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Management / Formation / RH — Le 2 mars 2026 - Mis à jour le 2 mars 2026

Pratiques, coûts, manque de visibilité… la formation continue s’adapte

Rarement une année n’aura été aussi imprévisible pour les organismes de formation continue que 2026. L’expectative est la règle, en raison de l’attentisme des entreprises, qui ralentissent leurs décisions face à une trajectoire nationale incertaine et aux soubresauts géopolitiques. Un manque de visibilité qui les conduit, faute de mieux, à naviguer dans un environnement flou. Comment reconstruire quelques repères ? Récit et témoignages d’experts.

© Adobestock

La capacité d’adaptation définit la qualité des organismes de formation en période de turbulences. Le manque de visibilité, accentué par des coupes budgétaires successives et des incertitudes, tant sur le plan national qu’international, a de quoi donner le tournis. L’année 2026 s’annonce-t-elle comme un bis repetita de 2025 ? Si tel est le cas, ce serait finalement un moindre mal. Il y a un an, la situation présentait déjà de nombreuses similitudes : un budget national voté tardivement (le 6 février 2025 et le 2 février dernier pour celui de l’année 2026), une instabilité internationale persistante, une inflation forte… Des facteurs qui avaient pesé sur les décisions et les projections des acteurs économiques sur la formation des salariés. Puis le séisme des droits de douane américains est arrivé en avril 2025, plongeant les entreprises dans un profond niveau d’incertitude. Néanmoins, les organismes de formation rapportent que l’année 2025 s’est achevée sans trop de dommages. En revanche, celle qui vient suscite davantage de réserves. L’attentisme est latent, « en particulier pour les sociétés qui travaillent à l’international et les PME qui pâtissent du contexte », constate Marc Oddon, vice-président à la formation tout au long de la vie à l’Université Grenoble Alpes. Conscientes qu’il s’agit d’un levier essentiel pour accompagner leurs salariés durant leur carrière, elles tendent toutefois à reporter leurs projets de plan de formation. « En période contrainte, les entreprises préfèrent se concentrer sur leurs activités, et le budget formation est l’une de leurs premières variables d’ajustement », observe Géraldine Soto-Giroud, directrice de CCI Formation. Ce repli ne concerne cependant pas les formations obligatoires, qui contribuent à maintenir un certain niveau d’activité pour les centres de formation. Mais cela reste insuffisant pour envisager l’avenir sereinement : aucun acteur ne se projette au-delà de quelques mois. 

Des pratiques et des modalités en mutation 

Au manque de visibilité et aux incertitudes financières s’ajoutent les défis liés à l’évolution de la demande. Depuis l’an dernier, les organismes de formation doivent s’adapter à un arbitrage croissant des entreprises entre formations sur mesure et formations standardisées, un choix largement dicté par les coûts associés. À CCI Formation, Géraldine Soto-Giroud observe « un déplacement du sur-mesure vers les formations inscrites au catalogue ». Habituellement, les premières représentaient 65 % du volume, contre 35 % pour les formations standard. Mais l’année dernière a signé un rééquilibrage à parts égales entre ces deux formats. Conséquence : la structure a renforcé son équipe dédiée aux formations standard, passant de deux à trois personnes. Il convient de préciser que les programmes sur mesure, entièrement conçus à la demande des entreprises, impliquent un investissement nettement plus important en matière de conception et d’ingénierie pédagogique pour l’organisme de formation, et donc in fine pour le client. Cette dynamique varie toutefois d’un établissement à l’autre, en fonction de la typologie des clients et des formations proposées. Pour l’Université Grenoble Alpes, le volume reste un levier central en raison de la taille de la structure, avec des formations pour 30 personnes plus « intéressantes » que des sessions avec moins de participants. 

Par ailleurs, les pratiques et les modalités évoluent fortement ces derniers mois. « Les clients exigent des formats plus courts, moins coûteux donc, mais garantissant la pertinence des contenus », reconnaît Marc Oddon. Ils deviennent aussi très attentifs au return on learning. Face à ces défis, les organismes de formation s’adaptent et innovent. Ils promeuvent la généralisation des formats hybrides, combinant distanciel et présentiel. Ils enrichissent leur offre en proposant de nouvelles formations qui complètent les parcours traditionnels, afin de répondre aux besoins des secteurs en évolution. Ils intègrent l’intelligence artificielle, dont la demande explose. 

Dans un contexte incertain, marqué par la transformation rapide des métiers, la formation continue reste un enjeu majeur. Les actifs prennent de plus en plus conscience de la nécessité de se former pour s’adapter aux nouvelles compétences qui émergent. Selon le 6ᵉ Baromètre de la formation et de l’emploi (édition 2025), trois actifs sur quatre estiment être responsables de leur parcours de formation. « Un signe que la réforme de 2018 a atteint son objectif. Ce sentiment de responsabilité s’avère encore plus prononcé dans certains secteurs, où il touche jusqu’à 80 % des salariés, commente Pascale Romenteau, directrice générale de Centre Inffo. Ce qui nécessite toutefois un accompagnement tant par les employeurs que les pouvoirs publics. » Un signe irréfutable de cette tendance : dans l’année 2022 (période observée par la Dares et dont les résultats viennent d’être publiés), 47 % des personnes de 18 à 69 ans ont suivi au moins une formation dans l'année.

R. Charbonnier

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