Le projet Exalia définitivement abandonné
Le projet Exalia, qui devait redonner vie à la plateforme chimique de Pont-de-Claix avec 250 emplois à la clé, est définitivement enterré. Le site sera démantelé par un ferrailleur drômois.
C'est terminé pour Exalia. Les porteurs du projet de reprise de la plateforme chimique de Pont-de-Claix ont annoncé qu'ils jettent l'éponge. "C'est avec un profond sentiment de révolte, d'amertume et d'immense gâchis" qu'Olivier Six, président du Groupe Orio, et Séverine Dejoux, ex-salariée de Vencorex, ont annoncé le retrait définitif de leur offre. Dans un communiqué commun, ils pointent "les impératifs de délais, l'inertie et les verrous procéduraux" qui ont, selon eux, condamné "un projet représentant l'avenir d'une filière industrielle régionale et nationale stratégique".
Une mobilisation hors normes
Le coup de grâce était intervenu en avril, lorsque le tribunal de commerce de Lyon avait rejeté pour la seconde fois leur offre de reprise. Baptisé Exalia, leur projet visait à relancer l'activité sur le site en proposant une "chimie décarbonée et souveraine", avec à la clé 250 embauches à court terme. Après plusieurs mois d'études et de rencontres au plus haut niveau, notamment avec le ministre chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, il bénéficiait du soutien de l'État ainsi que de plusieurs collectivités, dont la Métropole de Grenoble et la commune de Pont-de-Claix, qui avait voté des avances remboursables de 3 M€ et 600 k€. Rien n'y a fait : le tribunal de commerce a préféré le démantèlement du site, confié à un ferrailleur drômois.
Une décision que les porteurs du projet peinent à accepter. "En privilégiant la vente à la découpe plutôt que la continuité d'un projet industriel d'avenir, le liquidateur a revendiqué la prévalence d'une logique comptable immédiate sur l'intérêt général", défendent-ils. Ils dénoncent plus largement un système où les règles de rémunération des mandataires de justice - “indexées sur un pourcentage des actifs vendus”- créeraient, selon eux, "une incitation objective à détruire l'outil industriel plutôt qu'à le transférer à des repreneurs". Enfin, ils souhaitent que cet échec devienne "un contre-exemple absolu" et serve de jurisprudence "pour que cela ne se reproduise plus jamais en France".
Reste désormais entière la question de l'avenir du site. Le démantèlement de la plateforme chimique devrait bientôt démarrer, avant que ne se pose celle, plus complexe, de la dépollution des sols et, à plus long terme, de la reconversion économique, voire industrielle, du secteur.
Christian Le Goff

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