Mobilisation pour le commerce grenoblois
Après l’onde de choc et la consternation observées suite aux dégradations du 17 octobre, l’heure est à la mobilisation : numéro d’urgence, aide aux déclarations d’assurance, sécurisation des commerces touchés… De multiples mesures sont mises en place pour venir en aide aux commerçants.
Les déclarations officielles se sont multipliées pour déplorer les violences urbaines « d’une extrême gravité », a qualifié Catherine Seguin, préfète de l’Isère, au soir du 17 octobre. Destruction de mobilier urbain, incendies de poubelles et de véhicules, dégradation de voies de transport, se sont enchaînées à Grenoble comme dans d’autres villes de France, en marge des manifestations prévues samedi. Des attaques visant spécifiquement l’hôtel de ville de Grenoble, le rectorat, l’église Saint-Louis se sont déroulées. « Plus d’une trentaine de commerces et agences bancaires ont fait l’objet de pillages de manière presque simultanée, en plusieurs endroits du centre-ville, rendant plus difficile encore l’action des forces de l’ordre ». Celles-ci ont également été « la cible d’attaques répétées notamment par des tirs de mortiers et des jets de pierres », mentionne la Préfecture, qui souligne « une volonté manifeste de s’en prendre aux personnes, aux forces de l’ordre et aux biens publics comme privés », de la part de plusieurs centaines d’individus cagoulés (sur 13 000 manifestants recensés). Au soir du 17 octobre, 51 personnes ont été interpellées, parmi environ 800 « délinquants d’opportunités » qui auraient pris part à des exactions. Plus de 55 interventions de sapeurs-pompiers ont été réalisées pour éteindre des feux d’origine criminelle.
Ce lundi matin, après les premières interventions de la police municipale et de la propreté urbaine, une délégation d’élus de la ville de Grenoble s’est déplacée avec les unions commerciales pour constater les dégradations et rencontrer les commerçants. « Derrière les vitrines brisées, les locaux dégradés et les marchandises volées ou détruites, il y a des femmes et des hommes, des familles, des emplois, des équipes, et des activités parfois fragiles (…) La Ville et la Métropole seront à leurs côtés pour faciliter la reprise de leur activité et les accompagner dans leurs démarches », a déclaré Laurence Ruffin, Maire de Grenoble.
Des mesures d’urgence, et de relance économique
Après de premières mesures immédiates mise en œuvre ce samedi (financements d’agents de sécurité pour les commerces non sécurisés notamment), des actions plus globales ont été mises en place lundi 19 octobre par la CCI de Grenoble :
- Création d’un numéro unique : 04 76 28 25 25 et d’une adresse mail : solidarité@grenoble.cci.fr
- Cellule de soutien psychologique
- Recensement des commerçants impactés et accompagnement individuel en lien avec l’association Labelville,
- Mobilisation d’entreprises (pour des matériaux) et d’artisans (pour la pose) dans le but de sécuriser les locaux commerciaux,
- Coordination avec les services de police pour faciliter les dépôts de plainte.
Au-delà, la CCI de Grenoble se prononce pour la création de dispositifs financiers et fonds d’urgence de la part de la Ville de Grenoble et la Métropole. Mais elle plaide aussi pour le renforcement des moyens de sécurisation du centre-ville, et le lancement d’un plan de relance économique en faveur des commerces de proximité.

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