Wattalps, l’innovation passe à l’échelle industrielle
Issue des laboratoires du CEA, Wattalps industrialise depuis l’Isère une technologie de batteries refroidies par immersion destinée aux engins industriels. Une illustration de la capacité de l’écosystème grenoblois à transformer une innovation de rupture en activité industrielle tournée vers l’international.
L’histoire de Wattalps débute en 2013 au CEA, où naissent les premiers travaux sur une technologie de refroidissement par immersion des batteries lithium-ion. Il faudra près de dix ans de recherche, de développement et de validation avant que la troisième génération de produits soit prête pour une exploitation industrielle. Les premières machines équipées de batteries Wattalps entrent en exploitation commerciale en 2024.
« Une technologie de rupture demande énormément de travail de validation », résume son président et cofondateur, Matthieu Desbois-Renaudin. Aujourd’hui, l’entreprise, qui emploie une vingtaine de collaborateurs, conçoit et assemble ses batteries en Isère pour des constructeurs d’engins de chantier, de manutention, de transport ou agricoles, mais aussi pour les secteurs portuaire, maritime ou minier, où les besoins en puissance et en autonomie sont particulièrement élevés.
Une technologie pour les usages les plus exigeants
La spécificité de Wattalps repose sur un procédé breveté de refroidissement par immersion : les cellules de batterie sont entièrement plongées dans un fluide diélectrique biodégradable, non toxique et non inflammable. Ce système assure un contrôle très fin de la température, améliore la sécurité et autorise des niveaux de puissance inaccessibles aux technologies conventionnelles. Protégée par huit brevets, l’innovation a notamment obtenu des certifications pour les applications routières et maritimes, ainsi qu’un prix sécurité lors du salon Euromaritime.
Pour Matthieu Desbois-Renaudin, cette technologie répond avant tout à une attente des industriels : électrifier des machines qui fonctionnent de manière intensive, parfois en continu, tout en garantissant un retour sur investissement rapide. Un positionnement qui permet à l’entreprise de se différencier d’une concurrence asiatique très offensive, non pas par les volumes de production, mais par les performances et la valeur ajoutée de ses solutions.
L’écosystème grenoblois comme accélérateur
La réussite de Wattalps doit, selon son président, beaucoup à l’écosystème grenoblois : « Nous ne sommes pas un extraterrestre dans le paysage. » Héritage du CEA, proximité de grands industriels, comme Schneider Electric ou STMicroelectronics, vivier d’ingénieurs, banques et collectivités habituées à accompagner les entreprises innovantes… l’ensemble de cet environnement a permis à l’entreprise de franchir les différentes étapes[FB1.1], du laboratoire à l’industrialisation.
Déjà présente en Europe, aux États-Unis et en Australie, Wattalps prépare désormais de nouveaux partenariats industriels pour accélérer son développement. Une nouvelle étape qui illustre l’une des grandes forces du territoire grenoblois : transformer une recherche d’excellence en solutions industrielles capables d’accompagner la transition énergétique et de s’imposer sur les marchés internationaux.
L. Marty

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