Arkema relance sa production d'hydrogène à Jarrie
Pour ses 110 ans, le site de Jarrie a inauguré une nouvelle unité de production d’hydrogène, symbole d'une réorientation après l’arrêt de Vencorex à Pont-de-Claix.
Arkema a inauguré en septembre dernier, à Jarrie, une nouvelle unité de production d'hydrogène. Fondé sur la technologie SMR (steam methane reformer ou vaporeformage du méthane), cet équipement, qui représente un investissement de 10 M€, doit assurer l'approvisionnement du site en hydrogène.
Son installation est la conséquence directe de la crise qu'a traversée la plateforme chimique de Pont-de-Claix. En janvier 2025, quelques semaines après la mise en redressement judiciaire de Vencorex, Arkema a lancé un plan de réorganisation de son site de Jarrie. Privé du sel purifié que lui fournissait l’entreprise de Pont-de-Claix, il a dû cesser sa production de chlore et de soude, ce qui a entraîné la suppression de 154 postes sur 334. “Quand Vencorex s'est arrêté, le château de cartes s'est effondré”, rappelle Matthieu Brisson, directeur du site, qui insiste : “Nous avons été contraints d'abandonner cette activité. Nous ne l'avions pas du tout envisagé.”
Solution de remplacement
Jarrie s'est donc recentré sur la production de chlorate de sodium, de perchlorate de sodium et d'eau oxygénée. Or la fabrication de cette dernière nécessite de l'hydrogène, que la plateforme de Pont-de-Claix fournissait également. Il a donc fallu trouver une solution de remplacement en urgence. Les équipes ont alors repéré à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, une unité de production inutilisée depuis 2022 et mise “sous cocon”. Démontée, transportée, puis remontée à Jarrie, elle a été remise en service en à peine un an.
Il s'agit de la seconde unité SMR du site. Elle doit permettre d'atteindre ses objectifs, soit une production annuelle globale de 80 000 à 100 000 tonnes. Ses clients : des groupes industriels de la papeterie, de la chimie, de la cosmétique ou encore de l'agroalimentaire. Malgré les difficultés de la filière chimique en France et en Europe, Matthieu Brisson demeure confiant : “Nous ne sommes pas directement exposés à la concurrence asiatique”, assure-t-il.
Le projet Exalia
La transformation du site de Jarrie n'est pas terminée. Le groupe annonce de nouveaux investissements en 2027 pour sécuriser l'approvisionnement en matières premières, comme la soude, l'acide chlorhydrique ou le méthanol. Quant à l'ancienne unité de chlore et de soude, elle sera vidée et nettoyée avant d'être démantelée, un chantier qui s'étalera sur plusieurs années. “Arkema assumera toutes ses responsabilités, y compris en matière de remise en état du site”, promet le directeur. Reste une question : pourquoi Arkema n'a-t-il pas soutenu le projet Exalia, qui visait précisément à relancer la production de sel purifié ? “Nous avons étudié cette possibilité, mais elle a été abandonnée pour des raisons économiques, techniques et surtout de calendrier, répond Matthieu Brisson. Quand les porteurs d'Exalia ont présenté leur projet, nous avions déjà sécurisé notre solution alternative. Nous devions réagir très vite pour sauver le site. C'était une question de survie.”
C. Le Goff

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