble en 2017, la ligne de Tencin à Grenoble, développée à la demande du Département, a été inaugurée cet été. Le principe : les passagers reçoivent la garantie d’être pris en 15 minutes au maximum à l’aller et au retour à des points fixes par les conducteurs. “Nous avons engagé des discussions avec des zones d’activités pour étudier de nouveaux schémas, explique le directeur de La Roue Verte, Joseph Boyer. Les entreprises ont tout intérêt à nous faire connaître auprès de leurs salariés. D’autant plus que l’on fournit une preuve de covoiturage, qui peut désormais être en partie remboursé.”

À l’heure de la loi d’orientation des mobilités, la région grenobloise apparaît plutôt en phase avec les grandes évolutions tracées. Demeure toutefois la grande question de l’acceptabilité sociale des transformations intervenant sur le sujet, dont les récents événements en France ont montré toute l’imprévisibilité
F. Baert

Chiffres clés des transports

  • 1,8 million de déplacements/jour dans la métropole.
  • 230 000 déplacements entre la métropole et la grande région grenobloise, dont 70 % en voiture.
  • 1,06 personne par voiture en moyenne.
  • Budget du plan de déplacement urbain, en vigueur au 1er janvier : 2,2 Md€ sur 12 ans, dont 990 M€ pour les projets ferroviaires.
  • 8 % seulement des entreprises françaises ont pour l’instant mis en place un plan de mobilité.
  • 1 800 emplois sont situés à moins de 500 mètres des deux futurs arrêts de ligne A du tramway à Pont-de-Claix.
  • 99 % des habitants sont reliés au réseau TAG.
  • Grenoble est la 2e ville de France pour l’utilisation du vélo dans les déplacements domicile-travail. 
  • 24 % des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire de la Métropole sont dus aux transports (plus de 60 % des émissions d’oxydes d’azote et plus de 20 % des émissions de particules fines).
  • Le Challenge Mobilité 2019 a permis d’éviter l’émission de 12,3 tonnes d’équivalent CO2.

Sources : SMTC, Ademe

A savoir

  • Le nouveau plan de déplacements urbains entend remodeler le paysage des transports grenoblois à l’horizon 2030.
  • Toute entreprise de plus de 100 salariés doit désormais adopter un plan de mobilité.
  • L’écosystème grenoblois a produit des champions nationaux de la mobilité hydrogène ou électrique.
Solutions CCI

Le VAE, un secteur économique et des atouts à valoriser en Isère


En Isère du Sud, sur 550 entreprises sports et loisirs, 135 établissements sont liés au VAE (vélo à assistance électrique) et VTTAE (VTT à assistance électrique) : enseignes spécialisées, commerce du cycle, fabricants et équipementiers, entreprises liées à l’événementiel et l’animation.

La CCI de Grenoble, via le Club Euro alpin, s’attache à valoriser le développement de la
filière, et organise régulièrement des rencontres, en partenariat avec Isère tourisme.
L’atelier du 10 juillet a réuni 50 professionnels à la CCI sur la thématique “L’Isère, un département branché VAE et VTTAE… et vous ?”

Prochain rendez-vous : le 23 octobre à la CCI, atelier “VAE, un atout pour la santé”.

Contact : 04 76 28 29 55 - francis.fiesinger@grenoble.cci.fr

 

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