Orioma, le capteur qui traque les gaspillages d’énergie
Proposant un capteur autonome fonctionnant pendant quinze ans sans câblage ni remplacement de pile, la start-up iséroise Orioma entend révolutionner la gestion énergétique des bâtiments tertiaires. Une innovation soutenue par une récente levée de fonds de 2,5 M€.
Dans les bâtiments tertiaires, chauffage, climatisation et éclairage continuent souvent de fonctionner alors même que les locaux sont inoccupés. C’est à ce gaspillage énergétique que la société Orioma s’attaque. Installée à Moirans, la start-up fondée par Serdar Manakli, ancien chercheur du CEA, a développé LOBX, un capteur IoT autonome en énergie capable d’analyser en temps réel l’occupation des espaces, la température, la luminosité ou encore certains échauffements anormaux. « Nous ne prenons jamais d’images exploitables. Elles sont traitées directement dans le capteur puis immédiatement effacées. La confidentialité des occupants est garantie », souligne le dirigeant.
L’originalité de LOBX tient aussi à son autonomie. Alimenté par des cellules photovoltaïques fonctionnant avec la lumière intérieure, le capteur ne nécessite ni câblage ni maintenance pendant quinze ans. Relié à sa plateforme Orioconnect ou aux systèmes de gestion technique des bâtiments, il pilote automatiquement chauffage, climatisation et éclairage en fonction de la présence réelle des occupants, avec à la clé jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.
Cap sur l’industrialisation
Après plusieurs années de R&D menées avec le CEA, le CNRS et le laboratoire TIMA*, Orioma est entrée en phase de commercialisation. Une vingtaine de sites ont déjà été équipés cette année et la jeune pousse ambitionne de dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires en 2026. Ses capteurs, fabriqués intégralement en Auvergne-Rhône-Alpes, sont déjà déployés en France, mais aussi au Japon, en Corée du Sud et en Côte d’Ivoire.
Pour accompagner cette montée en puissance, le groupe Huelco, auquel appartient Orioma, a levé 2,5 M€, dont plus de 80 % seront consacrés au développement de la start-up. Objectifs : renforcer la production, recruter et préparer une nouvelle étape de croissance à l’international.
L. Marty
* CNRS/UGA/Grenoble INP.

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