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Présences Grenoble
A table — Le 3 juin 2019

La Table de la Fontaine, vert Vercors…

Une vraie table de village, et la cuisine qui va avec !

Bertrand et Fabienne Rivoal, dans leur maison près de la fontaine… © F. Ardito

La maison, près de la fontaine… pour un peu, on se croirait dans une chanson de Nino Ferrer. On pourrait ajouter au décor l’église et son clocher, qui se profilent juste à côté, et devant, la place du village, avec la fontaine en question. Elle s’appela longtemps la fontaine de l’Enfer, rapport à un trou du même nom, dans la montagne proche, où la Résistance cachait des armes pendant les années sombres. Lorsqu’ils ont repris, en 2016, le bistrot qui en portait l’appellation, Bertrand et Fabienne Rivoal en ont profité pour faire discrètement sauter l’enfer et, choisissant d’ouvrir le lieu à la cuisine, l’ont tout simplement appelé La Table de la Fontaine. Ce qui est, à l’évidence, plus avenant, et qui correspond on ne peut mieux à ce coin de plaisir que constitue une vraie place de village, surtout lorsque les beaux jours rendent l’accès à la terrasse où l’on peut respirer à l’aise l’air vif du Vercors. On n’est qu’à une quarantaine de minutes de Grenoble, mais Méaudre a cet avantage d’être à des années-lumière des miasmes urbains. Et le Méaudret, qui coule juste au bas, a un petit air rafraîchissant et campagnard qui donne assez bien le ton de la cuisine que le couple a choisi de servir. C’est leur première table personnelle, et ils ont voulu y traduire leur double expérience : elle, formée au Clos d’Or et à Lesdiguières, avant de passer dans de grandes maisons, apportant la science du service ; lui, au départ spécialiste de la protection de la nature et reconverti dans l’art du fourneau, entendant insufler à sa cuisine le côté vert et naturel auquel il s’est toujours attaché.

Une authenticité liée aux saisons, au marché, au local

D’où un souci d’authenticité qui se traduit par le choix délibéré d’une carte restreinte, liée aux saisons, au marché, au local. Chaque jour, un menu différent propose entrée-plat-dessert avec, pour ceux à qui il ne conviendrait pas, trois ou quatre plats solides toujours là en renfort : andouillette, faux-filet, truite d’Échevis, ravioles du Royans. Mais autant se faire plaisir en mesurant l’ingéniosité du chef à interpréter sa petite musique du jour. Pour l’occasion, c’était en entrée une piquante salade d’asperges blanches relevées de chorizo et d’un écrasé d’olives de Nyons. Le filet de cochon à l’ananas qui suivait avait la douceur sucrée et colorée du vert pétant des petits pois frais, et de l’orangé d’une purée de patates douces qui lui servaient de garniture. Quant au moelleux au chocolat, tiède en son cœur, son alliance avec une glace à l’orange avait l’évidence du plaisir gourmand. Comme, pour accompagner le tout, le crozes-hermitage du domaine des Hauts Châssis, tout en ampleur et en générosité : la meilleure fontaine de table qui soit…
J. Serroy

 

Bertrand et Fabienne Rivoal, dans leur maison près de la fontaine…

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