Le Bellini, al dente…
Un restaurant italien ? Oui, mais… de classe et de goût !
Avec le Gaudi, on était à Barcelone. Avec le Bellini, on se retrouve à Venise. En reprenant l’une des tables les plus emblématiques de la gastronomie grenobloise, Charles-Henri Ducret, qui n’est pas né Chavant pour rien et qui connaît sa restauration sur le bout de la carte, a eu une idée inattendue : ouvrir à Grenoble un nouveau restaurant italien. Dans une ville qui en regorge, le pari était risqué. Mais, loin de toute pizzeria traditionnelle ou de toute trattoria de base, il a choisi un concept qui, lui, faisait jusqu’ici défaut : un restaurant de classe. On serait même tenté de dire, de luxe, susceptible de donner justement une autre idée de la table italienne.
L’enseigne le dit bien qui, avec Bellini, conjugue le plus talentueux des maîtres de l’opéra italien et le plus raffiné des cocktails vénitiens. Et le décor le dit aussi qui, reprenant pour l’identité graphique un logo inspiré d’un personnage créé par les verreries de Murano, mais redessiné jusque sur la paroi du plafond à la manière de Jean Cocteau, joue des murs pistache, de la moquette vert et rose, des banquettes cossues, des chaises tapissier, des tables de marbre, des bois et des dorures, pour donner au cadre intérieur un côté à la fois chaleureux et élégant. Que prolonge en extérieur une terrasse à l’italienne, sur une piazzetta que rafraîchit le jet léger d’une fontaine.
Toutes les saveurs et les senteurs transalpines
Et il en va de même en cuisine et dans les assiettes. Aux fourneaux, la garantie d’authenticité est assurée par Franco Romeo, Italien pure souche originaire des Pouilles, que Charles-Henri Ducret est allé chercher en Corse, à Propriano, où il exerçait, pour le ramener de ce côté-ci des Alpes. Et la façon dont celui-ci conçoit sa carte est à elle seule tout un programme, qui respire les saveurs et les senteurs transalpines : des antipasti à partager, des pasta à toutes les sauces – penne arrabiata, linguine alle vongole, fregola sarda et de charnus gnocchis maison aux poulpes et crevettes, dans une onctueuse sauce à la tomate saupoudrée de parmesan à la râpe. Et des secondi aussi variés que surprenants, d’un risotto aux calamars à la bisque de homard et au parfum de fenouil à un médaillon de cabillaud farci de gambas, infusé à la bergamote et parfumé d’une crème citronnée. Sans oublier la pyramide tout en couleurs et légèretés croquantes d’un fritto misto qui dresse dans l’assiette une sorte de tour de Pise de crevettes, poulpes et gambas, couronnés de fines lamelles frites de carottes et de courgettes, et arrosés d’une mayonnaise aux herbes odorantes. Pour finir, les dolce n’en finissent pas d’offrir toutes les douceurs possibles, à l’image d’un Finger chocolat à l’amarena parsemé de noisettes du Piémont. Le tout accompagné d’un nero d’Avola, rosé pour la fraîcheur, et d’un expresso noisette, pour la dernière et fine bouche. Bellini, ou la tentation de Venise…
J. Serroy
Infos clés
Le Bellini – 5, cours Berriat – 38000 Grenoble
04 76 26 96 48 – bellini@maisons-ducretchavant.fr
Ouvert toute la semaine de midi à 14 h et de 19 à 22 h. Fermé le dimanche.
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