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Présences Grenoble
Loisirs — Le 9 novembre 2020

L’Oisans face à une montagne d’enjeux

Le 1er décembre, les deux stations de l’Alpe-d’Huez et des Deux-Alpes rapprochent officiellement leurs destins sous la férule d’une même entreprise gestionnaire, la SATA. Un mariage assorti de perspectives de développement nouvelles pour l’ensemble du massif, dans un contexte économique perturbé par la crise sanitaire.

© L. Leroy

En février dernier, le conseil municipal des Deux-Alpes attribuait la gestion de l’exploitation de son domaine skiable à la Société d’aménagement touristique de l’Alpe-d’Huez (SATA), trois ans avant la fin du contrat qui liait la station à Deux-Alpes Loisirs, filiale de la Compagnie des Alpes. Ce choix, encouragé par la proposition de la SATA d’investir 290 M€ sur 30 ans, se concrétise avec l’ouverture de la nouvelle saison. “Le transfert à la SATA se passe très bien, assure Éric Bouchet, le directeur de l’office de tourisme des Deux- Alpes. Le contrat prévoit une période de tuilage et la reprise de l’intégralité du personnel. Les directeurs généraux des deux structures savent travailler ensemble.” Dans les cinq années qui viennent, les Deux-Alpes devraient amorcer d’importants changements, avec une première enveloppe d’investissement de 150 M€ destinée notamment au reprofilage des pistes et au renouvellement des équipements de neige de culture. Plus globalement, la station amplifie son engagement dans la maximisation de son domaine, après l’ouverture l’an passé du télécabine de Pierre-Grosse et l’installation d’un télésiège huit places débrayable sur les crêtes. Un nouveau palier qualitatif, qui concerne aussi la réhabilitation de son parc immobilier : “Nous allons à la fois améliorer le confort et réaffirmer le caractère alpin des constructions, avec doubles toits et bardage bois”, esquisse Éric Bouchet. Il s’agit également de lutter contre les “passoires thermiques”, avec une incitation forte des collectivités auprès des propriétaires privés.

Conquête internationale

Pour l’heure, les Deux-Alpes admettent porter la majorité de leurs efforts sur les conséquences de la Covid plutôt que sur les changements liés au passage de témoin. “Nous avons la chance d’ouvrir pour les vacances de la Toussaint. C’est une période de test pour le protocole sanitaire de la saison d’hiver”, pointe Éric Bouchet, le directeur de l’office de tourisme de la station. Un tour de chauffe à un moment où les réservations marquent un retrait de 25 à 30 %. La station voisine de l’Alpe-d’Huez connaît un repli un peu moins fort, de l’ordre de 20 %. Cette situation n’entame en rien la détermination de la SATA à faire de l’Oisans une “destination majeure”. François Badjily, directeur de l’office de tourisme de l’Alpe-d’Huez, voit dans le rapprochement des deux stations l’ambition de se doter d’une “structure forte pour aller chercher la clientèle à l’international, afin d’éviter les creux d’activité en dehors des vacances scolaires”. Autrement dit, dépasser un marché français qui stagne et séduire les pays qui montrent un appétit toujours croissant pour le ski : la Grande-Bretagne, le Benelux et les pays scandinaves, mais aussi la Chine, le Brésil et Israël, “dont le panier moyen des ressortissants est supérieur de 30 à 40 %”. Le projet de liaison par câble des deux grandes stations s’inscrit pleinement dans cette stratégie de conquête.

Mobilités plus douces, plus haut

En attendant que les avions redécollent, les chantiers structurants se concentrent sur l’optimisation des transports par câble, de tous les côtés du massif. Avec un double objectif : faciliter les accès aux stations sans prendre sa voiture et offrir de nouvelles expériences, y compris estivales. La création d’ascenseurs valléens, notamment portée par les communautés de communes, permet ainsi d’éviter les fastidieux virages routiers, pour les commerçants comme pour les saisonniers qui se déplacent chaque jour d’un point à un autre de la montagne. Dès Noël 2021, le village d’Huez et la station seront connectés, avant, d’ici trois ans, la possibilité d’atteindre l’Alpe-d’Huez depuis Bourg-d’Oisans en télécabine. Avant elle, la toute nouvelle liaison Eau D’Olle Express, mise en service le mois prochain, assurera le transport de 1 450, puis 2 000 personnes par heure entre Allemont et la station d’Oz-en-Oisans, dans ses 37 cabines 10 places : une alternative décarbonée aux quelque 7 000 véhicules thermiques les jours de pointe, et un accès plus rapide au domaine skiable depuis Grenoble. De son côté, la SATA propose d’emmener les touristes vers de nouveaux horizons. Gestionnaire depuis 2017 du domaine skiable de La Grave, elle prépare activement le développement du troisième tronçon du téléphérique, par-delà le glacier de la Girose, jusqu’au dôme de la Lauze, à près de 3 600 mètres. Pour embrasser d’un coup d’œil l’immense panorama des Écrins : “Ce projet toutes saisons s’adresse à un public plus contemplatif, complémentaire à la clientèle des skieurs”, exprime François Badjily. De quoi amplifier les promesses de la dernière saison estivale en Oisans, marquée par une hausse inédite de la fréquentation, avec notamment un bond de 34 % sur les remontées mécaniques de l’Alpe-d’Huez en juillet-août.
R. Gonzalez

Infos clés

L’Alpe-d’Huez : 1,4 million de nuitées en hiver, 350 000 l’hiver

Les Deux-Alpes : près d’1,5 million de nuitées en hiver, 450 000 l’été (Chiffres des deux offices de tourisme, moyenne des cinq dernières années)

Étoiles et tridents
L’hébergement marchand des stations de l’Oisans suit le mouvement qualitatif de son domaine skiable. Sur le versant nord du massif des Grandes Rousses, la station-village de Vaujany, intégrée à Grand Domaine Alpe d’Huez, ouvre son premier hôtel quatre étoiles : Le V de Vaujany, construit sur une ancienne bâtisse, a été dessiné dans l’esprit alpin local. Aux 21 chambres et 4 suites cosy s’ajoutent une cuisine gastronomique signée Arnault Baldereschi, un bar à cocktails et un spa Pure Altitude. Quant à l’Alpe d’Huez, la station compte les deux seuls hôtels cinq étoiles de l’Isère et son Club Med rénové, passé de 800 à 1 200 chambres, a décroché un quatrième Trident, le logo qui labellise le niveau des prestations des établissements du groupe.
Task Force économie de la montagne Alpes Isère
L’ensemble des acteurs de l’économie de la montagne se réunissent régulièrement dans les locaux de la CCI de Grenoble depuis mai dernier afin de préparer au mieux l’hiver dans les stations. Sont notamment évoqués les sujets de la rassurance pour les skieurs et les saisonniers mais aussi la mise en place d’une meilleure offre (transports, remontées mécaniques) afin d’attirer une clientèle locale voire nationale qui contribuerait à compenser la clientèle de touristes étrangers qui ne viendra pas cette année.
 
Contact : francis.fiesinger@grenoble.cci.fr Tél. 04 76 28 29 55

 

 

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