Après le « non » de la justice, Exalia en quête d’une solution
Le tribunal de commerce de Lyon a rejeté l'offre de reprise de la plateforme chimique du Pont-de-Claix portée notamment par Olivier Six, président du groupe Orio.
« Une immense surprise (...) » « Une décision totalement incompréhensible. » Les porteurs du projet Exalia étaient sous le choc ce mercredi 25 mars, après le rejet par le tribunal de commerce de Lyon de leur offre de reprise de la plateforme chimique. « Nous sommes étonnés et écœurés, car notre projet est solide », s’est indigné Olivier Six lors d’une conférence de presse organisée à l’entrée de la plateforme chimique. Le président du groupe Orio a énuméré les atouts du dossier : un financement bouclé, des installations disponibles, une équipe constituée, des lettres d'intention de futurs clients, ainsi que le soutien affiché de grandes entreprises, de collectivités territoriales, de l'État, de la Banque publique d'investissement (Bpifrance) et de la Banque des Territoires.
Un enjeu de souveraineté industrielle
Le projet Exalia visait à produire une « chimie décarbonée et souveraine » à partir du sel de la mine de Hauterives, dans la Drôme. Il prévoyait aussi la restructuration de la plateforme chimique et le développement de nouveaux projets pour produire, par exemple, du e-methanol. En 2025, le tribunal de commerce de Lyon avait déjà rejeté une offre de reprise présentée en urgence par d’anciens salariés de Vencorex, qui envisageaient de constituer une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), soutenue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Grenoble. « Nous n’avons pas encore le contenu de l’ordonnance, mais nous savons que le tribunal a préféré l’offre d’un ferrailleur qui pourra démanteler et revendre toute la ferraille du site », a indiqué Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex. « La plateforme chimique de Pont-de-Claix risque donc de mourir plus vite que prévu », a-t-elle prévenu. « Je suis tétanisé par cette décision qui ne prend pas en compte l’intérêt public, a réagi le maire de Pont-de-Claix. Nous continuerons à nous battre. Nous étudierons toutes les voies de recours possibles car ce n’est pas possible que l’histoire se termine de cette façon. »
Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a rencontré les porteurs de projets lors des Assises du made in France organisées jeudi à Pont-de-Claix. S’il n’a pas commenté la décision du tribunal, il a indiqué qu’il allait mettre tous les acteurs du dossier “autour de la table” dans les prochains jours afin de trouver une “solution”.
C. Le Goff

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