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Services — Le 1 juin 2026

Audric Poggia, président des jeunes dirigeants de la FFB AURA : « Nous sommes plus sensibles à l’innovation »

Dirigeant de l’entreprise Poggia, spécialisée dans la rénovation de bâtiments à Saint-Martin-d’Hères, Audric Poggia apporte son éclairage sur les métiers et les défis à venir, en tant que président du groupe des jeunes dirigeants de la Fédération française du bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes.

Audric Poggia, président des jeunes dirigeants de la FFB AURA © Edyta Tolwinska
Audric Poggia, président des jeunes dirigeants de la FFB AURA © Edyta Tolwinska

Quelle est la conjoncture des entreprises que vous représentez ? 

Depuis le début de l’année, nous observons beaucoup de demandes de travaux, notamment chez les particuliers, mais peu de signatures concrètes. L’activité tourne au ralenti, sans être catastrophique pour autant. En réponse à cette visibilité incertaine, la diversification des activités permet de maintenir un niveau d’affaires suffisant. Il est important d’avoir une vision plus stratégique de nos entreprises et de leur positionnement sur leurs marchés pour être en mesure de saisir les opportunités qui se présentent. 

Quelles sont, selon vous, les singularités des jeunes dirigeants ? 

Ils sont tous au début de leur carrière professionnelle, mais l’optimisme les caractérise et leur donne la volonté de relever de nouveaux challenges. Nous apportons collectivement une sensibilité à l’innovation et une ouverture aux changements, notamment aux enjeux de la RSE, tout en étant portés par l’envie de multiplier les synergies. Il faut le souligner, les entreprises familiales en particulier, malgré leur ancienneté, ont toujours su évoluer, s’adapter et être résilientes. 

Comment faire face aux défis humains et technologiques ? 

Sur le plan humain, il est fondamental de savoir accompagner nos collaborateurs dans l’évolution de leurs compétences. Pour cela, nous encourageons les adhérents à mettre en place des entretiens individuels, encore trop peu répandus, afin d’identifier les besoins des salariés et d’y répondre de manière adaptée. Par ailleurs, nos secteurs ne manqueront pas de travail. Les technologies, de plus en plus présentes sur les chantiers, nous incitent à nous intéresser à ces sujets dès aujourd’hui. Mais si nous n’exercerons pas notre métier demain comme nous le faisons actuellement, ce ne seront pas les robots qui nous remplaceront. 

Entre opportunité et contrainte, comment percevez-vous les évolutions en matière de réglementation ? 

Nous avons des bâtiments dont la durée de vie est de plus en plus longue, construits avec des ressources optimisées et des matériaux durables. Les normes et les différentes législations doivent donc être comprises et intégrées afin qu’elles soient perçues comme des opportunités pour améliorer nos métiers, nos process et nos chantiers. Mais il ne faut pas non plus les multiplier excessivement, car elles peuvent constituer des freins à l’acte de construire. C’est notamment le cas de la taxe REP PMCB*, reposant sur le principe du pollueur-payeur. Une éco-contribution ajoutée aux prix de vente des produits et matériaux qui, malgré son principe initial pertinent, s’avère une usine à gaz qui nous oblige, à la fin, à la payer deux fois. Ce qui impacte nos résultats financiers. 

R. Charbonnier

*Responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du bâtiment.

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