Le Prix Louis Néel 2025 attribué à deux entreprises grenobloises, par Jean Serroy
Le prix Nobel de physique 1970, en couronnant Louis Néel, distingua celui qui fut un des artisans majeurs du développent scientifique et technique du territoire grenoblois. On s’étonne d’autant plus de ce fait que la ville n’en manifeste guère depuis de signes objectifs de reconnaissance. Le constatant, l’Académie delphinale et son président, le professeur Alain Franco, ont décidé de remettre en honneur le Prix Louis Néel, qui, créé en 1993, avait été décerné onze fois par le groupe Dauphiné-Savoie des électriciens et électroniciens, avant d’être mis en sommeil.
2025 aura donc sonné le retour de cette récompense destinée à distinguer des entreprises et des équipes de recherche illustrant la vitalité régionale en matière technologique avancée. Pour cela a été constitué un groupe de travail réunissant 150 membres, un comité de pilotage constitué de huit académiciens, et un groupe de sept personnalités qualifiées, tant grenobloises qu’extérieures, formant le jury final. Ce processus, engagé tout au long de l’année, a permis de désigner les deux lauréats issus des sept équipes nominées, lesquelles témoignaient collectivement de la diversité d’applications issues de la recherche fondamentale.
C’est dans l’auditorium archi-comble des Archives départementales qu’ont donc été remis, le 13 décembre dernier, en présence de nombreux représentants des mondes politique, industriel, scientifique et universitaire, non pas un mais deux prix, symbolisés par une médaille créée par la sculptrice Tineke Bot. D’abord le Prix Louis Néel lui-même, attribué à la jeune entreprise MagREEsource, en la personne de ses deux fondateurs, Sophie Rivoirard et Erick Petit. Leur start-up développe un processus permettant de séparer l'acier des terres rares composant les aimants, technologie de pointe dans un secteur aujourd’hui particulièrement sensible et qui explique que l’entreprise, en plein développement, va investir 50 millions d’euros dans son site en banlieue de Grenoble. Un Prix spécial du jury couronnait ensuite Stéphane Lavallée, infatigable chercheur et entrepreneur, fondateur de plusieurs start-up en France, et notamment à Grenoble de MinMaxMedical, dans le domaine très porteur de la robotique chirurgicale et interventionnelle.
Deux entreprises qui, à coup sûr, s’inscrivent dans la ligne d’excellence tracée, il y a plus de 50 ans, par Louis Néel, entre recherche et industrie.
J. Serroy

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