L’Alpe-d’Huez trace sa voie entre sport et culture
Il y a bientôt trente ans, en 1997, naissait le Festival du film de comédie de l’Alpe-d’Huez. Cette année-là marqua sans doute l’orientation résolument « événementielle » de la station. Elle s’inscrit désormais dans une stratégie de long terme, venue conforter l’image de la destination. Retour sur les enseignements de ce modèle.
L’Alpe-d’Huez est l’une des stations internationales majeures de l’Isère. À 1 800 mètres d’altitude et avec un point culminant à plus de 3 000 mètres, elle propose une offre de glisse dynamique et attractive. Mais elle ne cible pas ce seul segment. Sa réflexion autour d’un axe culture et événementiel est ancien. Il s’est affirmé au fil du temps, avec par exemple le Festival de la bande dessinée, créé en 1974 et organisé par les éditions Glénat. Et en 1997, le lancement d’un événement à forte notoriété nationale. « Le Festival du film de comédie de l’Alpe-d’Huez a représenté un élément fondateur pour construire notre visibilité internationale et notre singularité, témoigne Sébastien Mérignargues, directeur de l’office de tourisme. Bien sûr, le Tour de France avait coutume de faire étape ou de passer à l’Alpe-d’Huez depuis 1952. Mais il visait un développement sur la saison d’été et une ouverture vers un public beaucoup plus large. » L’orientation délibérément culturelle est ainsi venue très tôt contrebalancer l’image d’une station « tout ski », ou même « 100 % sport ».
Des événements plébiscités
Aujourd’hui, l’Alpe-d’Huez se positionne parmi les toutes premières stations françaises en matière de budget événementiel. En trois décennies, le Festival du film de comédie est devenu un rendez-vous professionnel incontournable. Il a aussi fait ses preuves auprès du grand public, avec 25 000 spectateurs en 2026, dont certains ne se déplacent que pour fréquenter les salles. Pendant le déroulement de l’événement, le taux de remplissage des hébergements s’établit à 80 %, avec une clientèle principalement française. Son succès ne faiblit pas : passage de une à quatre salles de projection, séances à guichet fermé, instauration d’une entrée libre pour tous – particularité extrêmement rare pour un festival de cinéma – afin d’éviter les files d’attente interminables.
Plus récemment, l’arrivée du festival de musique électronique, Tomorrowland Winter a ajouté une pierre à l’édifice. Les retombées économiques sont évaluées à 24 M€, soit environ 10 euros pour 1 euro investi. Elles se traduisent par 98 000 nuitées pour 35 000 festivaliers, ce qui fait grimper le taux d’occupation des infrastructures d’hébergement à 95 %. Ce taux hisse Tomorrowland Winter à la seconde place des semaines d’hiver, derrière le Nouvel An, mais devant les vacances de février. L’occasion pour les 150 artistes internationaux et une large clientèle mondiale de découvrir la station des Alpes. Et de les inciter à revenir : les deux tiers des festivaliers connaissent peu, voire pas du tout, la station. Parmi eux, 50 % déclarent vouloir y renouveler leur séjour, en hiver ou en été.
P. Napoletano

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