Sandra Hilaire, porte-voix des femmes du BTP
Présidente du groupe des femmes dirigeantes à la Fédération du BTP de l’Isère, Sandra Hilaire œuvre pour renforcer les liens entre dirigeantes et promouvoir la place des femmes dans un secteur traditionnellement masculin.
La date restera gravée dans son esprit. Le 3 juillet, 520 femmes du BTP venues de toute la France se sont réunies à Grenoble pour les Sensation’Elles du BTP. Un rallye de la construction organisé par le groupe des femmes dirigeantes à la Fédération du BTP de l’Isère, que préside Sandra Hilaire. « Cohésion, réseau, rencontres et bonne humeur ont été au rendez-vous », souligne la dirigeante, fidèle à cet événement. Une manifestation qui permet d’embarquer plusieurs femmes du groupe qu’elle anime dans le département. Elles sont ainsi 18 à s’investir, parmi la soixantaine de dirigeantes que compte la Fédération du BTP de l’Isère. De quoi créer au fil des années des liens solides et cultiver un véritable esprit d’entraide. « Nous sommes devenues une bande de copines, confie Sandra Hilaire. Nous pouvons être concurrentes sur certains marchés, mais cela n’empêche ni le respect ni le soutien mutuel. » Par ce groupe, il s’agit également de mettre en lumière le rôle des femmes dans un univers encore très masculin – elles représentent 13,6 % des effectifs de la filière en France. Et de montrer que « le bâtiment a besoin de nous ». Sandra Hilaire sait de quoi elle parle. Depuis plus de vingt ans, elle évolue dans le secteur. Elle a débuté sa carrière chez Spie, avant de rejoindre MRB, spécialisée dans la rénovation (maçonnerie, charpente-couverture, façades), à Saint-Martin-le-Vinoux. Elle en prendra la gérance en 2020, jusqu’à la cession de la société en avril dernier.
Sensibiliser les jeunes filles comme les garçons
Riche de cette expérience, elle observe toutefois une évolution progressive de la place des femmes dans le bâtiment. « Elle est bien réelle, même s’il reste encore du chemin à parcourir sur le terrain », souligne-t-elle. Pour la cheffe d’entreprise, le changement des mentalités et l’évolution des représentations passent avant tout par la sensibilisation des jeunes générations. « Nous devons parler du bâtiment bien avant le collège, en montrant que l’approche des femmes est souvent différente et apporte une vraie valeur ajoutée sur les chantiers », défend-elle. Sandra Hilaire entend continuer à porter ce message, tout en envisageant une prochaine reprise de société.
R. Charbonnier

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