Serge Veyres : « Faire du territoire un démonstrateur du numérique durable »
Réélu à la présidence de Minalogic fin avril, Serge Veyres entame un troisième mandat, placé sous le signe de l’accompagnement des entreprises, de l’industrialisation et du numérique, au service des grands enjeux sociétaux.
Vous venez d’être réélu à la tête de Minalogic. Quel bilan tirez-vous et quelles seront vos priorités ?
Serge Veyres : Les deux premiers mandats ont été marqués par la sortie du Covid et la nécessité de relancer la dynamique économique. Notre priorité a été de replacer les adhérents au centre des dispositifs, avec un objectif : créer davantage de valeur sur le territoire. Nous avons aussi travaillé à faire évoluer le fonctionnement du pôle afin de gagner en agilité et en efficacité. À présent, Minalogic compte 430 adhérents et nous avons retrouvé une dynamique positive avec une reprise des adhésions. Le cap reste le même : renforcer notre offre de services, fidéliser les entreprises et poursuivre notre montée en qualité pour rester un pôle d’excellence au service du territoire.
Quelles sont aujourd’hui les principales attentes des entreprises adhérentes ?
Les besoins couvrent désormais toute la chaîne de valeur. Historiquement, Minalogic accompagnait surtout le développement de produits et le transfert technologique entre laboratoires et industrie. Nous avons progressivement élargi notre offre : accompagnement au financement privé, développement commercial avec les Minalogic Business Meetings, réseau de prestataires spécialisés, ou encore parcours dédiés à l’IA et à la cybersécurité.
Le prochain enjeu demeure l’industrialisation. Une fois le produit développé, il faut réussir son passage à l’échelle, une phase particulièrement exigeante pour les PME, en ressources tant humaines que financières.
Comment faire en sorte que le dynamisme régional bénéficie aussi aux PME et aux start-up ?
C’est précisément la mission de Minalogic. Il y a vingt ans, les échanges entre PME, grands groupes et laboratoires étaient plus limités. Aujourd’hui, nous avons créé un écosystème où ces acteurs travaillent ensemble et partagent davantage leurs besoins et leurs compétences. Cette dynamique est essentielle : elle permet aux PME d’accéder aux marchés, aux grands groupes d’intégrer des innovations développées localement et aux laboratoires de mieux diffuser leurs travaux. C’est aussi ce qui contribue à faire de Grenoble un territoire reconnu à l’international dans le numérique et les technologies de rupture.
Quelle est votre ambition pour ce nouveau mandat ?
Nous souhaitons faire de la région un démonstrateur du numérique durable. Cela passera notamment par ASTEERICS, le centre de compétences français en microélectronique piloté par Minalogic, destiné à faciliter l’accès des PME aux technologies de circuits intégrés et à renforcer leur compétitivité.
Plus largement, nous voulons accompagner l’émergence de nouvelles thématiques, comme la robotique, la photonique, le quantique ou encore la digitalisation de l’énergie. Notre feuille de route repose sur les « 4S » : santé, sécurité, souveraineté et sauvegarde de la planète, avec l’ambition de mettre le numérique au service des grands défis sociétaux et de renforcer la souveraineté technologique du territoire.
L. Marty

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