L’attention et le discernement : nouvelles compétences clés dans l’« économie de la lucidité »
En quelques mois à peine, les IA génératives ont pris une place impossible à imaginer il y a encore trois ans. Cette place est particulièrement importante au sein des entreprises, à tous les niveaux hiérarchiques. Le basculement du big data au right data témoigne de l’importance croissante de qualités que doivent posséder ces informations en vue de permettre la prise de décisions éclairées et pertinentes. Léon Laulusa résume ces qualités en trois mots : véracité, contextualisation et actionnabilité. Pour importantes qu’elles soient, elles ne sauraient garantir la pertinence des décisions. Le décideur doit, en effet, posséder des compétences clés dans ce que Laulusa appelle l’« économie de la lucidité ».
Quand l’« économie de la connaissance » cède la place à l’« économie de la lucidité »
L’« économie de la connaissance », dans laquelle nous serions entrés à la fin des années 1980, se caractérisait par le rôle central de la connaissance et des savoirs dans la création de valeur. La connaissance, actif rare, permettait d’entretenir et de développer la compétitivité des entreprises. L’arrivée récente des IA génératives remet en cause ces fondements des avantages concurrentiels. L’information est en effet aujourd’hui quasi gratuite et les réponses à toutes les questions imaginables sont accessibles de façon quasi instantanée. À l’heure où les connaissances, même les plus pointues, ne se caractérisent plus par la rareté, c’est souvent l’attention et le discernement qui font défaut aux décideurs, ces derniers parvenant de plus en plus difficilement à distinguer les connaissances des croyances, les analyses des opinions, les causalités des corrélations.
Se préparer aux changements induits par « l’économie de la lucidité »
En même temps que se développe l’abondance des informations disponibles, l’attention devient de plus en plus rare. Il ne s’agit pas de traiter davantage d’informations avec la même capacité attentionnelle, puisque cette dernière tend à diminuer, comme le confirment de nombreuses études, lesquelles insistent sur les effets de l’exposition aux écrans et des notifications qui interrompent les moments dédiés à la réflexion. C’est dans un tel contexte que s’imposent la lucidité, l’attention et le discernement comme de véritables compétences.
La bonne nouvelle réside dans le fait qu’il est tout à fait possible de développer ces compétences. Les moyens sont connus : pratique quotidienne de la présence attentive ou de la marche consciente par exemple. Pratique, également, de la philosophie, définie par André Comte-Sponville comme le fait de « penser sa vie et vivre sa pensée ». À GEM Alpine Business School, les cours de méthodologie de la recherche, proposés à tous les étudiants, répondent également à cette ambition de cultiver des compétences, notamment de questionnement et d’analyse critique, appelées à devenir véritablement clés.

Commentaires
Ajouter un commentaire