Arnaud Dordini (Afiph) : « La concurrence nous challenge et fait évoluer »
Sous-traitant et partenaire de plus de 1 000 clients, l’Association familiale de l’Isère pour personnes handicapées (Afiph) n’entend pas subir la frilosité générale. Arnaud Dordini, directeur du département travail et insertion, identifie au contraire un moyen d’innover et d’avancer.
Comment se porte votre activité ?
Après un exercice 2025 qui s’est conclu par un chiffre d’affaires de 12 M€, nous remarquons une tendance à l’effritement depuis le mois de septembre dernier. Nos partenaires sont plus frileux eu égard à l’incertitude politique. Malgré tout, nous avons choisi de continuer à maîtriser nos coûts, tout en fixant pour 2026 un objectif prudent de croissance de 5 % pour chacun de nos cinq Esat.
De quelle manière se traduit cette frilosité ?
Sur 1 000 clients, certains parmi ceux qui ont recours à de la sous-traitance nous challengent désormais avec des concurrents étrangers installés au Portugal, au Maghreb ou en Chine. Une situation qui nous conduit à revoir nos process et nos manières de travailler. Mais finalement, cela nous fait aussi évoluer et avancer.
Dans ce contexte, quelles sont vos perspectives de développement ?
Elles sont multiples et prennent des formes différentes, inscrites dans notre stratégie à 2030, qui définit la manière dont l’Afiph se projette. Cette feuille de route s’articule autour de quatre axes. Le premier vise à transformer et à diversifier les activités existantes. Si les métiers historiques fonctionnent bien – entretien des espaces verts, restauration… –, de nouvelles pistes sont explorées, notamment en hygiène, propreté et multiservices. Nous imaginons aussi la création de produits en marque propre, afin de valoriser les unités de production et compenser les périodes de baisse d’activité. Un autre axe est celui du déploiement d’un ERP, pour mieux gérer les parcours clients. Puis nous souhaitons renforcer l’individualisation des parcours de nos 1 300 travailleurs en situation de handicap et mieux les accompagner vers l’emploi, en particulier vers le milieu ordinaire. Près de 10 % d’entre eux pourraient y accéder.
Comment évolue le regard sur le travail des personnes en situation de handicap ?
Leur taux de chômage, de 17 % en 2015, est tombé à 12 % en 2023. Nous observons donc un réel changement des mentalités et des pratiques. Si le cadre réglementaire a effectivement favorisé cette évolution, une large majorité de nos clients affiche une volonté de s’engager et d’aller encore plus loin. Le chemin est donc positif.
R. Charbonnier

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