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Experts — Le 8 février 2021

Vers un “équilibre de basse pression” durable en 2021, et peut-être bienvenu

L’expression “équilibre de basse pression” est couramment utilisée par les économistes pour décrire une situation à la fois stable et caractérisée par une croissance, un taux d’inflation et des taux d’intérêt faibles. J’avais déjà évoqué une telle situation en 2016 , en parlant d’une “économie du triple zéro” et d’une forme de “japonisation du monde”, seul le Japon donnant alors à voir ce à quoi pourrait ressembler une telle économie.

© M. Brichet - Hugues Poissonnier, professeur à Grenoble École de Management et directeur de l’Irima

Plus encore qu’il y a quatre ans, les conditions paraissent réunies pour le maintien d’un “équilibre de basse pression” sur le long terme. Cette perspective, plutôt que “risque”, ne me semble pas devoir nourrir quelque forme de pessimisme que ce soit. Comme en 2016, de véritables opportunités de remettre l’économie à sa juste place dans nos sociétés existent. Il ne tient qu’aux acteurs économiques de les saisir.

Le constat : une faiblesse de l’activité durable

Le fameux “rebond” de l’économie est régulièrement évoqué. S’il sera sans doute possible de mesurer de réels effets de rattrapage après plusieurs mois de sous-activité, les remèdes mobilisés pour soutenir l’activité risquent d’avoir des effets sur le long terme. Le chômage de masse, la constitution d’une importante épargne de précaution et la chute des investissements, bien plus due à la prudence des dirigeants qu’aux éventuelles difficultés de financement (les taux d’intérêt resteront bas) jouent en faveur d’une réduction forte de la demande. Ces effets conjoncturels à la limite du structurel (vu la temporalité longue dans laquelle ils s’inscrivent) viennent renforcer une tendance de fond, plus culturelle, sur l’évolution profonde de la consommation. La tendance est marquée par une recherche de sens et une diminution déjà observée bien avant la crise sur de nombreux marchés (comme le textile-habillement par exemple). Certains économistes, comme Sébastien Jean, directeur du CEPII, n’hésitent plus à évoquer un risque de “stagnation séculaire”.

Une nouvelle économie à inventer

Au risque de me répéter, je préfère qualifier ce “risque” de “perspective”. De nombreux exemples témoignent du fait que la corrélation entre croissance et bien-être, insuffisamment questionnée, est loin d’être évidente. La croissance économique (celle du PIB, un piètre indicateur) peut être obtenue au détriment du bien-être collectif et individuel, ou sans croissance économique. Je ne parle même pas ici des effets de la croissance sur notre environnement naturel, sujet pourtant essentiel sur lequel nous reviendrons.

Les opportunités de repenser l’économie et sa contribution au bien-être collectif et individuel ne sont pas nouvelles. Comme souvent cependant, c’est sous la contrainte que s’expriment le mieux notre créativité et notre capacité à changer. C’est donc de façon résolument optimiste que j’envisage les opportunités qu’offre cette “économie du triple zéro” vers laquelle nous semblons tendre. En nous libérant de la course à la croissance, elle pourrait nous ouvrir à d’autres formes de progrès.

Certains économistes n’hésitent plus à évoquer un risque de “stagnation séculaire”.

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