Mirega veut mesurer les émissions au plus près du terrain
Créée en 2023, la start-up deeptech Mirega développe un analyseur de gaz ultra-miniaturisé pour détecter et quantifier, en temps réel, les émissions industrielles de méthane et de dioxyde de carbone.
Avant de lancer Mirega, Vincent Hardy a dirigé plusieurs entreprises, et été moniteur de ski. « En montagne, j’ai été confronté très concrètement aux effets du réchauffement climatique. Je me suis demandé comment mettre mes compétences au service d’un projet à impact », explique-t-il. La réponse naît d’une rencontre avec des chercheurs du Laboratoire Kastler Brossel, spécialistes de physique quantique. Leurs travaux sur la détection d’atomes uniques reposent sur une technologie de microcavité optique intégrée dans une fibre : la lumière y effectue de multiples allers-retours entre deux miroirs, augmentant fortement la sensibilité. Mirega transpose cette innovation à la spectroscopie des gaz.
Des marchés industriels en première ligne
L’objectif est ambitieux : proposer un analyseur cent fois plus compact que les solutions actuelles, tout en conservant une sensibilité équivalente aux équipements de laboratoire. Là où les instruments traditionnels sont volumineux et peu mobiles, le cœur technologique développé par Mirega a l’épaisseur d’un cheveu. À terme, l’appareil complet tiendra dans le volume de quelques smartphones empilés. Cette compacité permet des mesures en mobilité, au plus près des installations.
Premier marché visé : la détection de fuites de méthane sur les sites gaziers et pétroliers, dans les décharges ou les stations-service. Le méthane, au pouvoir réchauffant bien supérieur au dioxyde de carbone à court terme, constitue un enjeu majeur. Deuxième axe : la quantification précise des émissions réelles d’un site industriel, en en faisant le tour, au sol ou par drone. Une perspective stratégique alors qu’une réglementation européenne imposera dès 2026 des diagnostics plus rigoureux.
Installée en Isère, avec une R&D à Paris et un site de production à Montbonnot-Saint-Martin, Mirega compte dix salariés. La commercialisation complète de son analyseur est prévue en 2027. En attendant, la start-up génère ses premiers revenus grâce à la vente de filtres optiques issus de sa technologie, déjà utilisés dans le génie civil.
L. Marty

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