BTP : de nouveaux métiers pour de nouveaux défis
Évolution réglementaire, transformations techniques, adaptation à de nouveaux marchés… le BTP fait face à des bouleversements qui imposent aux entreprises de se réinventer et d’anticiper les enjeux futurs. Une mutation qui impacte naturellement tous les métiers.
Rarement les entreprises du BTP ne se sont trouvées confrontées, dans leur histoire, à des changements aussi structurants. Avec des répercussions tant sur leurs modèles économiques que sur leurs pratiques. La profession affronte, entre autres sujets, une pression réglementaire croissante, liée à la décarbonation du bâtiment et des travaux publics (26 % des émissions de CO2 au niveau national), en particulier sur la gestion des déchets du bâtiment. En parallèle s’ajoutent des évolutions technologiques fortes (BIM, nouveaux matériaux, etc.). Une situation qui a naturellement des répercussions sur les métiers et les compétences.
Conséquences : des profils à plus haut niveau de qualification émergent (ingénieur en génie climatique, BIM manager, ingénieur d’études en efficacité énergétique…) quand les métiers plus traditionnels évoluent aussi fortement. Une étude portant sur les besoins en compétences additionnelles, actuels et à cinq ans, réalisée auprès des entreprises du BTP de la région et publiée en début d’année par l’Observatoire des métiers du BTP, le démontre.
Les résultats indiquent que pour les sociétés du gros et second œuvre, comme pour celles des travaux publics, de nouveaux domaines de compétences sont désormais attendus : gestion environnementale des chantiers, mise en œuvre de démarches de réemploi des matériaux, maîtrise du BIM, utilisation de logiciels d’optimisation des matériaux, veille active sur les matériaux biosourcés… « Il est une certitude que la montée en compétences de l’ensemble des métiers est essentielle pour répondre aux évolutions de nos secteurs. Mais lorsqu’une entreprise peine à remplir ses carnets de commandes, il est toujours plus difficile d’engager des changements d’envergure, beaucoup préférant s’en tenir à des pratiques qu’ils maîtrisent déjà », nuance Vincent Bourget, président du Pôle Habitat auprès de la Fédération française du bâtiment Isère. L’étude propose des pistes d’action identifiées, telles que le renforcement de la maîtrise du geste technique, des formations courtes en compétences additionnelles ou encore des parcours de formation permettant d’ajouter des compétences dépassant le seul cœur de métier. À ces transformations structurelles s’agrègent des champs de contraintes liés à la conjoncture : la hausse des prix des matériaux, consécutive à la guerre au Moyen-Orient, oblige également les acteurs du secteur à intégrer le contrôle de gestion sur chaque chantier, à revoir leurs achats, leurs tarifs, penser substitution de matériaux, circuits plus courts pour maîtriser les coûts de transport… Avec là encore des montées en compétences à réaliser. Et de la sensibilisation à opérer. Autant de sujets dont se sont emparées les organisations représentatives de la profession.
R. Charbonnier
Chiffres clés du bâtiment
LE BÂTIMENT
440 000 entreprises, dont 94 % de taille artisanale
CA 2024 : 208 Md€, dont 118 pour l’amélioration-entretien
60 % de l’activité concerne le logement.
1 749 000 actifs en France, dont 1 258 000 salariés.
RECRUTEMENT EN 2026
2 550 projets de recrutement en Isère, mais 81,6 % des entreprises iséroises du bâtiment observent des difficultés à y parvenir (en recul de 13 % par rapport à 2025).
17 690 projets de recrutement en Auvergne-Rhône-Alpes, pour une part de 73,9 % de difficulté à les réaliser.
139 510 en France, avec une part de difficultés de 65,2 %.
LES TRAVAUX PUBLICS
Activités principales : travaux routiers, terrassements, eau et assainissement…
CA 2024 : 51,3 Md€ (+ 4 % par rapport à 2023)
Effectifs : 255 860 en France, 31 632 en Auvergne-Rhône-Alpes.
FORMATION DU BTP
322 628 stagiaires en formation continue, 45 894 en Auvergne-Rhône-Alpes.
3,4 % d’apprentis dans le BTP inscrits dans les CFA au 31 décembre 2025 (par rapport à 2024), en France. Bien que majoritaire (49 %), le nombre d’apprentis préparant un CAP baisse depuis 2015.
Sources : « Les besoins en compétences par corps de métiers », Observatoire des métiers du BTP (octobre 2025), FFB, FNTP.
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