JO d’Hiver 2030 : l’appel de Grenoble
Une mobilisation sans précédent du monde économique plaide pour la réutilisation de la patinoire du Palais des sports de Grenoble dans le cadre des JO d’Hiver 2030. Cet équipement existant, réhabilité, pourrait devenir un futur « zénith alpin » pour des compétitions et événements à portée internationale.
C’est une partie décisive qui se joue. La répartition des sites olympiques entre Savoie, Hautes-Alpes et Nice, prévoyait la construction d’une nouvelle patinoire sur la Côte d’Azur pour accueillir les épreuves de sports de glace. Mais le retard suscité par les débats autour de l’emplacement et du coût des infrastructures à Nice, évalué entre 130 et 200 M€, doublé du contexte des élections municipales, ont incité les acteurs économiques grenoblois à monter au créneau. Pierre Streiff, Pascal André, et Bertrand Converso, respectivement présidents de la CCI de Grenoble, de la CPME 38 et de la FBTP Isère, ont ainsi tenu une conférence de presse, mardi 31 mars. Ils ont rendu public un courrier adressé à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, au Département, à la Métropole et à la Ville de Grenoble, signé par l’ensemble des représentants du monde économique*, défendant de nouvelles options. Dans ce courrier, ils déplorent que la capitale des Alpes, disposant déjà d’équipements et en capacité à recevoir les Jeux, n’ait pas été retenue dans les choix de localisation des sites olympiques. Ils plaident à ce titre pour « la transformation du Palais des Sports de Grenoble », afin qu’il puisse accueillir les compétitions de sports de glace. « Cet équipement, poursuivent-ils, héritage des JO de 1968 et symbole emblématique de Grenoble, est aujourd’hui vieillissant et sous-utilisé au regard de ses capacités réelles ». Or, défendent-ils, l’infrastructure, qui présente un intérêt patrimonial et architectural majeur, peut être réhabilité pour abriter ces épreuves.
Replacer l’Isère et Grenoble sur la carte olympique
Leurs arguments : Grenoble est fortement identifiée comme site olympique, et « une ville tournée vers les sports de glace ». Par ailleurs, la réhabilitation en patinoire olympique a déjà fait l’objet d’un chiffrage et d’études avancées lors de la candidature de Grenoble aux JO de 2018. Utiliser un site existant permettrait en outre de réduire l’empreinte environnementale des Jeux, de respecter les prescriptions de la loi « zéro artificialisation nette » et de maîtriser la dépense publique, la réhabilitation de la patinoire ayant été évaluée à 80 M€. Ce serait surtout, exposent-ils, l’opportunité de concevoir et disposer à Grenoble d’une nouvelle infrastructure de 10 000 places, véritable « zénith alpin ou grande halle multifonctionnelle », dédié à l’accueil d’événements sportifs, culturels, dans la région. Un équipement qui manque actuellement dans le sillon alpin.
« Il faut à présent aller vite », a martelé Pascal André, président de la CPME 38. « Nous avons là une opportunité unique de favoriser le dynamisme économique et événementiel de Grenoble », a poursuivi Bertrand Converso. « Il est rare de voir des chambres consulaires et des organisations patronales aussi unies pour faire avancer le développement économique et le rayonnement du territoire grenoblois », a commenté Pierre Streiff. Prochaine étape : élargir le consensus et la mobilisation autour de ce projet fédérateur, à fort enjeu d’attractivité pour la région.
E. Ballery
*Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Isère, Medef Isère, CPME 38, FBTP Isère, CAPEB 38, Udimec, U2P

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