Grapheal révolutionne la détection des polluants éternels
Issue de la recherche grenobloise, Grapheal mise sur le graphène pour développer des capteurs capables de détecter rapidement les PFAS directement sur le terrain. Une innovation qui vient d’être soutenue par une aide européenne de 2,5 M€. Elle ouvre à la start-up de nouvelles perspectives industrielles.
Huit ans après sa création, Grapheal est en passe de transformer plus de vingt ans de recherche sur le graphène en succès industriel. Fondée par Vincent Bouchiat, chercheur CNRS à l’Institut Néel, et Behnaz Djoharian, diplômée de Grenoble INP-Ensimag (UGA), la start-up a développé un procédé original de fabrication de graphène imprimé sur plastique. En s’affranchissant des salles blanches de la microélectronique, elle divise les coûts de production par dix et ouvre la voie à des capteurs souples, transparents et peu coûteux.
Des analyses en trente minutes
Le principe est simple : recouvert de récepteurs chimiques, le graphène modifie instantanément sa conductivité électrique lorsqu’il détecte une molécule cible. Grapheal exploite aujourd’hui cette technologie avec PFAST, un capteur portable destiné à détecter les PFAS, ces « polluants éternels » désormais au cœur des préoccupations sanitaires et environnementales. Alors qu’une analyse classique nécessite un prélèvement, puis plusieurs jours, voire semaines, d’attente en laboratoire, sa solution fournit un résultat quantitatif directement sur site en une trentaine de minutes. Utilisée par des agences de l’eau et des industriels, la technologie génère déjà ses premiers revenus, avec un chiffre d’affaires de 250 k€. Lauréate de l’EIC Accelerator, l’un des dispositifs les plus sélectifs de l’Union européenne, Grapheal bénéficie d’un soutien de 2,5 M€ et mène parallèlement une levée de fonds pour lancer sa ligne pilote de production. À plus long terme, la société ambitionne de décliner sa technologie dans le domaine de la santé, avec des tests connectés capables de mesurer simultanément plusieurs biomarqueurs via un simple smartphone.
L. Marty

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